Le 14ème Sommet de la Francophonie a surtout été du travail pour les Congolais



Par Anna Mayimona Ngemba

Avant la tenue du quatorzième Sommet de la Francophonie qui a pris fin le 14 octobre à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, des dispositions avaient été prises pour préparer le pays à bien accueillir ses invités. Un accent particulier a été mis sur la salubrité de la ville, du moins dans les coins les plus en vue tels que les grands boulevards et leurs annexes ou encore les devantures des grands immeubles. Ce nettoyage confié en grande partie à des organisations non-gouvernementales a eu l’avantage de donner du travail à un grand nombre de personnes dont des femmes.

Depuis le mois de juin, les passants ont pu voir un spectacle inhabituel: des femmes et des hommes, vêtus de combinaison bleue ou d’une autre couleur, brosses à la main, s’activant dès l’aube à la propreté de la ville. «Cela faisait un bail que nous n’avions pas vu cela dans ce pays », s’est exclamé au début de cette opération Marie Jeanne Mbala, une vendeuse de pains au centre ville. Dans le lot des travailleurs, il y avait des jeunes âgés entre 18 et 26 ans mais aussi des personnes âgées des deux sexes, des chefs de famille et des célibataires.

Le travail compte beaucoup dans ce pays à la dimension sous continentale mais au taux de chômage avoisinant le 90%. Aïcha a été affectée non loin de la gare centrale. Cette mère de famille d’’une cinquantaine d’années est arrivée très tôt chaque matin sur son lieu de travail pour repartir avant que midi ne sonne. «Nous avions trois équipes journalières. Mon équipe travaillait le matin. Une deuxième équipe prenait le relais à midi et la troisième vers la fin de la journée», a-t-elle expliqué. Pour ce travail, Aïcha a perçu à la fin de chaque semaine l’équivalent de 28 dollars américains, soit environ 112 dollars mensuellement. Une aubaine quand on sait qu’un huissier de la Fonction publique ne gagne pas ce salaire.

Cet horaire du travail a permis à Aïcha de vaquer à d’autres occupations durant la journée. « Si j’ai d’autres sollicitations, je peux m’en charger sans problème parce que j’ai tout l’après midi de libre.» Mais l’absence d’autres débouchés l’a amenée à se résigner à s’affairer dans un petit commerce pour arrondir ses fins de mois.

A moins de cinquante mètres de là, une autre dame s’adonnait au nettoyage de la chaussée. «Mon équipe est constituée de dix personnes dont cinq femmes et cinq hommes», a-t-elle expliqué. L’autorité de la ville a confié cette tâche à des organisations non gouvernementales et privées. L’organisation qui a employé Aïcha gérait cinq sites au centre de la ville. Chaque site comprenait dix personnes affectées au nettoyage, soit un total de 150 personnes sans compter les chefs d’équipe.

Pour une fois, l’équilibre des sexes a été respecté dans le recrutement de ces agents de propreté de la ville. Une petite tournée a indiqué que dans la nature de l’emploi également,  l’équilibre a été conservé entre femmes et hommes. Cela n’a malheureusement pas été le cas pour les chefs d’équipes où les hommes prédominaient.

La consolation paritaire est venue du fait que la majorité des organisations choisies par les autorités seraient dirigées ou appartiendraient à des femmes. L’initiative a été applaudie dans la société, mais la grande question que tout le monde se pose actuellement est celle de savoir combien de temps cela va-t-il durer maintenant que le Sommet de la Francophonie a pris fin? Le pays est passé maitre dans l’improvisation, même dans l’organisation des événements planifiés d’avance. On est tenté de croiser les doigts pour que ce rêve de pérennité dans l’emploi devienne une réalité. Les bénéficiaires ne peuvent pas rêver mieux. « J’ai commencé tout au début de cette opération en juin et mon souhait est que cela continue au-delà du mois d’octobre, même après la tenue du Sommet de la Francophonie », confie Aïcha, avec un petit sourire aux lèvres.  Même attitude du côté des usagers. «Notre ville était devenue trop sale. Il faut multiplier ce genre d’initiatives pour redonner à Kinshasa, la capitale, son ancienne appellation de Kinshasa la belle », estime le Kinois Noël Luzolo.

Et dire que le thème du 14ème Sommet de la Francophonie était lié à l’environnement. Raison de plus pour offrir durablement aux Congolais un cadre de vie agréable et sain.

Anna Mayimona Ngemba est journaliste freelance en RDC. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

 

Posted by on Nov 6 2012. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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