2013: une année d’avancées significatives pour la femme en RDC



Par Blandine Nzovo

Depuis ces dix dernières années, la Congolaise a fait des progrès dans la vie publique en République Démocratique du Congo. La représentation féminine au sein des institutions officielles du pays a connu des avancées significatives dans des domaines aussi diversifiés que variés. Ceci a été particulièrement visible au cours de l’année 2013.

Les femmes nommées aux plus hautes sphères ne cessent de prouver leur détermination à remédier aux lacunes et à corriger l’image de la femme longtemps enfermée dans des stéréotypes. La première illustration est la Saint Valentin ou fête des amoureux le 14 février. Beaucoup d’abus étaient déplorés chez les jeunes filles qui s’exhibent sans scrupule en tenue légère à la recherche d’un partenaire occasionnel. Ce comportement a contribué à déformer des années durant l’image de la femme et de la jeune fille congolaise.

Alors que l’effervescence pour la Saint Valentin montait à Kinshasa et dans les grandes villes du pays, les organisations non-gouvernementales elles ont toujours redouté l’escalade de la transmission des maladies sexuellement transmissibles et du VIH/SIDA à cause du libertinage sexuel observé pendant cette célébration, surtout parmi les jeunes. Voilà qui justifie les actions de grande envergure menées cette année dans le but de démontrer aux concernées les dangers liés à cette attitude.

Il y a notamment les campagnes de sensibilisation, œuvres de différentes organisations non-gouvernementales de défense des droits de la femme. Et c’est dans ce cadre que la structure non gouvernementale dénommée « Action pour la Promotion et l’Eveil de la Jeunesse Féminine » s’est engagée dans une campagne de sensibilisation en vue de sensibiliser les femmes et les jeunes filles au risque de contamination au VIH/SIDA et aux maladies sexuellement transmissibles en adoptant un comportement sexuel irresponsable. Julie Mbiyavanga, responsable de l’organisation, a, dans ses différentes interventions aux jeunes filles rencontrées dans leurs milieux naturels, expliqué que la campagne visait plus à éviter les débordements des jeunes filles mais surtout à les occuper autrement.

Juste après la fête des amoureux, il y a eu la Journée Internationale de la Femme célébrée annuellement le 8 mars. Cette journée s’est passée dans la méditation la plus totale à travers toute la République grâce à l’intervention personnelle de la ministre du Genre qui a interdit l’impression et le port des pagnes qui a toujours accompagné les femmes à travers diverses manifestations de grande envergure, organisées ça et là dans toute la RDC. Et ces défilés se soldaient toujours par des retrouvailles de femmes dans des débits de boissons, night clubs, bars, et même des maisons de passage où ont lieu toutes sortes de pratiques. La ministre Geneviève Inagossi Kassongo, a fait de cette journée une occasion en or pour les femmes congolaises de revendiquer leurs droits dans la compréhension des thèmes exploités au niveau national et international au lieu de la transformer simplement en une journée nationale de « port inutile » du pagne.

Un autre fait marquant de l’année en faveur de la promotion de la femme a été l’intégration de la femme qui occupera désormais la place jadis réservée aux hommes dans les transports en commun en RDC. Lors de la cérémonie de lancement de ces bus nouvellement acquis par le gouvernement à Kinshasa le 30 juin 2013, journée dédiée à l’indépendance de la RDC, grande a été la surprise de la population de constater la présence de femmes, les unes comme chauffeurs, les autres en qualité de receveurs et même de contrôleurs, postes que la femme ne pouvait occuper jusqu’ici, si ce n’est être présentes mais en petit nombre dans l’administration des compagnies de transport. Pour l’occasion, le ministre des Transports et voies de communication a indiqué que la présence de la femme au sein de l’entreprise Transco traduit la volonté du gouvernement de respecter la loi sur l’égalité des chances entre hommes et femmes votée il y a peu par le Parlement du pays.

Pour finir, il y a la nomination des neuf femmes aux plus hautes fonctions dans la police nationale, les forces armées et la magistrature. Il n’existe plus aucun domaine de la vie nationale où les Congolaises ne sont pas représentées. Les secteurs de la sécurité et celui de la justice qui étaient à la traîne, viennent de rattraper leur retard.
Il existe encore des textes et des lois qui sont toujours discriminatoires à l’égard de la femme, notamment le Code de la Famille, qui consacre l’autorisation maritale. L’harmonisation des lois tant par les membres du Sénat que ceux de l’Assemblée nationale visant à déboucher sur un nouveau Code de la Famille, devrait être une façon pour les autorités congolaises de faire justice à la femme.

Blandine Nzovo est journaliste en RDC. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

Posted by on Nov 5 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply


Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.