Nelson Mandela est mort



Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, est mort à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé jeudi soir le président sud-africain, Jacob Zuma, en direct à la télévision publique.
Nelson Mandela «s’est éteint», a déclaré Jacob Zuma, avant de rendre un long hommage à l’ancien président sud-africain. «Notre cher Madiba aura des funérailles d’Etat», a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu’aux obsèques. La famille de Nelson Mandela, surnommé affectueusement «Madiba», s’était réunie ce jeudi à son chevet.

Nelson Mandela, héros de la lutte contre le régime raciste de l’apartheid et premier président noir de l’Afrique du Sud démocratique, est mort jeudi à l’âge de 95 ans, a annoncé le chef de l’État Jacob Zuma à la télévision. “L’ex-président Nelson Mandela nous a quittés (…), il est maintenant en paix. La nation a perdu son fils le plus illustre”, a déclaré le président Zuma lors d’une intervention en direct peu après 21 h 30 GMT. “Il s’est éteint en paix. (…) Notre peuple perd un père”, a-t-il ajouté avant d’annoncer que les drapeaux seraient mis en berne à partir de vendredi et jusqu’aux funérailles d’État dont il n’a pas annoncé la date.

“Exprimons la profonde gratitude pour une vie vécue au service des gens de ce pays et de la cause de l’humanité”, a-t-il enchaîné. “C’est un moment de profond chagrin. (…) Nous t’aimerons toujours, Madiba.” “Comportons-nous avec la dignité et le respect que Madiba personnifiait”, a ajouté Jacob Zuma, qui a utilisé le nom de clan du héros de la lutte contre l’apartheid, un nom utilisé familièrement par tous les Sud-Africains pour désigner leur idole.

Nelson Mandela, qui a fêté ses 95 ans le 18 juillet, avait été hospitalisé quatre fois depuis décembre, à chaque fois pour des récidives d’infections pulmonaires. Ces problèmes récurrents étaient probablement liés aux séquelles d’une tuberculose contractée pendant son séjour sur l’île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime raciste de l’apartheid.

Le mythe Mandela

Absent de la scène politique depuis plusieurs années déjà, “Madiba” faisait l’objet d’un véritable culte qui dépassait largement les frontières de son pays. Tour à tour militant anti-apartheid obstiné, prisonnier politique le plus célèbre du monde et premier président noir de l’Afrique du Sud, il avait été qualifié par l’archevêque Desmond Tutu, autre Prix Nobel de la paix pour son engagement contre le régime sud-africain, d'”icône mondiale de la réconciliation”.

Mandela restera dans l’histoire pour avoir négocié pied à pied avec le gouvernement de l’apartheid une transition pacifique vers une démocratie multiraciale. Et pour avoir épargné à son peuple une guerre civile raciale, qui, au début des années 1990, paraissait difficilement évitable. Ce qui lui vaudra le prix Nobel de la paix en 1993, partagé avec Frederik De Klerk. Mandela a passé plus de vingt-sept ans en prison, de 1964 à 1990, devenant peu à peu le symbole de l’oppression des Noirs sud-africains, tandis que le monde entier manifestait et organisait des concerts pour sa libération.

Mais avant même d’être libéré, il avait appris à comprendre ses adversaires – allant jusqu’à apprendre leur langue, l’afrikaans, et leur poésie -, à pardonner et à travailler avec eux. Une fois libéré, il les a séduits par sa gentillesse, son élégance et son charisme.

Le premier président de la “nation arc-en-ciel”

Sous les couleurs du Congrès national africain (ANC), Mandela a été le premier président de consensus de la nouvelle “nation arc-en-ciel”, de 1994 à 1999. Un rôle notamment magnifié dans le film Invictus de Clint Eastwood, où on le voit conquérir le coeur des Blancs en venant soutenir l’équipe nationale de rugby lors de la Coupe du monde de 1995, remportée par l’Afrique du Sud.

Nelson Rolihlahla Mandela était né le 18 juillet 1918 dans le petit village de Mvezo, dans le Transkei (sud-est) au sein du clan royal des Thembus, de l’ethnie xhosa. Il a rapidement déménagé dans le village voisin de Qunu, où il a passé, dira-t-il, ses “années les plus heureuses” – une enfance libre à la campagne peut-être idéalisée -, avant de recevoir une bonne éducation. Si son institutrice l’a nommé Nelson, son père l’avait appelé Rolihlahla (“celui par qui les problèmes arrivent”, en xhosa). Et Mandela a très tôt manifesté un esprit rebelle.

Étudiant, il est exclu de l’université de Fort Hare (sud) à la suite d’un conflit sur l’élection de représentants étudiants, avant de fuir sa famille à 22 ans pour échapper à un mariage arrangé. Arrivé à Johannesburg, le bouillant jeune homme prend vraiment la mesure de la ségrégation raciale qui mine son pays. C’est là, notamment au contact de Walter Sisulu, son aîné, qui va devenir son mentor, que se forge une conscience politique qui a évolué avec le temps : jeune, Mandela aurait volontiers chassé les Blancs du pays.

À la tête de l’ANC

Après avoir fondé la Ligue de la jeunesse de l’ANC (Congrès national africain), il prend rapidement les rênes du parti, jugé trop mou face à un régime qui a institutionnalisé l’apartheid en 1948. Après l’interdiction de l’ANC en 1960, Nelson Mandela passe dans la clandestinité. C’est lui qui préside à la fondation d’une branche armée de son parti. Arrêté de nouveau en 1962, il est condamné à la prison à perpétuité deux ans plus tard.

Pendant son procès, il prononce une plaidoirie en forme de profession de foi : “J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.”

N’apparaissant plus en public depuis 2010, il était devenu une sorte de héros mythique, intouchable, invoqué tant par le pouvoir que par l’opposition. Il continuera longtemps à sourire chaque jour à tous ses compatriotes.

“Une grande lumière s’est éteinte”, a réagi le Premier ministre britannique David Cameron.

Le décès de Nelson Mandela suscite l’émoi partout dans le monde et provoque de nombreuses réactions politiques. Barack Obama, premier président noir des États-Unis, a rendu un hommage appuyé à Nelson Mandela, premier président noir de l’Afrique du Sud, mort jeudi à Johannesburg, saluant un homme “courageux, profondément bon”. “Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l’Afrique du Sud et nous a tous émus”, a déclaré Barack Obama depuis la Maison-Blanche. Quant au président français François Hollande, il salue “un résistant exceptionnel, un conquérant magnifique”. Nelson Mandela a été “l’incarnation de la nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l’Afrique”, déclare le président français.

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré jeudi qu'”une grande lumière s’est éteinte” après le décès de Nelson Mandela, ajoutant que le drapeau britannique allait être mis en berne devant son bureau à Downing Street. “Une grande lumière s’est éteinte dans le monde”, a écrit David Cameron sur son compte Twitter. “Nelson Mandela était un héros de notre temps. J’ai demandé que le drapeau soit mis en berne au 10″ du Downing Street”, a-t-il précisé après la mort jeudi du premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela à l’âge de 95 ans.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon salue quant à lui “une source d’inspiration” pour le monde. “Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur”, a-t-il déclaré à la presse au siège de l’ONU. Bill Clinton rappelle que Mandela était le “champion de la dignité humaine et de la liberté”.

“Le géant charismatique”

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a rendu hommage jeudi à Nelson Mandela, saluant “le géant charismatique qui s’en va”, “le père de l’Afrique du Sud”. “Avec Nelson Mandela disparaît le père de l’Afrique du Sud, le pilier du combat pour la liberté reconquise et pour la réconciliation”, a déclaré Laurent Fabius dans un communiqué. “Je salue le géant charismatique qui s’en va”, a-t-il ajouté, en présentant ses “profondes condoléances à sa famille, à ses proches et à son pays”. “Universellement admiré, il donnait son plein sens au mot humanité. Personnellement, je l’admirais d’autant plus que la lutte contre l’apartheid a été l’un des grands et constants engagements de ma vie”, a affirmé le ministre français des Affaires étrangères.

De son côté, l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang, qui, à la demande de l’ancien président français François Mitterrand, fut l’organisateur en 1990 à Paris de la cérémonie d’accueil en France de Nelson Mandela, a estimé qu'”en cette période où la politique est souvent déconsidérée Nelson Mandela offre aux nouvelles générations une grande leçon de vie”. “Il montre que la politique peut être frappée du sceau du courage, de la conviction et surtout de la fidélité à son idéal”, a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Pierre Laurent, du PCF, rend hommage au “symbole de la lutte pour l’émancipation humaine” rappelant qu’il “restera à jamais (…) une de ces figures universelles qui marquent l’histoire. (…) Toute la destinée d’un peuple s’est incarnée en lui. (…) La lutte contre l’apartheid, jusqu’au boycott, et pour la libération de Nelson Mandela a profondément marqué l’histoire du Parti communiste français. (…) Aujourd’hui, le deuil des Sud-Africains est celui de l’humanité tout entière.”

“Un unificateur”

Quant à Bertrand Delanoë, il loue le “fer de lance de la lutte contre l’apartheid”, expliquant que “Nelson Mandela a été le principal artisan de la prise de conscience internationale en faveur de la justice en Afrique du Sud. Les quatre longues décennies qu’il a consacrées à cette lutte terrible montrent à tous les peuples ce que peuvent le courage, la dignité et l’abnégation face à l’oppression.” Le maire de la ville de Paris ajoute que Nelson Mandela “a offert à l’humanité le témoignage extraordinaire d’un homme victime de l’injustice qui refuse la vengeance et voue le reste de son existence à promouvoir la concorde et la paix. (…) Nelson Mandela symbolise une humanité capable de lutter et de souffrir pour ce qui est juste, mais également de pardonner pour se donner la chance du bonheur.”

L’autre héros de la lutte anti-apartheid et Prix Nobel de la paix, l’archevêque Desmond Tutu, a déclaré qu'”au cours de 24 années (depuis sa libération, NDLR) Madiba nous a appris comment vivre ensemble et à croire en nous-mêmes et en chacun. Il a été un unificateur à partir du moment où il est sorti de prison” en février 1990.

Posted by on Dec 6 2013. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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