Afrique australe: Les énergies renouvelables peuvent donner le pouvoir aux femmes



Johannesburg, 27 novembre : Le changement climatique arrive à grande vitesse. L’Afrique en ressent déjà ses effets nocifs. Et pourtant, ce continent en porte une faible responsabilité. Alors que Greenpeace continue à mener campagne et à faire du lobbying pour la justice climatique et le développement durable, les compagnies et les gouvernements continuent à nous entraîner dans un chaos climatique. Cependant, il est rarement admis que les femmes supportent le poids de ce chaos et que la justice climatique est liée à la justice du genre.

Alors que les glaces de l’Arctique fondent, les compagnies pétrolières ont reporté leur attention aux réserves sous l’océan Arctique. Le 18 septembre 2013, les activistes de Greenpeace nommés «Arctique 30 » ont organisé une marche de protestation pacifique devant la plateforme pétrolière russe connue comme Prirazlomnaya. Il est attendu que cette plateforme de forage soit la première à extraire du pétrole des mers arctiques. La police a arrêté et détenu les activistes à St Petersburg. Parmi eux, 29 ont été libérés sous caution mais ils répondent toujours de graves accusations.

Huit femmes de différents pays font aussi partie de « Arctique 30 ». Elles sont des activistes de l’environnement qui nous représentent et qui ont à cœur un avenir paisible et vert. Ces femmes se sont aussi engagées en signe de solidarité avec leurs sœurs du monde entier qui sont les plus affectées par le changement climatique.
La frayeur de sècheresses et des pertes de récoltes est sur toutes les lèvres de ceux vivant sur le continent africain. Le Botswana fait face actuellement à une sècheresse sévère, à des coupures d’eau et des pertes de récoltes. Des milliers de ménages au Malawi ont été affectés par diverses formes de catastrophes entre novembre 2012 et janvier 2013. Des crues subites à Maurice en mars de cette année ont pris 13 vies. La pluviométrie annuelle a chuté, entraînant des coupures d’eau et la montée du niveau de la mer en raison du réchauffement climatique et une érosion côtière importante deviennent des problèmes préoccupants dans l’île.

Des pays tels que le Lesotho, la Zambie et le Zimbabwe connaissent une déforestation rapide, une érosion des sols et une perte de leur biodiversité en raison d’une dépendance insoutenable sur la combustion de biomasse. Et les émissions de gaz à effets de serre qui en résultent ne font qu’accélérer les effets du changement climatique.

Ce qu’il faut savoir, c’est que 70% de la population africaine dépend de l’agriculture pour sa survie et que la majorité des agriculteurs sont des femmes. La plupart des femmes des nations en développement sont principalement responsables de tâches sensibles liées au climat comme assurer les récoltes, la collecte d’eau et la sécurité énergétique. Et pourtant, nous n’avons pas entendu leurs voix, ni vu leurs visages aux tables des négociations destinées à aborder les questions climatiques.

De plus, lorsque l’on regarde les départements environnementaux nationaux en Afrique australe, nous continuons à voir des inégalités du genre dans des postes de décision. Dans la région de la SADC, les femmes ne représentent que 23% des décideurs au sein des ministères chargés du changement climatique et du développement durable.
En réaction à ces réalités, la SADC Gender Protocol Alliance s’est lancée dans une campagne régionale pour l’adoption d’un ajout au Protocole de la SADC sur le Genre qui tienne compte du changement climatique, du développement durable et de l’égalité du genre.
Les problématiques posées par le changement climatique et l’accès aux énergies renouvelables ne sont pas seulement directement liées aux luttes quotidiennes des femmes mais aussi à leurs capacités à dépasser l’agriculture de subsistance pour obtenir une autonomisation et un développement plus larges.

De ce fait, l’attention de Greenpeace sur les énergies renouvelables n’est pas qu’à propos de la justice climatique mais aussi à propos de celle du genre. L’approvisionnement en énergie propre renouvelable réduira la dépendance sur les combustibles traditionnels de biomasse utilisés de façon répandue dans les activités ménagères. Cette réduction réduira non seulement l’empreinte carbone et la déforestation mais aidera aussi les femmes à perdre moins de temps dans des tâches non rétribuées telles que la collecte de bois de chauffage.

Plus les femmes disposeront du temps, plus elles le mettront à profit pour des activités économiques et éducatives destinées à augmenter les revenus familiaux, à diversifier les occasions de subsistance et à améliorer les chances d’avoir une famille éduquée. Ces facteurs contribuent grandement à l’autonomisation économique des filles et des femmes et finalement à l’égalité du genre. Ils aideront aussi à réduire la pauvreté, amélioreront les installations sanitaires, l’accès à l’eau potable et réduiront les taux de mortalité maternelle et infantile.

Un autre résultat important de l’utilisation de l’énergie renouvelable est que les femmes seront moins exposées à la violence basée sur le genre. Il y a tant de femmes qui courent un risque quotidien en quittant leurs maisons et en marchant des kilomètres à travers des régions isolées en quête de nourriture et de combustible, en étant vulnérables au harcèlement, à la violence et au viol. De plus, avec l’espoir de réduction des catastrophes naturelles, cette énergie renouvelable s’attaquera aussi aux niveaux élevés de violence et d’abus sexuels que les filles et les femmes subissent à la suite des catastrophes en raison d’un manque de protection, d’intimité et d’une séparation avec les membres de leur famille.
En Afrique australe, les coopératives gérées par les femmes pourraient faire partie d’une révolution énergétique décentralisée. Par exemple, les panneaux solaires génèrent de l’énergie quand il le faut, augmentant l’efficience et tout en restant sous le contrôle de ses utilisateurs.

L’énergie renouvelable ne concerne pas juste l’énergie mais plutôt toutes les occasions qu’elle crée. Si la société s’engageait en faveur de cette option durable, au sens propre comme au sens figuré, nous aurions placé le pouvoir entre les mains des femmes. Les bénéfices qui en découleraient dépasseraient la conservation environnementale et une société où les femmes ont moins de fardeaux à porter et sont moins abusées mais plutôt une où elles seront autonomisées, indépendantes et égales aux hommes.

Glen Tyler est un activiste environnemental et fait campagne pour Greenpeace Afrique. Cet article du service d’information de Gender Links fait partie de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence envers les femmes et les enfants.

Posted by on Nov 27 2013. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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