Afrique australe: la VBG alimente le VIH



Par Katherine Robinson

La campagne des 16 jours d’activisme qui se tient entre le 25 novembre et le 10 décembre est aussi 16 jours de bouleversements émotionnels. Je corrige actuellement des « I-Stories », qui sont des témoignages de première main de femmes battues par des hommes, violées par eux, dont les enfants ont été abusés et dont la vie a été brisée. Au-delà de la souffrance, ces témoignages expriment un profond ressentiment car l’abus qu’elles ont subi les a aussi rendues séropositives. Si nous voulons tout au moins réduire de moitié la violence basée sur le genre (VBG), nous pouvons sûrement contribuer à ne plus avoir d’infections au VIH, ni de morts liées au virus car cette pandémie est alimentée par la VBG.

L’Afrique australe demeure l’épicentre de la pandémie mondiale. Les neuf pays aux taux de prévalence les plus élevés du VIH parmi la population adulte sont dans les pays de la SADC : Swaziland (26%) Botswana (23%), Lesotho (23%), Afrique du Sud (17%), Zimbabwe (15%), Namibie (13%), Zambie (13%), Mozambique (11%) et Malawi (10%).

En dépit de ces forts taux de prévalence dans la région, les pays de la SADC ont obtenu des bénéfices massifs dans l’allègement et le traitement de la pandémie. Les décès liés au VIH ont diminué par 32% depuis 2001 en raison de l’expansion du traitement antirétroviral. Dans sept des 15 pays – Botswana, Namibie, Afrique du Sud, Zambie, Maurice et le Swaziland – la couverture antirétrovirale destinée à empêcher la transmission de la mère à l’enfant est aussi élevée que 80%.

Des progrès ont aussi été réalisés dans la réduction des décès liés à la tuberculose chez les séropositifs. Entre 2004 et 2011, les décès liés à la tuberculose chez cette population ont chuté de 28% en Afrique subsaharienne. Ces derniers 24 mois, cette baisse était de 13%. Le Zimbabwe a adopté une politique progressive par rapport au travail des pourvoyeurs de soins aux séropositifs. Plusieurs autres pays incluant le Mozambique, la Zambie et le Malawi travaillent actuellement sur une politique pour les pourvoyeurs de soins.

Cependant, de larges fossés existent. Dans six des 15 pays de la SADC, moins de 50% de la population vivant avec le VIH reçoit un traitement antirétroviral. Dans neuf des 15 pays, moins de 50% des 15 à 24 ans ont une connaissance étendue du VIH/Sida. La VBG demeure un des moteurs majeurs du VIH/SIDA en Afrique australe et c’est là que se trouve une des plus importantes lacunes lorsqu’il faut s’attaquer au VIH.

Le rapport réactualisé de l’UNAIDS datant de 2009 indique que les femmes qui ont connu la violence courent trois fois plus de risques d’être infectées au VIH que celles qui ne l’ont pas subie. Les statistiques nationales africaines compilées par les Nations Unies montrent que les jeunes africaines ont plus de risques de subir la violence physique ou sexuelle dans leurs relations intimes en général. Les femmes qui ont peur de la violence sont moins capables de se protéger contre l’infection. Elles n’ont pas le pouvoir de négocier le port du préservatif ou de refuser d’avoir un rapport sexuel. Elles vont rarement se faire dépister et encore moins se faire soigner une fois qu’elles se savent séropositives.

Le Baromètre régional 2013 pour les pays de la SADC indique que 35% des femmes qui ont été violées dans la province de Gauteng, 44% au Botswana et 67% à Maurice présentaient des infections sexuellement transmissibles. Et que 26% des femmes au Botswana et 11% des femmes dans la province de Gauteng qui ont été abusés par leur partenaire intime ont aussi été trouvées séropositives. Et 15% des femmes du Botswana et 5% dans la province de Gauteng qui ont porté plainte pour viol, ont été testées séropositives.

La fourniture du traitement prophylactique connu comme Post Exposure Prophylaxis à l’issue d’une agression sexuelle s’est améliorée durant ces dernières années, d’un seul pays, à savoir l’Afrique du Sud le donnant automatiquement entre 2009 et 2012 à un total de six pays qui font de même en 2013. La nécessité de donner ce traitement aux femmes sexuellement abusées doit faire partie des campagnes de lobbying et des plaidoyers dans les neuf autres pays de la SADC.

Autant la région a progressé en direction d’une réduction des taux d’infections, contribuant ainsi à améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH et atténuant les risques pour les femmes violées ou agressées sexuellement d’être séropositives, la pandémie de la VBG sape ces progrès. Les campagnes de prévention contre le VIH, les politiques nationales et les plans d’action doivent s’aligner fondamentalement sur les initiatives anti-VBG. Pour se retrouver avec zéro infection, il faut mettre un terme à la VBG !

Source: Gender Links

Posted by on Dec 10 2013. Filed under Featured, Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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