La PLHDWU reunit 5 000 pour rendre un hommage a Mario Flore Modliar



La Port-Louis Harbour and Docks Workers Union réunit plus de 5 000 personnes pour rendre un hommage à Mario Flore Modliar MSK

MM. Alex Marie et Rama Valaydon respectivement président et secrétaire-générale de la  Port Louis Harbour and Docks Workers Union (PLHDWU) de même que comité exécutif de ce syndicat, remercient tous ceux qui ont rendu un hommage appuyé à Mario Flore Modliar. D’autant plus que cela coïncide avec le 40e anniversaire de l’existence du syndicat.

C’est toute la dimension sociale d’une organisation syndicale qui a été mise en œuvre pour la cérémonie hommage, le jeudi 10 novembre dernier, à Mario Flore Modliar  MSK, la semaine dernière, par la Port-Louis Harbour and Docks Workers Union (PLHDWU). Car un syndicat ce n’est pas uniquement des revendications autour d’une table ou dans la rue. Un syndicat a un devoir envers les gens de la communauté qu’il évolue. C’est précisément pourquoi la PLHDWU a eu la lourde tache de rendre un devoir de mémoire à l’illustre dirigeant syndical qu’était Mario Flore Modliar, plus connu comme Aya (qui signifie grand frère en tamoul) mais aussi aux enfants de Roche-Bois.

 

Car la lutte syndicale a un sens pour la PLHDWU. Mario Flore Modliar  a été le fer de lance de ce mouvement qui a abouti à l’amélioration des conditions de travail en général, des droits sociales qui incluent des conditions pour l’harmonie du pays et pour le bien-être de la famille également. C’est ce que le syndicat historique du port surveille de près car c’est un long combat après avoir pris naissance à un moment très difficile où la classe travailleur n’avait aucun droit et aucune dignité. Aujourd’hui cette situation a terriblement changé après 40 ans. Les travailleurs du port sont respectés aujourd’hui. Toutefois la lutte continue. Mario Flore était un syndicaliste hors pair. Cependant, la lutte continue et elle s’avère encore plus difficile en son absence parce qu’on ne remplace pas facilement une personne de son envergure. Presque toutes les revendications soulevées par Mario Flore ont été réglées sauf celui concernant le cas des travailleurs licenciés en 1971. Il n’a pas pu terminer ce combat, mais nous n’allons pas baisser les bras. Nous allons poursuivre les discussions avec la CHC et le gouvernement à ce sujet pour sa mémoire parce qu’il était un vrai lutteur qui agissait en toute sincérité.

 

On se souvient comment il avait été licencié en 1979 à l’issue des grèves de l’époque avant d’être réintégré en 1982. Pendant cette période, ce sont les travailleurs du port qui ont contribué pour assurer le salaire mensuel de Mario Flore Modliar. Jamais le monde syndical n’a eu un tel élan de solidarité exemplaire. Emboitant le pas au succès du port, une lueur d’espoir commença à germer pour les ouvriers et artisans du pays dans les autres secteurs. La lutte continue d’emblée au fil des ans au travers de l’accomplissement du respect de la classe des travailleurs, et aussi l’harmonie sociale. Mais aujourd’hui en ce nouveau millénaire, nous nous retrouvons avec un autre mal et non des moindres. La classe travailleur et tout un pays se retrouvent recoloniser par un mal sans visage-le capitalisme.

 

DIRE NON  A L’ARRIVEE D’UN PARTENAIRE STRATEGIQUE

Aujourd’hui face à la menace de privatisation du port, les dirigeants du syndicat ont tenu à dénoncer la politique économique ultralibéral du ministre des Finances qui annonce dans son discours du budget la recolonisation du port et une menace grave de licenciement pour plusieurs travailleurs. « Nou rappelle ki nou camarade Mario Flore Modliar ti tout le temps opposé à l’arrivée ene partenaire stratégique dans le port, dénonçant so bannes dangers pou le pays, pou so communauté et so bannes zenfants l’endroit. Comié grand compagnie privé fine ena dans le port et comié fine donne travail bannes zenfants roche-bois à part Cargo Handling Ltd. Zordi Mario Flore fine amène ene combat et zordi c’est so communauté ki plus menacé are sa budget », a déploré M. Valaydon.

En mémoire à l’opposition féroce et viscérale de Mario Flore Modliar à la privatisation du port, les dirigeants et les membres de la PLHDWU ont décidé poursuivre sa lutte au nom de l’intérêt de travailleurs pour combattre le retour du secteur privé dans le port, synonyme d’une recolonisation d’un bijou national.

 

C’est à travers un rapport daté de 1997 que la Banque Mondiale a proposé que la Cargo Handling Corporation Ltd (CHCL) trouve un partenaire stratégique pour appréhender les défis dans le port. Aujourd’hui, en 2011, soit 14 ans après, la CHCL arrive parfaitement à tirer son épingle du jeu sans un partenaire stratégique. « Nous sommes convaincus que l’avenir du port est assuré sans qu’il y ait besoin de partenaire stratégique. Dans aucun pays au monde il n’y de compagnie qui génère un chiffre d’affaires Rs1,2 milliards à partir d’un capital de Rs50 millions. Nous préconisons une augmentation du capital de la CHCL et nous avons envoyé cette suggestion au ministre des Finances et à la direction de la compagnie. Selon nos informations, il semblerait que cette proposition est à l’étude et que nous irons dans cette direction », expliquent les dirigeants de la PLHDWU.

 

Par ailleurs, il y avait un accord avec le gouvernement datant de 1997 où l’Etat avait accepté de prendre à sa charge le plan social nécessaire pour la mécanisation de la CHCL signé par le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, lui-même. Toutefois  entre 1997 et 2010, c’est la CHCL a dû s’acquitter de cette obligation. Ce n’est qu’en 2010 que l’ancien ministre des Finances, Rama Sithanen, a débloqué les fonds de Rs 384 millions pour financer la suite de ce projet. Cet argent a transité pendant 24 heures dans le compte de la CHCL pour ensuite être dirigé vers la SICOM. Si cette somme était demeurée dans fonds de la CHCL, cela aurait pu enclencher d’autres projets de développement. Jusqu’ici les dépenses de l’ordre de Rs 800 millions n’ont jamais été remboursés à la compagnie portuaire.

 

D’autre part, il ne faut pas oublier que la CHCL a investi Rs1, 7 milliard pour la modernisation de ses activités et que la compagnie doit rembourser ces emprunts. Sachez également que la CHCL paie une somme d’environ Rs 180 millions annuellement à la Mauritius Ports  Authority(MPA) pour l’espace qu’elle occupe dans l’enceinte portuaire, alors que récemment le ministre Kasenally a révélé au Parlement qu’entre 2000 et 2005, 17 compagnies avaient  obtenu des terres dans le port pour des loyers modiques. Il y a des compagnies privées qui ont obtenu des terres pour aménager des parcs de container alors que la CHCL aurait bien pu s’acquitter de cette tâche et accroître ses revenus. Ce loyer pèse énormément sur les finances de la CHCL et qui, en sus de cela, doit subventionner les opérations de Rodrigues Cargo avec un manque à gagner de Rs40 millions chaque année. De plus, depuis trois ans déjà, le contrat de maintenance des équipements se fait désormais sur 6 mois au lieu de 5 ans auparavant en raison de l’imminence de l’arrivée d’un partenaire stratégique. Sans compter que la CHCL doit s’acquitter des frais d’aménités exorbitants.

 

« Déjà en 2010, nous avons retrouvé la voie de la profitabilité. Nous sommes confiants toutefois que d’ici 2013, la CHCL sera de nouveau profitable sans partenaire stratégique. Nous sommes pour notre part déterminés à soutenir la vision du Premier ministre visant à moderniser le pays. Je suis satisfait que le Dr. Ramgoolam est à l’écoute des propositions de notre syndicat et nous tenons à lui dire que nous agirons en tant que syndicat responsable pour accompagner le développement du pays », explique Rama Valaydon, secrétaire générale de la PLHDWU.

Dans ce contexte, il faut saluer le courage du conseiller municipal Frédéric Solamalay, lui-même enfant de travailleur du port et actuel employé de la Cargo Handling Corporation Ltd  et membre exécutif de la PLHDWU qui a présenté les deux motions pour changer le nom de la rue Balisage et celui du centre Municipal au nom de Mario Flore Modliar.

C’est dans cette optique toujours de la lutte en faveur du recrutement des enfants des travailleurs par Mario Flore Modliar  en 2007 que Isabelle Etiennette, fille de stevedore a eu raison de dire : «  C’est un grand hommage aujourd’hui à un grand mauricien. Un patriote jusqu’au bout des ongles. Un homme de conviction. Un héros. Un homme qui a pensé aux autres avant lui-même. Il s’agit Mario Flore Modliar.»

La PLHDWU tient à féliciter chaleureusement le conseil municipal de même que le conseiller Salim Abbas Mamode qui a secondé la motion ainsi que le lordmaire le Dr Mamade Khodabaccus pour s’être personnellement investi dans l’aboutissement de ce projet.

Tandis que le ministre Herve Aimée, a dans un discours empreint de franchise et d’émotion, a affirmé : « Je souviens encore comment il était dévoué envers sa publication et qu’il assurait lui-même la distribution dans les régions retirées comme à Rivière-Noire. Mario Flore Modliar n’a jamais baissé le bras pour les travailleurs du port, pour sa communauté et pour sa région. Je lance un appel aux camarades qui lui étaient proche de reprendre son combat. Si je suis ministre aujourd’hui, c’est grâce au coup de main de Mario Flore. J’ai appris le sens du combat avec lui. »

La PLHDWU salue également l’intervention du ministre des Relations Industrielles, Shakeel Mohamed qui a mis l’accent sur les qualités de Mario Flore Modliar dans les combats qu’il a mené au front. Selon ce dernier, les enfants de Roche Bois doivent mettre l’accent sur l’éducation pour réussir dans la vie.

Mario Flore, leader du Muvman Morisyen Kreol Afrikin (MMKA), fondateur et rédacteur en chef de La Voix Kreol, est décédé le mercredi 8 décembre à l’hôpital Jeetoo. Outre la cause créole notamment l’inscription du Morne au Patrimoine mondiale de l’Humanité, Mario Flore est reconnu pour avoir défendu les éleveurs de porcs, les squatters de Karo Kalyptis, les démunis en vue de l’octroi d’un logement social. Il militait également pour une commission spéciale sur les ” terres volées “. Parmi ses autres nombreux combats : les pêcheurs de Baie du Tombeau, l’Association Taxis Malérés, les ex-extracteurs du sable. En 2009, il a obtenu la décoration de Member of the Star and Key of the Indian Ocean (MSK) pour sa contribution dans le domaine social. C’est dans l’allée centrale au cimetière de Roche Bois qu’il repose désormais en paix.

Posted by on Nov 20 2011. Filed under Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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