Fenitriniaina Randrianarisaona, une spécialiste malgache en gestion des risques des catastrophes naturelles



L’étude de Dame Nature était une science autrefois réservée aux hommes bien que ses effets affectaient aussi la vie des femmes. Aujourd’hui, elles sont nombreuses les femmes à vouloir se battre contre le changement climatique et à vouloir atténuer les risques de catastrophes naturelles.

L’océan Indien, vaste mer rempli de richesses marines et de quelques pays, a été marqué cette année par des catastrophes naturelles violentes. D’où la mobilisation et le réveil des pays de cette région, en particulier de ceux qui en ont beaucoup souffert.

Le pays le plus touché par ces changements climatiques a été Madagascar. Durant ces 30 dernières années, la Grande Ile aurait dépensé plus de 1,7 milliards de dollars USD à panser ses blessures causées par le changement climatique. En deuxième position vient la Réunion dont les estimations de pertes s’élèvent à environ 710 millions de dollars, suivi de Maurice avec près de 421 millions de dollars de dégâts. Les Comores et les Seychelles viennent ensuite mais leurs dégâts sont moindres. Les pertes estimées pour ces deux pays sont respectivement de l’ordre de 43 millions et de 32 millions de dollars.

Face à cette situation, Fenitriniaina Randrianarisaona, une jeune Malgache, a décidé de s’investir dans la gestion des risques des catastrophes naturelles. Contrairement aux autres étudiantes malgaches, elle aurait pu choisir le droit, les sciences politiques, le commerce comme filière d’études supérieures. Mais elle a choisi de se spécialiser dans cette filière qui permet d’atténuer les conséquences du changement climatique et de sauver des vies innocentes.

Ce choix s’est fait rapidement. « J’ai vu une annonce de l’université d’Antananarivo dans le journal. C’était un avis de formation. Lorsque je l’ai vu, c’était deux jours avant la fermeture de l’inscription et je me suis dit : pourquoi pas. C’était en 2011. J’ai pensé et je le pense encore que la variabilité climatique est une question de brûlante actualité et pour que assurer son développement, un pays doit miser sur la gestion des catastrophes naturelles. Donc, je me suis inscrite et heureusement, ma candidature a été retenue”.  

Elle a donc entrepris des études en gestion des catastrophes naturelles. Elle insiste sur l’importance de la prévention. « La variabilité climatique est un phénomène mondial et Madagascar n’est pas à l’abri. Déjà avec la pauvreté croissante dans le pays, la population est vulnérable. Face aux aléas climatiques comme les cyclones et les inondations, elle l’est davantage. C’est vrai qu’on ne peut pas empêcher la formation des phénomènes naturels mais au moins, on pourrait atténuer leurs effets pour diminuer les dégâts matériels et les pertes en vie humaine. C’est ce qui me motive à aller dans ce sens. Pour bien gérer et réduire les risques de catastrophes, il faut miser sur la prévention”.

Fenitriniaina Randrianarisaona insiste que les femmes sont les premières victimes de ces catastrophes naturelles. Le cyclone Haruna en janvier et l’invasion de crickets qui a suivi sont des exemples désolants de la vulnérabilité de la population et en particulier des femmes face à ces catastrophes. “Les femmes et les enfants sont les plus vulnérables aux catastrophes à Madagascar. Avec la pauvreté croissante, qui touche presque essentiellement le milieu rural, les femmes exerçant des activités dans le secteur agricole sont les plus touchées”.

Mais elles sont aussi plus motivées et sensibles aux questions de catastrophes naturelles. « Ce n’est pas juste un intérêt comme les autres car les ignorer ou les considérer comme des facteurs normaux de la vie de tous les jours équivaut à minimiser ces drames et à presque être leur complice,» ajoute-t-elle.  

Fenitriniaina Randrianarisaona insiste que les femmes ont une contribution dans ce combat. “Les femmes sont plus méticuleuses, responsables, prévenantes et prévisibles que les hommes. C’est le cas pour les aléas naturels. Dans le cadre de la prévention, leur rôle est essentiel. Elles pourraient transmettre facilement à leurs enfants les mesures de précaution à prendre pour se mettre en sécurité. Chose que les hommes qui passent leur temps à travailler pour pouvoir nourrir la famille, n’ont pas le temps de faire”.

Elle rejette l’idée que c’est difficile de motiver les gens sur la question. “Actuellement, la variabilité climatique touche tous les pays du monde et fait de nombreuses victimes. Cela se voit tous les jours aux informations et se lit dans les journaux. Il est donc plus facile de sensibiliser tous les acteurs à tous les niveaux et donner aux femmes la place qui leur revient dans cette prévention.”

Fenitriniana Randrianarisaona regrette cependant qu’il n’y ait pas assez de femmes engagées dans le domaine. “ C’est sûr qu’elles se sentent concernées mais il y a un manque de personnel qualifié à Madagascar alors que les femmes pourraient aisément jouer ce rôle”. Il serait souhaitable que les femmes aient aussi l’opportunité de suivre des formations comme Fenitriniana Randrianarisaona a suivies.

Gender Links a toujours insisté pour que le Protocole de la SADC sur le Genre ait un addendum sur le changement climatique qui affecte aussi bien les hommes que les femmes et les enfants. Il serait temps que tous les pays signataires l’appliquent.

Leevy Frivet est journaliste à Maurice. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

Posted by on Jun 28 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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