De jeunes artistes se mobilisent pour le retour de la démocratie à Madagascar



Par Fanja Razafimahatratra

Depuis le vendredi 25 octobre, quelques huit millions de Malgaches se sont rendus aux urnes dans le cadre d’élections présidentielles maintes fois reportées. Selon les observateurs, la participation féminine a été importante. Il faut dire qu’il y a eu tout un travail en amont pour obtenir un tel résultat. Par exemple le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Commission Électorale Nationale Indépendante pour la Transition (CENI-T) ont trouvé une façon originale d’attirer la population aux urnes et lui faire prendre conscience de l’importance de la démocratie.

Cela s’est fait par des bruits de tambours pour faire accourir les gens, des chants pour les détendre et ensuite leur lancer des messages clés. C’est ainsi que les services du groupe de Batucada afro-brésilien, formation à 100% féminine, ont été retenus pour œuvrer pour le retour de la démocratie dans la Grande Ile. Ce groupe nommé Bloco Malagasy et issue de l’organisation non-gouvernementale Bel Avenir, a mobilisé plus de 3000 personnes avec sa caravane de sensibilisation.

«Nous avions deux semaines pour sillonner les régions du Nord-Ouest et celles du Sud du pays avec notre caravane. A chaque animation, beaucoup de gens, des hommes comme des femmes, sont venus nous voir et ont écouté notre message. Nous avons fait ces animations pendant 15 jours sans relâche et les filles ont été très fortes et constamment engagées », explique Tokiniaina Florette, leader de la troupe.

Contactée par téléphone alors qu’elle se trouvait encore sur la route au retour à Toliary, ville d’où est originaire la troupe, Lory, une jeune de 18 ans, déclare qu’elle ne sent même pas la fatigue peser sur elle. C’est avec joie qu’elle raconte comment elle a vécu ces deux semaines de sensibilisation. «J’ai été impressionnée par le fait que les gens venaient nous voir évoluer. Je me suis sentie à l’aise car en chantant et en dansant, je savais que j’étais en train de faire un travail d’éducation du peuple », explique-t-elle.

C’est dans le cadre du Projet d’Appui au Cycle Électoral (PACEM) que le PNUD et la CENI-T que Bloco Malagasy a été contacté. Ces organismes ont compté sur le talent et l’énergie de ces jeunes filles pour contribuer à assurer le retour de la démocratie.

Pour les principales concernées, bien qu’elles aient fait passer le même message sur le même répertoire, chaque spectacle était différent. Il était constitué de rythmes de percussions malgaches couplées à des animations théâtrales dans les rues pour évoquer les différentes étapes du processus électoral, à savoir les motivations pour aller voter, où et quand le faire, comment utiliser le bulletin unique et l’importance de l’inscription des femmes sur les listes électorales et leur participation le jour du scrutin.

En tout, Bloco Malagasy, c’est 20 filles divisées en deux groupes qui se produisent lors des spectacles. Le PNUD et la CENIT ont ciblé les régions ayant le plus faible taux de pourcentage de participation féminine au processus électoral. Cette sensibilisation et cet encouragement à aller voter s’est donc adressée principalement aux femmes de ces régions. Dans chaque ville visitée, elles ont été nombreuses à venir écouter les Bloco Malagasy.

Parfois elles étaient seules mais la plupart du temps, elles étaient accompagnées de leurs maris et de leurs bébés et enfants. «Je préfère que des messages de ce type soient délivrés par ces jeunes filles. Elles sont sincères et ne font pas des serments d’ivrognes comme le font les politiciens. Les voir jouer de ces instruments musicaux est aussi un plaisir. C’était joli à écouter », souligne Jeannette Razafindriaka, une citadine de Morondava, une des villes visitées, qui a eu l’occasion de venir écouter la troupe Bloco Malagasy.

Il n’y a pas que les électeurs et les électrices qui en sont sortis gagnants. Cette initiative a permis aussi aux jeunes filles de Bloco Malagasy de se responsabiliser. L’exercice a été une valorisation des droits des femmes et une exhortation à leur participation au processus électoral comme le demande le Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement.

Fanja Razafimahatratra est journaliste freelance à Madagascar. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links.

Posted by on Nov 5 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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