Afrique australe: le nombre le plus faible de femmes parlementaires au Swaziland



Mbane: A la suite des élections et des récentes nominations gouvernementales effectuées par le roi Mswati et les membres du Parlement, le Swaziland a touché le fond en matière de représentation féminine au gouvernement à un moment où ce pays devrait faire une dernière poussée en faveur de l’égalité du genre avant 2015. Il n’y a plus d’espoir que le Swaziland puisse réussir à atteindre l’objectif du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement qui demande à ce qu’il y ait 50% de représentation féminine dans tous les domaines de décision d’ici 2015.

Ces élections ont laissé un goût amer dans la bouche de plusieurs citoyens. Les critiques ont parlé de « simulacre d’élections » en raison des allégations de trucage et d’achat des votes. La mission d’observation de l’Union africaine a aussi critiqué le système Tinkhundla qui ne tient pas compte des principes internationaux d’élections libres, justes et participatives.

Cependant, les résultats de ces élections ont laissé un après-goût encore plus terrible dans la bouche des femmes et activistes du genre. Sur 55 candidats à ces élections parlementaires, l’électorat n’a plébiscité qu’une femme, Esther Dlamini, réélue pour la troisième fois consécutive. En comptant les 10 maroquins additionnels remplis par le roi Mswasti, seules quatre femmes siègent aux côtés de 61 hommes. La représentation féminine au Parlement n’est plus que de 6%, un déclin dramatique par rapport aux 22% obtenus à l’issue des élections de 2008.

Le Swaziland figure désormais après le Botswana qui a une représentation féminine parlementaire de 8%. Ce qui signifie que le Swaziland a le nombre le plus faible de femmes parlementaires de la région de la SADC. Le plus grand nombre de femmes parlementaires se trouve aux Seychelles avec 44%, qui est talonné par l’Afrique du Sud avec 43%.

Le roi et les parlementaires ont nommé 12 femmes et 18 hommes au Sénat. Avec cinq femmes et 15 hommes au conseil des ministres, cela fait une représentation féminine de 33% dans cette instance dirigeante. Cela constitue une amélioration par rapport aux 25% d’avant mais cette hausse est sans aucun doute tempérée par le déclin de la représentation féminine à l’issue des élections parlementaires et celles des collectivités locales.

La République démocratique du Congo a la plus faible représentation féminine au sein des collectivités locales à 2%. Ce pays est devancé par la Zambie et Madagascar à 6%. Le Lesotho a presque atteint l’objectif du Protocole de la SADC avec ses 49%, suivi de la Namibie à 42%. L’Afrique du Sud a le pourcentage le plus élevé de femmes ministres avec 41%, suivi du Mozambique à 32% et du Malawi à 30%.
Pourquoi la représentation féminine a-t-elle empiré au Swaziland alors que la campagne 50/50 battait son plein juste avant les élections ? Une théorie est que les femmes parlementaires sous la précédente législature n’ont pas été à la hauteur des espérances placées en elles. Une ancienne sénatrice ayant requis l’anonymat estime que le bon travail accompli par les femmes parlementaires a été couvert par une controverse.

«Il y avait toujours dans les médias des déclarations controversées à propos de la vie personnelle d’une femme parlementaire et cela n’a pas aidé à établir la confiance à l’égard des femmes en général. Malheureusement, lorsqu’une femme commet une erreur, toutes les autres femmes sont jugées à l’aune de ses actions. J’aurais souhaité que cela s’applique aux hommes aussi mais ce n’est pas le cas ». Le système électoral en vigueur, combiné aux pratiques culturelles existantes qui discriminent la femme et favorisent l’homme, empêchent les femmes de participer à la vie publique. Les femmes doivent encore demander l’autorisation à leur mari si elles veulent être de la course électorale. De plus, le « syndrome de démolition de la femme » persiste du fait que l’électorat féminin ne veut pas montrer son soutien aux femmes qui poursuivent une carrière politique et qui défient le statut quo.

Durant les élections primaires, un candidat est élu par chaque tribu. Ces élus représentent leur tribu aux élections générales où l’électorat vote pour un candidat pour chacune des 55 circonscriptions afin de constituer le Parlement. Le roi Mswasti nomme le Premier ministre et dix autres personnes pour remplir les 65 sièges de l’Assemblée nationale. Ce sont les parlementaires et le roi qui sélectionnent les ministres et les sénateurs.

Ce qui fait des gens accoler un « s » devant le mot « élections » et parler de sélection plutôt et de trouver que ce processus de sélection ne favorise pas les femmes. L’ancienne parlementaire Jennifer Du Pont est convaincue d’avoir perdu aux primaires d’août parce qu’un chef de tribu a dit à ses sujets que c’était aller contre les traditions que de voter pour une femme endeuillée car elle est veuve depuis mai. Bien que la Constitution du pays donne le droit à Jennifer Du Pont de décider si elle adhèrera à cette coutume ou pas, cet homme a ajouté que la loi coutumière a préséance sur la Constitution.

De plus, la balance continue à jouer en faveur des hommes car certains candidats peuvent se permettre d’acheter des colis alimentaires et de l’alcool pour les électeurs de leur circonscription bien avant les primaires. Les femmes et les autres groupes marginalisés n’ont simplement pas d’argent pour faire de même. De plus, en raison des niveaux élevés de pauvreté, les électeurs vendent leurs votes au plus offrant et seuls les candidats riches, en majorité des hommes, peuvent se le permettre.
Nous ne pouvons blâmer les femmes pour ce désolant déséquilibre du genre. Tant que nous n’aurons pas renforcé l’autonomisation économique des femmes, que le gouvernement n’utilisera pas des quotas législatifs, que la Constitution ne sera pas la loi suprême, les femmes ne parviendront jamais à passer à travers ce processus de sélection. Si les femmes veulent opérer un retour en force aux prochaines élections, la vraie campagne électorale doit commencer maintenant ! Souhaitons que les pays de l’Afrique australe qui se rendent aux urnes avant 2015 utilisent leur dernière opportunité pour faire le plein de l’égalité du genre.

Bongiwe Zwane est dans le domaine des relations publiques au Swaziland. Katherine Robinson est éditrice et manager des communications à Gender Links. Cet article fait partie du service de commentaires et d’opinions de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne.

Posted by on Nov 26 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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