Goma : La Congolaise dit non à la guerre à répétition au Nord-Kivu



Le Nord-Kivu, une des provinces à l’est de la République Démocratique du Congo, est souvent instable d’un point de vue sécuritaire. Cette insécurité est causée par les rebelles des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), une milice des Hutus rwandais, présumés auteurs du génocide au milieu des années 90, qui se sont associés à des groupes armés locaux et aussi à des dissidents de l’armée régulière.

Dans cette province, il y a toujours des guerres sur guerres suivies d’accalmies sans que l’on sache le but desdites guerres à répétition, pourquoi elles reprennent et pourquoi une solution durable n’est jamais trouvée. La Congolaise rejette cet état des choses, étant donné que c’est elle la première victime de ces guerres de par le fait que c’est à elle que revient la charge des orphelins en cas de mort du mari militaire et des autres civils se retrouvant sur les lieux où se déroulent ces atrocités. C’est encore elle qui doit soigner celui-ci s’il est blessé ou invalide à cause de la guerre.

Ce sont encore et toujours les Congolaises qui sont violées quand elles se rendent aux champs. Les femmes payent donc plus pendant ces guerres que les hommes.

Pour que tout cela cesse, une dynamique s’est mise en place à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Celle-ci qui regroupe des membres de différentes associations féminines de la province du Nord Kivu a récemment fait un sit-in pour soutenir la paix. C’était au rond-point Signers, un des points culminants de la ville de Goma.

Pendant quatre heures, soit de six à 10h du matin, plus de 200 femmes ont bravé la pluie, pour porter haut leur message, celui de dire ‘Non aux guerres à répétition dans la province, non à l’indiscipline au sein de l’armée nationale et à l’impunité.  Elles se demandent quelles sont la finalité de ces guerres et recommandent l’arrestation de tous ceux qui ont commis des atrocités afin qu’ils répondent de leurs actes.

Ces Congolaises se sont réunies en ce lieu pour que les autorités tant nationales qu’internationales, ainsi que tous les acteurs impliqués dans ces guerres, sachent que la femme en a marre des conflits armés. “Sans paix, il n’y a pas de développement. Sans paix rien ne peut être fait,”  explique Gogo Kavira, présidente du Collectif des Associations Féminines pour le Développement (CAFED), une des associations membres de la dynamique. «Il faut que les tireurs de ficelles de ces guerres qui sont visibles et invisibles s’impliquent pour des solutions concrètes soient trouvés».

Pour elles, cette action était un moyen d’exprimer leur souci par rapport à l’insécurité dans la ville de Goma en particulier et plus généralement dans la province du Nord-Kivu et dans l’est de la RDC. Par cet acte, ces femmes veulent revendiquer la cessation des hostilités dans la province étant donné que cette situation paralyse toutes les activités et que la vie tourne sans cesse au point mort.

Ces femmes prévoient d’entreprendre d’autres actions pour faire entendre leur voix et leur finalité, c’est que la guerre cesse dans le pays, que la paix et la justice demeurent dans la province et dans le pays pour que celui-ci puisse enfin connaître un développement durable.

Evelyne Luyelo M. est journaliste en RDC. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

Posted by on Aug 2 2012. Filed under Actualités. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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