Arvin Boolell, Premier ministre? Une ambition légitime… • Pourquoi le leadership du PTr et le poste de PM lui échappent ?



Non, il n’ira pas à l’Equal Opportunities Commission pour plaider son cas. Le Dr Arvin Boolell est si proche du peuple et surtout de sa circonscription qu’il sert loyalement depuis 1987 – l’année de son entrée au Parlement – que beaucoup souhaitent le voir un jour occuper les fonctions suprêmes de leader du Parti Travailliste et de Premier ministre.

Jimmy Jean-Louis

La politique c’est son terrain de jeu. D’autant plus qu’on ne sait pas si son frère, l’actuel Directeur des Poursuites Publiques, Satyajit Boolell, va un jour rejoindre l’arène. Toutefois, beaucoup se souviennent du discours de haute facture que le DPP avait prononcé lors du dévoilement du buste de son père, feu Sir Satcam Boolell, il y a quelques années. Ce jour-là, Satyajeet Boolell SC avait  rappelé qu’un homme politique doit pouvoir se rendre au marché central comme ‘monsieur tout le monde’.

Arvin Boolell, lui, a fait le tour de toute sa circonscription et du pays.  Cet homme politique mauricien est né le 26 mai 1953. Il a occupé les fonctions de député de l’Opposition, de ministre de l’Agro-Industrie et celle de ministre des Affaires étrangères actuellement.

Il serait ridicule de penser qu’il ne peut aspirer un jour de devenir le leader du Parti Travailliste, surtout avec le flair politique qu’on lui connaît. Le jeudi 22 décembre 2011, le site web d’un groupe de presse rapporte son interview sous le titre : «  Pour la première fois, Arvin Boolell avoue son ambition d’être leader du Ptr ».

On pouvait alors y lire ceci: «  Pour la première fois, Arvin Boolell a avoué publiquement son ambition d’être leader du Parti Travailliste (PTr). « Il s’agit d’une ambition légitime », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, hier après-midi, jeudi 22 décembre, sur les ondes de Radio Plus. Il était l’invité du Grand Journal de Radio Plus. Répondant aux questions de Karishma Beeharee, Arvin Boolell a précisé qu’il doit, cependant, obtenir le soutien de son parti et de l’électorat pour aspirer à ce poste. « Tou seki lezitim, mo bizin faire li vinn legal. Et pu li vinn legal, mo bizin soutien mo parti, elektora, lepep ek mo leader », a-t-il soutenu. »

Il est clair que sur le coup, les journalistes ont pensé avoir tenu un scoop. Or dans la réalité, ce n’était pas la premier fois que le Dr Boolell évoquait ce grand désir. Beaucoup se souviendront de cet entretien qu’il m’avait accordé dans les colonnes de ce même groupe de presse peu après la débâcle de septembre 2000, avec comme titre : « Leadership du PTr, chaque chose en son temps ! »

C’est justement ce facteur-temps qui semble avoir aujourd’hui joué contre sa destinée. D’ailleurs, sa grande humilité lui avait fait commettre un faux-pas en soutenant lors de cet entretien radiophonique : «Mais avant tout, je veux que le leader du PTr, Navin Ramgoolam, soit toujours Premier ministre de Maurice lors du 50e anniversaire de l’Indépendance du pays en 2018 », a-t-il ajouté.

Pourtant la question, même si elle n’est pas abordée publiquement fait l’objet de discussions dans certains milieux. Beaucoup trouvent anormal que demain, le Dr Rajesh Jeetah ou encore Anil Bachoo puissent supplanter le bon Dr Boolell au poste de leadership des rouges. Un quotidien du matin avait même récemment évoqué la succession du Dr Navin Ramgoolam. Ce qui avait provoqué une rage verte de ce dernier comme le rapporte le site web de ce quotidien.

 « Le Premier ministre s’est aussi montré très critique envers certains articles de presse, de l’express surtout, qui selon lui, font des spéculations. Il a exprimé son désaccord avec le contenu de certains articles autour de son éventuel successeur au sein du Parti Travailliste. Selon lui, les arguments développés dans ces articles ne correspondent pas à la réalité. Il a donné des précisions sur la manière dont se prépare la succession d’un leader à la tête du parti. « Cette décision revient au congrès, il y a d’ailleurs eu des votes secrets dans le passé afin d’élire un leader », a-t-il avancé. »

L’hebdomadaire Sunday Times a récemment évoqué « l’obstacle Boolell ». Et on apprend que l’alliance qui devait être concrétisée entre le PTr et le MMM a buté sur quelques points-clés, comme le partage du pouvoir et des prérogatives entre le Président et le Premier ministre. Cet aspect-là est connu de tous, mais ce que les gens ne savent pas, c’est que la montée hiérarchique de Arvin Boolell (ndlr : élu député en 1987 et qui n’a jamais perdu une bataille électorale) dans la nouvelle configuration (qui serait née de la réforme) a constitué un obstacle de taille.

Au moins trois ministres, à savoir Rajesh Jeetah, Lormesh Bundhoo et Anil Bachoo se seraient opposé à un éventuel arrangement pour accommoder le ministre des Affaires Etrangères au sommet. La publication d’Imran Hosany a le mérite de mentionner que Boolell « est l’homme qui ne souffre d’aucune contestation de la part du MMM, lequel aurait émis le souhait de voir le Docteur suppléer Paul Bérenger quand celui-ci serait en mission. Avec le départ de Navin Ramgoolam (pour la présidence avec des pouvoirs accrus), le PTr aurait eu à lui trouver un remplaçant à la tête du PTR et Arvin Boolell était en position de force. Ce qui a provoqué le stratagème de certains. Lors de la rencontre entre les hommes en vue des deux partis, Arvin Boolell avait accompagné le PM. Ce qui donnait déjà une indication du rôle prépondérant dont le fils de feu Sir Satcam était investi ».

Toutefois, on doit s’interroger sur le principe de l’égalité des chances et de méritocratie qui anime le Parti Travailliste. Le Dr Rajesh Jeetah, a été élu député en 2003.  Lormesh Bundhoo était un ancien chef-agent de Vishnu Lutchmeenaraidoo dans la circonscription de Souillac-Rivière des Anguilles (No 13). Il a été élu député en 1995 à Moka-Quartier-Militaire (No 8). Avant de mordre la poussière au No 9, à Flacq/ Bon Accueil en 2000. Il fit son comeback en 2005 au No 10 à Grande Rivière Sud Est/Montagne. En 2010, il a choisi de délaisser cette circonscription. C’est à Grand-Baie-Poudre d’Or, au No 6, qu’il trouve refuge grâce au travail de proximité du député Ashit Gungah. Tandis que le parcours d’Anil Bachoo parle de lui-même. L’ancien secrétaire-général du Parti Travailliste est devenu un temps leader de la faction dissidente Mouvement Travaillistes Democrate (MTD), puis passa au MSM, avant de former le MMSD en 2005 pour ensuite rejoindre le PTr. Il a aussi été «Vice-Prime Minister» au nez et à la barbe du Dr Arvin Boolell, celui qui n’a jamais été laissé sur la touche par les électeurs de Vieux Grand Port/Rose-Belle (No 11). Une situation fortement décriée chez les Boolellistes et les die-hard rouges.

L’équation Boolell = Poulidor

Elles et ils sont nombreux à avoir occupé les devants de la scène politique, tous partis politiques confondus. Et pourtant, elles et ils sont légion à avoir franchi le Rubicon, mais n’ont jamais pu ou pas réussi à jouer les premiers rôles. Arvin Boolell est l’un des ceux-là!

Et pourtant, le fils de sir Satcam aura été à l’anti-thèse de l’indolence du père. Arvin s’est démarqué du père pour être l’artisan de sa propre destinée. Homme de terrain, il a su labourer ses terres électorales qui auront fait de lui un puissant élu malgré les adversités les plus diverses, même quand les siens mordaient la poussière face à de puissantes coalitions. On ne le dira jamais assez: Arvin Boolell aura récolté ses galons à la force du poignet et à la sueur de son front. Il a été médecin à Dublin, cette ville qui aura marqué les Ramgoolam, Chady, et autres Gnany.
Avoir labouré sa circonscription au No 11 a fait de lui cet élu par excellence qui a su vaincre l’adversité et rallier ses plus féroces détracteurs à sa cause. Une cause qui allie persévérance et ancrage auprès d’un électorat qui le lui a bien rendu… Encore et encore !

Dans les années 50-60, il y avait ce coureur cycliste qui répondait au nom de Raymond Poulidor. Un excellent rouleur qui avalait les côtes, qui excellait dans les contre-la-montre. Mais jamais, au grand jamais, il n’avait pu remporter le Tour de France face à Jacques Anquetil, quintuple vainqueur du Tour de France. “Poupou”, comme on le surnommait affectueusement, était l’éternel second, le coéquipier parfait pour Anquetil. Anquetil était le roi et Poulidor restera à jamais dans l’histoire comme son dauphin…

Pourquoi avoir choisi l’équation Boolell-Poulidor? Tout simplement parce que les deux ne possèdent pas cette “graine” qui font des champions ; il leur a manqué ce petit quelque chose qui propulse l’heureux élu au firmament du gotha politique.

Et pourtant Arvin Boolell est bien né. Issu d’une famille de Brahmins aux accents qui véhiculent les grandes valeurs de la bourgeoisie hindoue. Mais, dans un certain sens, il est mal né, parce que dans ses gènes, il lui manque ce petit quelque chose qui crée la caste des premiers-ministrables… Pour combien de temps encore les non-premier ministrables devront-ils subir la fatalité de la génétique? Jusqu’à quand notre peuple devra se résilier que tout ne monde ne naisse pas égal et ne peut pas aspirer aux plus hautes fonctions, comme celui d’être Premier ministre ? Telle est la question …

Pas étonnant de voir sa collègue, Nita Deerpalsingh, la directrice de communication des rouges, se demander :parfois, je me demande ce que je suis en train de faire dans ce pays. Mes amis veulent émigrer parce qu’ils réalisent qu’ils ne veulent pas y vivre.”

Au Dr Arvin Boolell, on dira seulement ceci : « Tu ne sais pas à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort reste la seule option. »

 

Posted by on Nov 3 2012. Filed under Actualités, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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