Afrique du Sud: La violence envers les femmes sous-rapportées dans les statistiques policières



Par Colleen Lowe Morna et Mercilene Machisa

Johannesburg. 23 novembre 2011. La campagne annuelle des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre démarre vendredi. Cependant en Afrique du Sud, nous sommes encore loin de comprendre ce problème et ses solutions potentielles. Une étude sur l’attitude et la prévalence de la violence menée par Gender Links (GL) dans la province de Gauteng indique que la criminalité contre les femmes est sous-rapportée dans le rapport de la criminalité 2011-2012 des services de police sud-africains. Rapport qui a été rendu public en septembre dernier. Au vu de ce fait, il est grand temps que les services de police sud-africains honorent leur engagement à mieux rapporter les cas de violence basée sur le genre.

Ce rapport sur la criminalité couvrant la période d’avril 2010 à mars 2011 fait état de 66 196 cas de délits sexuels dont 56 272 sont des viols. Les données par province indiquent un pourcentage de délits sexuels de 29.1% par 100 000 personnes dans la province de Gauteng, soit 0.03%.

Par contraste, l’étude d’attitude et de prévalence menée en 2010 par GL en partenariat avec le Medical Research Council sud-africain dans la province de Gauteng, montre que 7.8% de femmes ont rapporté avoir été violées durant les 12 mois précédent l’étude qui a touché un vaste échantillonnage de personnes représentatives de la population sud-africaine.

La comparaison des deux incidences susmentionnées suggère que l’incidence du viol est de 200 fois plus que le nombre indiqué dans le rapport sur la criminalité des services de police sud-africains.

Un indice quant à l’insuffisance des données policières est que dans cette étude, seules 3.9% des femmes violées ont donné une déposition à la police. Les familles pressurisent souvent les femmes violées pour qu’elles ne rapportent pas l’abus dont elles ont fait l’objet. Plusieurs femmes se sentent également gênées d’aller donner une déposition en ce sens à la police en raison de l’accueil qui leur est réservé dans les postes.

Une des dispositions du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement demande aux Etats membres de réduire la violence basée sur le genre de moitié d’ici 2015. Un des obstacles majeurs à cela comme illustré par l’exemple des statistiques des délits sexuels pour la province de Gauteng, est que les données policières ne reflètent pas l’ampleur réelle du problème.

Si les gouvernements veulent sérieusement mettre un terme à la violence basée sur le genre, ils doivent aller au-delà de la collecte routinière des données par la police et investir dans des études dédiées à la violence basée sur le genre comme l’Afrique du Sud l’a fait pour le VIH/SIDA en 2002, 2005 et 2008.

GL a certes étendu sa recherche à trois autres provinces, soit le Kwa Zulu Natal, le Limpopo et le Western Cape. Les résultats seront connus en 2012. Mais ils ne donneront qu’un aperçu de la situation. Pour qu’une telle étude ait lieu au niveau national, c’est au gouvernement sud-africain de la mener. Il devrait en être de même dans tous les pays.

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Colleen Lowe Morna est la directrice exécutive de Gender Links et  Mercilene Machisa y est le manager du programme sur la justice envers le genre. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

Posted by on Nov 25 2011. Filed under Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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