Pays des Grands Lacs d’Afrique centrale: les femmes journalistes s’unissent pour agir ensemble



Par Evelyne Luyelo

Dans le cadre du projet « Médias: une voix pour tous », de « Search for common ground », organisation non-gouvernementale internationale dont l’objectif est de parvenir à transformer la façon dont le monde gère les conflits à travers des solutions de coopération, une trentaine des femmes des médias de la région des Grands Lacs en Afrique centrale qui comprend le Burundi, la République Démocratique du Congo et le Zaïre, se sont réunies pendant deux jours à Bujumbura, la capitale burundaise.

Outre l’identification des défis communs et des pistes de solutions pour la participation effective des femmes dans les institutions médiatiques et la promotion de leur voix dans les médias des Grands Lacs, cette conférence a eu aussi pour objectif de mettre en place un réseau régional pour la promotion de la voix des femmes dans les médias.

Apres avoir identifié les défis communs et trouvé des pistes de solutions pour euxi, les femmes des médias ont réalisé que ce n’est qu’ensemble qu’elles peuvent relever ces défis et « influencer les décideurs en faveur de la femme rurale’’, a déclaré Floride Ahitungiye, directrice de Search for Common Ground du Burundi.

C’est la raison pour laquelle les femmes des médias de la région de Grands Lacs se sont engagées à sensibiliser la communauté sur l’importance de la femme dans les médias, à défendre et  promouvoir les droits des femmes dans et par les médias, à inciter la femme à renforcer ses compétences pour être plus compétitive et aussi à faire un plaidoyer pour l’adoption de lois et de politiques favorables à l’équité. Des objectifs conformes aux exigences du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement signé par le gouvernement congolais.

Cela explique la raison de la création du Réseau des Femmes des Médias des Grands Lacs, (RFMGL) mis en place à la clôture de la dite conférence. Ce réseau se fixe entre autres objectifs d’encourager les initiatives des femmes à lancer leur propre média, de mener des études régulières sur l’ampleur réelle de la représentativité des femmes dans les organes de presse et dans le contenu médiatique des trois pays et aussi de mettre en place des systèmes d’alerte pour alerter l’opinion publique sur les violations des droits des femmes dans les médias. « Avec ce réseau, nous oublions nos différences et allons travailler pour une même cause, » affirme Diane Mande, journaliste à Goma et membre de l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM).

Pour sa part, Innocent Nsabimana, responsable de l’organe d’autorégulation des medias au Burundi, (OMAC), «Cette rencontre montre à quel point les femmes de la région veulent résoudre leurs problèmes. Je suis convaincu qu’elles y arriveront ».  « L’union fait la force dit-on et en étant ensemble, nous sommes plus fortes »,  se réjouit Joly Nsenga, chargée du programme « Médias voix pour tous » à Search for Common Ground de Bukavu.

Les femmes journalistes et autres professionnelles des médias du Burundi, du Rwanda et de la RDC comptent trouver des solutions à leurs problèmes en considérant les spécificités de chaque pays dans la promotion et la défense de la voix des femmes dans les médias de la région des Grands Lacs d’Afrique centrale vu la faible représentativité et l’image stéréotypée des femmes dans les médias et aussi en raison du poids culturel qui continue à peser sur la participation de la femme dans les processus de paix, de sécurité, d’Etat de droit et du  respect des droits de la personne humaine. Les femmes journalistes et autres professionnelles des médias ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de la voix des femmes dans les médias.  

L’exécutif du RFMGL a un mandat de deux ans. Il débute avec l’Association des Femmes Journalistes (AFJO) du Burundi qui occupe la présidence, la vice-présidence étant assurée par l’UCOFEM de la RDC et le secrétariat à l’association ruandaise des femmes des médias, (ARFEM). Cette initiative devrait aussi permettre aux femmes de la sous région de se retrouver souvent et d’essayer de trouver des réponses aux problèmes qu’elles ont en commun, à savoir la culture de l’entreprise de presse qui n’a pas beaucoup de considération pour la femme, la non-prise ne compte de son travail etc. La question que les observateurs se posent est : ce réseau sera-t-il viable car le précédent réseau créé avec le concours de l’Institut Panos Paris en 2008, n’a pas tenu bon. Souhaitons-le.

Evelyne Luyelo est journaliste en RDC. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

 

 

 

 

 

 

Posted by on Sep 26 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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