Démocratie en péril « Tentative honteuse de l’IBA pour museler les radios privés en marge des élections villageoises et municipales »



RAJESH BHAGWAN : « Nous irons jusqu’au parlement et même jusqu’à prendre des actions légales »

 

CEHL MEEAH : « L’IBA est en train d’accélérer la chute politique de Navin Ramgoolam avec ces mauvaises décisions »

 

Alors là, c’est le comble. C’est le revers de la même médaille. A chaque fois que l’Independent Broadcasting Authority agisse. Elle fait perdre des centaines de voix politiques à Ramgoolam. Trop zélé pour défendre et construire l’image du Premier ministre, en complicité totale avec  la station nationale, elle a fini par rendre le Premier ministre répugnant aux yeux de la population, surtout d’une masse silencieuse. C’est pourquoi certains discours de Navin Ramgoolam ont perdu de leurs superbes. Ils sont devenus creux que ceux que font les  Nita Deerpalsingh et autres Patrick Assirvaden. L’IBA assure une mort politique programmée au Premier ministre et au gouvernement du jour.

 

La dernière perle de l’IBA concerne sa décision d’interdire les interventions des auditeurs sur tout ce qui touche aux élections municipales et villageoises sur les radios privées. En effet depuis samedi  après-midi, à l’expiration du délai pour le désistement des candidatures,  nul ne peut commenter l’évènement électoral tant sur le plan des villes ou des villageoises. Une démarche qui  a été vivement décriée vendredi sur la plateforme du MMM/MSM à Quatre Bornes. Vijay Makhan, député de la circonscription, a notamment, lors de son intervention, fait état de viol de la liberté d’expression.

 

« Radio privé c’est MMM-MSM qui finne donne sa. C’est nou qui fine donne sa pour dimoune capave exprime zot. Zordi mo entendre dire pé empêche zot pé coupe zot la voix. Parcequi dimoune pe dire, ala nou problème. A la nou problème dans nou bannes laville. Ine passe ene « regulation » pou dire ki dorénavant péna aukene emission politique, pena aucaine la voix du peuple. Péna aukaine cozé do mopep. Ki qualité régime sa. Li pas donne ou aukène la voix pou causé », a-t-il déclaré.

 

Un thème repris samedi matin par Rajesh Bhagwan lors de la conférence de presse MSM/MMM. Cette circulaire de l’Independent Broadcasting Authority est un moyen pour empêcher la population de faire entendre leurs misères. Rajesh Bhagwan ne mâche pas ses mots en disant que l’IBA « appartient » à Trilock Dwarka et Somduth Dulthumun qui prennent des directives directement de Navin Ramgoolam. Rajesh Bagwan dénonce aussi avec force la propagande de la MBC et de Dan Callikhan. Selon lui, c’est inadmissible que la MBC n’a reçu aucun directif sur ce sujet. Les radios privées ont tout le soutien de l’opposition. « Cette affaire ne se terminera pas comme ça. Nous irons jusqu’au parlement et même jusqu’à prendre des actions légales. Avant de terminer, le député MMM a demandé à Trilock Dwarka d’enlever le mot « independent »  de l’IBA car l’institution n’est pas indépendante »

 

Et les réactions ne se font pas attendre. Cehl Meeah a critiqué samedi matin l’IBA.  « C’est un état dans l’Etat. L’IBA est en train d’accélérer la chute politique de Navin Ramgoolam avec ces mauvaises décisions. J’invite le Premier ministre à réagir et à révoquer Trilock Dwarka et ses accolytes. Je pense aussi qu’il faut dissoudre l’IBA et le remplacer par une organisation qui ne comporterait aucun « spin doctor » et qui sera plus transparente. »

 

Le président de la Government Hindi Teachers Union est lui aussi monté au créneau pour critiquer cette situation. « Je ne crois pas qu’on peut rétrécir la démocratie à quelques semaines des élections en interdisant les gens de parler. Je suis sur que le Premier ministre n’est pas au courant des agissements de l’IBA. Il faut un débat à ce sujet mais faire de sorte qu’on n’étouffe pas la voix de la démocratie », a soutenu Suttyhudeo Tengur.

 

Pour sa part Salim Muthy, le travailleur social et dirigeant du Front Action Commun des Travailleurs Sociaux (FACTS) annonce une manifestation contre l’Independent Broadcasting Authority ce lundi. «Pourquoi l’IBA ne sévit pas contre la MBC et les meeting politique du Premier ministre ? C’est un choix démocratique pour s’exprimer. Nous envisageons de saisir la cour suprême à cet effet», a-t-il déclaré alors que tous les dirigeants de l’IBA ont fui ses appels samedi.

 

Que cache la décision rétrograde de l’Independent Broadcasting Authority d’interdire aux radios privées de diffuser sur leurs ondes des débats politiques dans le contexte des élections municipales ?

 

Si ce n’est pas une entorse à la libre circulation de l’information et des idées, qu’est-ce ? On se croirait revenu au temps de la censure de l’information quand sous l’Etat d’urgence, dans les années 70, le régime Travailliste-PMSD, avait imposé une censure unilatérale de la presse écrite.

 

Ceux qui ont vécu ces années noires de l’histoire de la presse mauricienne, y voient un parallèle avec la décision de l’IBA, sauf que nous ne sommes pas en Etat d’urgence, mais, comme un boomerang les fossoyeurs de la démocratie et de la liberté d’expression mesureront, nous en sommes sûrs, leurs décision inique et rétrograde.

 

Nous ne seront pas étonnés que les chancelleries étrangères prennent bonne note de ce recul dans l’exercice nos droits démocratiques.

 

Voici l’évolution des directives de l’IBA depuis 2010 à ce jour

 

2010

 

A.5 Phone-in programmes

 

(1)               Broadcasting licensees shall endeavour to assure a fair and equitable balance of views expressed by phone-in callers on political matters.

 

(2)               Broadcasting licensees shall take such measures as are necessary to ensure that no caller or contributor participating in political or other programmes contravenes the Independent Broadcasting  Authority Act or any other law of Mauritius and, in particular, the law relating to libel and defamation.

 

 

Rodrigues elections

 

A.5 Phone-in programes

 

(4)       Broadcasting licensees shall not broadcast any live phone-in calls on political matters or politically-related matters from, and inclusive of, the day fixed by the Electoral Supervisory Commission for the withdrawal of candidates. However, brioadcasting licensees may broadcast recorded phone-in programmes provided they ensure fairness, integrity, balance and objectivity.

 

(5) Broadcasting licensees shall not allows callers to directly or indirectly assault verbally or insert other callers overtly or covertly, by naming them or by making couched reference to them, when expressing their views and opinions on any particular subject or issue, in the same or earlier programmes, with which they do nort agree.

 

2012

 

Municipal elections

 

A.5. Phone-in/call-in programmes.

 

  1. Broadcasting licensees shall not broadcast any live or recorded phone-in or call-in programmes on political matters or politically-related matters from, and inclusive of, the date fixed by the Electoral Supervisory Commission for ther withdrawal of candidates up to and including close of polling.

 

The date fixed by the Electoral Supervisory Commission for the withdrawal of candidates for the Village Council Elections 2012 is on the 20th November 2012 at 15:00hrs.

 

The date fixed by the Electoral Supervisory Commission for the withdrawal of candidates for the Municipal City Council ans Municipal Town Council Elections 2012 is on the 24th November 2012 at 15:00 hrs.

 

Posted by on Nov 26 2012. Filed under Actualités, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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