Lutte contre le VIH/SIDA : une affaire de cœur pour Léonie Kandolo



Par Anna Mayimona Ngemba

Elle ne passe inaperçue dans la société congolaise. Elle, c’est Léonie Kandolo,  dont la taille à la Mama Africa contraste avec la voix fine. « Elle a gardé sa voix de petite fille », disent certaines personnes. Et pourtant, c’est avec cette même voix qu’elle impose ses idées et ses opinions qu’elle n’hésite pas à partager.

Je l’ai rencontrée en 2008 et 2009 dans des milieux essentiellement féminins lors des activités du Cadre de Concertation de la Femme (CAFCO) où mon association milite à côté de la sienne. Au fil des mois, des années, j’ai appris bien des choses sur elle, des choses positives bien entendu. Dévouée à la cause de la personne humaine et particulièrement à celle de la femme, Léonie Kandolo a été et continue à être partie prenante de plusieurs initiatives pour la promotion des droits de la femme telles que le dialogue inter congolais, les concertations nationales, les plaidoyers pour l’adoption de certaines lois liées aux droits de la femme en particulier et ceux de la personne en général.

« De toutes ces activités, la lutte contre le VIH/SIDA demeure ma priorité » ne cesse-t-elle de répéter à qui veut l’entendre. Elle s’est engagée dans cette lutte par passion. Alors qu’elle était chef d’entreprise, elle a eu contact avec la dure réalité de la pandémie. « Lors d’une visite dans un centre de santé à Lubumbashi qui est à l’est de la République Démocratique du Congo, j’ai rencontré il y a quelques années une adolescente de 13 ans qui était en voie de famille. Sa situation m’a interpellée et je me suis renseignée à son sujet. C’est alors qu’on m’a dit que son problème n’était pas tant sa grossesse que sa séropositivité.  J’ai été choquée. Je me suis alors dit qu’il fallait faire quelque chose » 

Ainsi, avec d’autres personnes de son entourage, Léonie Kandolo créé Protection Enfants Sida (PES), une organisation non gouvernementale de droit congolais dans la ville du cuivre en RDC. L’objectif est limpide dès le début: sensibiliser les jeunes qui sont scolarisés ou en âge de l’être contre le VIH/SIDA.

Son arrivée à Kinshasa n’a fait qu’élargir son champ d’intervention. Elle se voue alors presque totalement à la cause d’un monde sans Sida. A ce titre, Léonie Kandolo a pris une part active à la rédaction de la loi sur les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Dans la mesure où le Sida soulève des questions de droits humains, son organisation adhère au réseau Sida Actions Croisées (SACRO).

Depuis quelque temps, elle s’intéresse  particulièrement aux problèmes des personnes dont on parle moins, notamment les prisonniers et les marginaux. « Pour que les PPVIH vivent bien, il faut que leurs voix soient entendues », pense-t-elle. Elle sillonne les milieux carcéraux pour bien cerner les différents problèmes qui s’y posent et apporter sa contribution. Récemment, son organisation a été associée à la formation et la sensibilisation des directeurs de prisons des six grandes villes du pays.

Cette veuve de près d’une cinquantaine d’années et mère d’un fils reste optimiste. Et elle voudrait bien partager cet état d’esprit au plus grand nombre. « Je n’aime pas que l’on dise toujours que rien ne va ». Ce n’est pas une phrase dite en l’air. Comme militante des droits de la femme, elle est consciente de la féminisation du VIH/SIDA. Mais en même temps  elle avance « qu’il y a cinq ans, 1% des femmes avaient accès aux antirétroviraux. Actuellement, elles sont 6% à recevoir le traitement. Donc, on peut parler d’évolution », a-t-elle dit un jour à un groupe de femmes vivant avec le Sida. Le même optimisme qui l’habite lui fait croire que la révision de la loi sur les personnes vivant avec le VIH/SIDA pour qu’ils ne soient plus stigmatisés est sur la bonne voie. « Nous menons un plaidoyer depuis un certain temps et là,  nous voyons le bout du tunnel »

C’est la même conviction qui lui fait dire qu’elle ne verrait aucun inconvénient à ce que son fils ou un autre proche parent épouse une personne vivant avec le VIH/SIDA qui, est aujourd’hui devenue une maladie chronique au même titre que le diabète, par exemple.

Il n’est pas étonnant qu’elle ait remporté un prix pour son engagement contre le VIH/SIDA dans la région de la SADC. Car c’est son cœur qu’elle met dans cette lutte.

 

Anna Mayimona Ngemba est journaliste en freelance. Cet article fait partie de la série « Femmes exceptionnelles » du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.




Posted by on Aug 30 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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