Patrick Assirvaden : «Le PTr n’a jamais cessé de soutenir la lutte contre la discrimination et l’apartheid»



 

100 ans de l’ANC

 

Patrick Assirvaden : «Le PTr n’a jamais cessé de soutenir la lutte contre la discrimination et l’apartheid»

  • «Les relations entre l’ANC et le PTr ont toujours été cordiales transcendant toutes les générations», souligne le Président du PTr

L’African National Congress(ANC), célèbre cette année ses cent ans d’existence. Patrick Assirvaden, Président du Parti Travailliste(PTr) était à Bloemfontein du 7 au 9 janvier. Il était le seul représentant d’un parti politique local à se faire représenter à cet événement. L’ANC a pris le pouvoir en 1994 en Afrique du Sud après des décennies de lutte contre le régime de l’apartheid.

C’est en grande pompe que le mouvement a  célébré son anniversaire en présence d’une trentaine de chefs d’Etat à Bloemfontein -aussi appelée Mangaung de son nom africain-, là même où fut fondé le Congrès national indigène sud-africain (SANNC) -rebaptisé Congrès national africain (ANC) en 1923- le 8 janvier 1912. Plus de 100.000 personnes étaient présentes pour les trois jours de festivités. «L’ANC est le plus vieux mouvement de l’Afrique devant le PTr mauricien qui a fêté l’année dernière ses 75 ans. Les relations entre l’ANC et le PTr ont toujours été cordiales transcendant toutes les générations. Nous n’avons cessé de soutenir la lutte contre la discrimination et l’apartheid», souligne Patrick Assirvaden.

 

Les célébrations ont été marquées par plusieurs activités dont un tournoi de golf,  des cérémonies traditionnelles, concerts, dîner de gala, allumage d’une flamme du centenaire appelée à faire le tour du pays et ont pris fin en apothéose dimanche avec une grande fête dans le stade de la ville au cours de laquelle le président Jacob Zuma a pris la parole. La poste sud-africaine a également émis un timbre commémorant le centenaire du plus vieux mouvement de libération d’Afrique. »Le point culminant a été cette cérémonie au stade de Bloemfontein en présence de plus de 100,000 personnes dont plusieurs chefs d’Etat du monde entier. C’était très émouvant de constater cette symbiose entre un peuple et ses dirigeants. Alors que l’Afrique du Sud a été libérée du joug de l’apartheid seulement depuis 1994, il est extraordinaire de noter que la réconciliation implique toutes les communautés. Il était normal que le PTr soit présent pour renouveler les liens d’amitié du pays, du parti et du Premier ministre, le Dr. Navin Ramgoolam envers l’ANC. L’Afrique du Sud est un géant du continent en termes de ressources et de développement. Maurice a beaucoup de leçon à apprendre de ce pays surtout en terme d’aménagement du territoire et de développement durable», estime le Président du PTr.

Au cours de son séjour à Bloemfontein, Patrick Assirvaden a eu l’occasion de s’entretenir avec le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, avec la présidente de l’ANC Women’s League, Angie Motshekga, le Président de l’aile jeune, Julius Malema ainsi que le Deputy Minister of Justice and Constitutional Development, Andries Nel  qui est également responsable au sein de l’ANC des relations avec les partis politiques à l’étranger. Ce dernier travaille sur un projet de réforme électorale pour l’Afrique du Sud.
«Les discussions que j’ai eues ont été très intéressantes et fructueuses. Je suis heureux d’avoir pu mettre l’emphase sur les longues relations entre l’ANC et le PTr. L’ANC sait que de tous temps il a pu compter sur le soutien de sir Seewoosagur Ramgoolam et du Dr. Navin Ramgoolam. Nos deux partis se sont soutenu mutuellement. J’ai également eu le privilège de rencontrer le révérend Jesse Jackson qui est reconnu dans le monde entier pour son combat en faveur des droits des Noirs notamment aux Etats-Unis. Je l’ai invité à venir à Maurice», nous a affirmé le Président du PTr. Une invitation officielle pour un déplacement à Maurice a aussi été lancée à la présidente de l’ANC Women’s League.

Soulignons que le Congrès national africain a été fondé surtout pour défendre les intérêts de la majorité noire contre la minorité blanche, il fut déclaré hors-la-loi par le Parti national pendant l’apartheid en 1960. Il est à nouveau légalisé le 2 février 1990 alors que l’apartheid est aboli en juin 1991.

En 1994, les premières élections multiraciales ont lieu permettant à Nelson Mandela d’être élu président de la République sud-africaine. Depuis, l’ANC domine largement la vie politique sud africaine (60-70 % des voix aux différentes élections générales de 1994, 1999, 2004 et 2009).

Son chef actuel est Jacob Zuma et son quartier général est installé dans la Chief Albert Luthuli House, immeuble de vingt-deux étages situé à Johannesburg et qui portait auparavant le nom de Shell House.

L’ANC s’est constitué le 8 janvier 1912 à Bloemfontein, deux ans après la création de l’Union d’Afrique du Sud.

Ses fondateurs sont les représentants des Églises et des gens de couleur qui cherchent à organiser et unifier ensemble les différents peuples africains d’Afrique du Sud afin de défendre leurs droits et leurs libertés au sein d’un pays dominé, à l’époque, par une minorité blanche Afrikaners ou d’origine britannique. Les Indiens jusque là membres du Natal Indian Congress et les Métis partisans de Sol Plaatje font alors cause commune avec l’intelligentsia noire composée de journalistes, d’enseignants et d’avocats pour porter John Dube à la tête de l’organisation.

Les méthodes de protestation ou de revendication sont alors résolument pacifiques mais à partir de 1921, l’émergence d’un parti communiste d’Afrique du Sud prônant le renversement du gouvernement et du capitalisme par la violence fait éclore au sein de l’ANC un débat sur la pertinence des moyens utilisés. En 1930, la tentative de radicalisation du mouvement par ses éléments les plus durs échoue et la ligne pacifique réaffirmée, mais les liens avec le parti communiste d’Afrique du Sud sont formalisés.

En 1931, les femmes peuvent s’affilier à l’ANC, au moment où le gouvernement de l’afrikaner James Barry Hertzog accorde le droit de vote aux femmes blanches.

En 1944, Nelson Mandela, Walter Sisulu et Oliver Tambo fondent la ligue de jeunesse de l’ANC, plus radicale que son aînée dans son mode d’expression, partisane de manifestations de masse pour faire céder le pouvoir politique blanc.

En 1947, L’ANC s’allie au Congrès indien du Natal et au Congrès indien du Transvaal afin de jeter les bases communes d’une formation unie en opposition au gouvernement.

En 1948, la victoire du Parti National afrikaner de Daniel François Malan aboutit à la mise en place du système d’apartheid. Durant les années 1950, les gens de couleur (métis du Cap principalement) se voient retirer leur droit de vote alors que les lois ségrégationnistes sont renforcées.

En 1950, le parti communiste est interdit. Ses membres se mettent alors à travailler avec l’ANC.

En juin 1952, l’ANC se joint à d’autres organisations anti-apartheid dans une campagne nationale de défiance contre les restrictions politiques, sociales et résidentielles imposées aux gens de couleurs. Cette campagne de résistance passive prend fin en avril 1953 quand de nouvelles lois interdisent les rassemblements et les manifestations politiques.

En juin 1955, le Congrès du Peuple, organisé par l’ANC et d’autres groupes anti-apartheid notamment blancs, adopte à Kliptown, près de Johannesburg, la Charte de la liberté (Freedom Charter), énonçant les bases fondamentales des revendications des gens de couleur, appelant à l’égalité des droits quelle que soit la race.

La répression du régime se fait de plus en plus dure. Cent cinquante six membres de l’ANC et des organisations alliés sont arrêtés en 1956 puis acquittés cinq ans plus tard.

En 1959, de nombreux radicaux de l’ANC quittent le mouvement pour protester contre son ouverture aux autres races et forment une organisation nationaliste concurrente, le Congrès panafricain (PAC) dirigé par Robert Sobukwe.

En 1960, l’ANC et les organisations noires sont interdites après le massacre de Sharpeville. Nelson Mandela fonde Umkhonto we Sizwe, « le fer de lance de la Nation », aile militaire de l’ANC, chargé d’effectuer des actions de sabotage. Le chef de l’ANC, Albert Luthuli, obtient en fin d’année le Prix Nobel de la paix.

En 1963, Mandela est arrêté à Howick, petite ville située entre Pietermaritzburg et Johannesburg, tandis que Walter Sisulu et d’autres membres éminents du parti (dont Govan Mbeki, père du précédent président) sont arrêtés dans une ferme à Rivonia, située dans la banlieue de Johannesburg. Oliver Tambo est le seul rescapé et prend la direction de l’ANC en exil.

En 1964, Nelson Mandela, Walter Sisulu et plusieurs autres dirigeants sont condamnés à la prison à perpétuité pour haute trahison. Ils seront enfermés majoritairement à Robben Island, au large du Cap. À cette époque, l’Afrikaners Breyten Breytenbach monte le réseau Okhela pour recruter des Blancs hostiles au régime d’apartheid, qui soutiennent l’ANC.

L’ANC installe son quartier général à Londres puis en Tanzanie et enfin à Lusaka en Zambie en 1975. Des camps d’entraînement de Umkhonto we Sizwe sont montés en Tanzanie, en Angola et dans d’autres pays africains. En 1969, au congrès de Morogoro, l’ANC, décide d’accueillir en son sein les Sud-africains de toute race ou origine ethnique (auparavant, il s’agissait d’alliances avec les organisations amies).

À la suite des émeutes de Soweto en 1976, l’ANC envoie de nombreux militants entretenir la contestation contre le régime blanc et de nouvelles recrues rejoignent Umkhonto we Sizwe. À partir de 1977, les actions de sabotage de cette dernière sont plus nombreux et certains d’entre eux, meurtriers.

À partir de 1979, l’ANC et les différents groupes d’oppositions à l’apartheid commencent à s’organiser au sein d’un front démocratique uni (United Democratic Front – UDF) tandis que les syndicats proches de l’ANC réveillent les revendications sociales. De son côté, Umkhonto we Sizwe mène plusieurs actions spectaculaires comme une tentative d’attentat contre la centrale nucléaire de Koeberg en 1982 et un attentat dans la rue centrale de Pretoria en 1983 contre un édifice gouvernemental (19 tués, 217 blessés).

En 1981, l’ANC élargit le nombre de ses représentations dans les pays occidentaux, notamment à Paris. Elle organise alors de nombreuses campagnes, tant en Afrique du Sud qu’à l’étranger, autour de la figure charismatique de Nelson Mandela qui avait été quelque peu oublié dans les années 70 au profit de jeunes chefs radicaux comme Steve Biko.

À partir de 1984, les townships sont en ébullition, entretenus par l’ANC, le PAC et l’AZAPO et le syndicat COSATU est organisé pour centraliser les revendications sociales. Umkhonto we Sizwe lance l’opération Kletswayo dans les zones rurales du Transvaal dont l’objectif est de pratiquer des attaques ciblées contre les fermiers blancs ou de disséminer des mines impersonnelles près de leurs fermes comme à Messina où celles-ci tuent en décembre 1985 la famille d’un touriste afrikaner. Le 23 décembre 1985, Andrew Zondo, un jeune militant de l’ANC âgé de 19 ans, fait exploser une bombe dans un centre commercial de la station balnéaire d’ Amanzimtoti dans le Natal (5 personnes tuées, 40 blessés).

En 1985, lors de son congrès de Lusaka, l’ANC démocratise ses règles de fonctionnement interne et rend public les 30 noms de son comité exécutif dont la moitié sont à l’époque membres du parti communiste d’Afrique du Sud comme Joe Slovo, seul blanc membre de l’organe suprême et chef d’état-major d’Umkhonto we Sizwe. Le parti décide d’adopter une démarche plus médiatique et des rencontres avec des Sud-africains non affiliés à l’ANC sont organisés publiquement alors que, discrètement, les premières discussions informelles ont lieu entre des représentants de l’ANC et Piet de Lange, émissaire du président sud-africain Pieter Botha.

L’état d’urgence est déclaré en 1986 tandis qu’au Natal, une véritable guerre civile, entretenue par le gouvernement, oppose l’ANC au mouvement zoulou conservateur de l’Inkhata.

C’est en 1986 que des hommes d’affaires blancs d’Afrique du Sud se rendent à Lusaka pour rencontrer la direction de l’ANC afin d’entrevoir des possibilités de négociations.

En 1988, les services secrets sud-africains du Bureau de coopération civil sont impliqués dans l’assassinat de la représentante de l’ANC à Paris, Dulcie September. L’ANC est alors marquée par l’évolution des relations internationales et par la détérioration de ses liens avec l’Union soviétique. Le parti est lui-même divisé entre les partisans de Thabo Mbeki, favorables à des négociations avec le gouvernement de Pretoria, et ceux de Chris Hani, successeur de Slovo à la direction d’Umkhonto we Sizwe, favorable à l’intensification de la lutte armée.

En août 1989, Alfred Nzo, assumant l’intérim de la présidence de l’ANC, présente le plan de paix du parti, incitant à l’intensification des sanctions internationales contre l’Afrique du Sud, et le fait adopter par l’OUA mais il est mal reçu par de nombreux dirigeants de la nouvelle administration du président américain George Bush qui, bien qu’ayant accordé une représentation officielle de l’ANC à Washington DC, n’est pas loin de considérer le mouvement comme une organisation terroriste. C’est à la même époque que Frederik de Klerk arrive au pouvoir en Afrique du Sud et promet des changements de fond.

En octobre 1989, le premier rassemblement non interdit de l’ANC par le gouvernement sud-africain est organisé à Soweto dans le complexe de Soccer City, rassemblant 70 000 personnes.

En février 1990, Nelson Mandela est libéré de prison par le gouvernement de Frederik de Klerk qui légalise l’ANC et les autres formations interdites. Les négociations constitutionnelles sur l’avenir de l’Afrique du Sud commencent entre l’ANC, le gouvernement, le Parti National et les autres mouvements noirs ou conservateurs. Nelson Mandela succède à Tambo à la direction de l’ANC en juillet 1991.

En juin 1991, l’apartheid est aboli par le gouvernement de Frederik de Klerk. La poursuite des négociations constitutionnelles est validée par les Blancs en mars 1992.

En avril 1993, Chris Hani, le chef du parti communiste allié à l’ANC est assassiné par Janusz ‘Koba’ Walus, un membre du Parti Conservateur. Le meurtre a été commandité par Clive Derby-Lewis, un ancien député du parti. Oliver Tambo décédé d’un cancer.

En décembre 1993, Frederik de Klerk et Nelson Mandela se voient tous deux attribuer le Prix Nobel de la paix.

Les négociations constitutionnelles aboutissent sur une constitution provisoire et sur la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale pour mai 1994. Un nouveau drapeau aux couleurs combinant les couleurs de l’ANC (noir, vert, jaune) à celles dominantes des anciennes républiques boers (rouge orangé, blanc, bleu) est adopté et l’hymne de l’ANC, Nkosi Sikelel’iAfrika et celui des Afrikaners, Die Stem van Suid Afrika, sont réunis pour former le nouvel hymne national.

Le 27 avril 1994, les premières élections multiraciales donnent une nette victoire à l’ANC. Le président du parti, Nelson Mandela, est élu président de la république par le nouveau parlement alors que sept provinces sur neuf sont remportées par l’ANC.

 

 

 

Posted by on Jan 18 2012. Filed under Featured, Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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