Fondeco au Congo bientôt fonctionnelle grace au groupe mauricien Samlo



Il n’y en a plus pour longtemps. Début 2014, l’ex-Ferco (Fers Congolais), devenue Fondeco (Fonderie du Congo) devrait lancer ses activités à Dolisie, le chef-lieu du département du Niari, après plus de vingt-cinq ans d’inactivité. À nouveau nom, nouveaux partenaires. Ainsi le capital social de l’entreprise est désormais réparti entre le groupe mauricien Samlo, spécialisé dans le fer à béton depuis 25 ans, qui en détient 70 % et l’État congolais (30 %).

C’est suite à la visite du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, à l’Ile Maurice en juillet 2011, qu’à l’initiative d’Alain Ndalla, directeur général de Megatel Systems, des négociations ont été engagées avec Mahendra Goowressoo, le président directeur général de Samlo, pour la reprise de Ferco, un projet initié en 1983, qui associait alors l’État congolais (80 %) et l’entreprise espagnole Bascotecnia (20 %). Preuve de l’intérêt porté à la relance du projet, quatre mois plus tard, un protocole d’accord était signé entre Samlo et le gouvernement congolais et un arrêté pris le 9 novembre 2011 pour interdire l’exportation de la ferraille (déchets de fer et d’acier ainsi que morceaux de fer) sur toute l’étendue du Congo. Enfin, le 16 novembre 2012, un nouvel arrêté déclarait « d’utilité publique l’acquisition foncière et les travaux de montage d’une fonderie couplée à un laminoir pour produire des barres de fer et autres produits dérivés pour la société Fondeco ».

Il était temps. « Depuis 1986, l’usine n’a jamais fonctionné et sa construction n’a jamais été achevée. Tout est resté en plan. Pendant les conflits de 1997, le site a servi de refuge à des gens de la région », se souvient un habitant de Dolisie. Pour preuve, quelques machines acquises par Ferco sont encore dans leurs emballages d’origine, des caisses en bois, légèrement rongées par l’humidité et les termites. Pourtant le site est idéalement situé. Logé à une quinzaine de kilomètres de Dolisie, sur le tracé du Chemin de fer Congo Océan (CFCO) et de la ligne électrique THT Moukoukoulou – Pointe-Noire, Ferco disposait donc à sa création d’un moyen de transport pour acheminer son matériel et évacuer ses produits et de l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la fonderie.

Des atouts qui existent toujours. Reste qu’il faut tout reprendre à zéro aujourd’hui. « Certaines machines sont rouillées et d’autres ont été, en partie, dépecées. Pour faire fonctionner l’usine, nous avons dû commander du nouveau matériel en Inde », informe Kodi Ramsamy, un ingénieur mauricien. Ainsi quelque 35 milliards de F CFA sont investis pour équiper, moderniser et agrandir l’usine. « Nous allons doubler sa surface et y installer deux fonderies, d’une capacité de 2 millions de tonnes. Plus tard, on pourrait implanter une usine d’aluminium », informe Kodi. À régler également, l’alimentation du site en eau, qui sera assurée par des puits et des forages. Et surtout la fourniture d’énergie. Le barrage hydroélectrique de Moukoukoulou fournit 7 MW à Dolisie et 12 MW à la nouvelle cimenterie chinoise. Or la fonderie aura besoin de 15 MW. « Il faut renouveler les équipements de sécurisation de la ligne THT Brazzaville-Pointe Noire. Quand il y a un délestage à Pointe Noire, il ne faut pas que cela se répercute sur l’usine », insiste l’ingénieur.

Dans un premier temps, Fondeco table sur une production de 200 à 400 tonnes/jour de fer à béton, qui servira à fabriquer des profilés de 6 à 32 mm de diamètre et de 5 m de long.
D’où viendra la matière première ? De la ferraille ramassée dans tout le pays. « Nous allons nettoyer le Congo avec nos propres camions et en achetant de la ferraille aux Congolais. Il faut 20 tonnes de fer pour fabriquer 10 tonnes de produits finis », indique Kodi.

ACCUEIL

Congo/Dolisie : Fondeco bientôt fonctionnelle ?

mardi 24 décembre 2013 Muriel Devey Malu-Malu(AEM), Dolisie, Congo

JPEG – 100.3 ko
Vue extérieure de l’usine de Fondeco en cours de réhabilitation et d’extension| Photo :@ MDMM(AEM)

Il n’y en a plus pour longtemps. Début 2014, l’ex-Ferco (Fers Congolais), devenue Fondeco (Fonderie du Congo) devrait lancer ses activités à Dolisie, le chef-lieu du département du Niari, après plus de vingt-cinq ans d’inactivité. À nouveau nom, nouveaux partenaires. Ainsi le capital social de l’entreprise est désormais réparti entre le groupe mauricien Samlo, spécialisé dans le fer à béton depuis 25 ans, qui en détient 70 % et l’État congolais (30 %).

C’est suite à la visite du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, à l’Ile Maurice en juillet 2011, qu’à l’initiative d’Alain Ndalla, directeur général de Megatel Systems, des négociations ont été engagées avec Mahendra Goowressoo, le président directeur général de Samlo, pour la reprise de Ferco, un projet initié en 1983, qui associait alors l’État congolais (80 %) et l’entreprise espagnole Bascotecnia (20 %). Preuve de l’intérêt porté à la relance du projet, quatre mois plus tard, un protocole d’accord était signé entre Samlo et le gouvernement congolais et un arrêté pris le 9 novembre 2011 pour interdire l’exportation de la ferraille (déchets de fer et d’acier ainsi que morceaux de fer) sur toute l’étendue du Congo. Enfin, le 16 novembre 2012, un nouvel arrêté déclarait « d’utilité publique l’acquisition foncière et les travaux de montage d’une fonderie couplée à un laminoir pour produire des barres de fer et autres produits dérivés pour la société Fondeco ».

Il était temps. « Depuis 1986, l’usine n’a jamais fonctionné et sa construction n’a jamais été achevée. Tout est resté en plan. Pendant les conflits de 1997, le site a servi de refuge à des gens de la région », se souvient un habitant de Dolisie. Pour preuve, quelques machines acquises par Ferco sont encore dans leurs emballages d’origine, des caisses en bois, légèrement rongées par l’humidité et les termites. Pourtant le site est idéalement situé. Logé à une quinzaine de kilomètres de Dolisie, sur le tracé du Chemin de fer Congo Océan (CFCO) et de la ligne électrique THT Moukoukoulou – Pointe-Noire, Ferco disposait donc à sa création d’un moyen de transport pour acheminer son matériel et évacuer ses produits et de l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la fonderie.

Des atouts qui existent toujours. Reste qu’il faut tout reprendre à zéro aujourd’hui. « Certaines machines sont rouillées et d’autres ont été, en partie, dépecées. Pour faire fonctionner l’usine, nous avons dû commander du nouveau matériel en Inde », informe Kodi Ramsamy, un ingénieur mauricien. Ainsi quelque 35 milliards de F CFA sont investis pour équiper, moderniser et agrandir l’usine. « Nous allons doubler sa surface et y installer deux fonderies, d’une capacité de 2 millions de tonnes. Plus tard, on pourrait implanter une usine d’aluminium », informe Kodi. À régler également, l’alimentation du site en eau, qui sera assurée par des puits et des forages. Et surtout la fourniture d’énergie. Le barrage hydroélectrique de Moukoukoulou fournit 7 MW à Dolisie et 12 MW à la nouvelle cimenterie chinoise. Or la fonderie aura besoin de 15 MW. « Il faut renouveler les équipements de sécurisation de la ligne THT Brazzaville-Pointe Noire. Quand il y a un délestage à Pointe Noire, il ne faut pas que cela se répercute sur l’usine », insiste l’ingénieur.

Dans un premier temps, Fondeco table sur une production de 200 à 400 tonnes/jour de fer à béton, qui servira à fabriquer des profilés de 6 à 32 mm de diamètre et de 5 m de long.
D’où viendra la matière première ? De la ferraille ramassée dans tout le pays. « Nous allons nettoyer le Congo avec nos propres camions et en achetant de la ferraille aux Congolais. Il faut 20 tonnes de fer pour fabriquer 10 tonnes de produits finis », indique Kodi.

JPEG – 84.2 ko
Fonderie, une vue des matériels de l’ex-Ferco, qui n’ont jamais été déballés| Photo :@ MDMM(AEM).

À terme, Fondeco vise une production de 2 Mt de fer à béton par an. Outre la ferraille, la matière première viendra alors des gisements de fer de Mayoko et de Zanaga où des projets sont en phase de développement avancée. -L’acheminement des minerais et l’écoulement des produits finis se feront via le chemin de fer et la route. La construction d’un port sec à Dolisie permettra, par ailleurs, de stocker la matière première avant de l’apporter à l’usine. Quand la production montera en puissance, il est prévu de construire un embranchement du CFCO entre Mayoko et Fondeco.

Pas de problèmes pour trouver des marchés, le secteur du bâtiment étant en plein essor au Congo. Pour éviter toute spéculation, le circuit de distribution a été rondement étudié. « Fondeco a opté pour une approche intégrée. Il y aura une centrale d’achat, des grossistes agréés avec des dépôts et des prix homologués. Tout le système sera informatisé. Ceux qui apporteront la ferraille, repartiront à l’intérieur du pays avec les produits finis », explique Ndalla.

À Dolisie, où le chômage sévit, l’espoir renaît. À la clé, en effet, quelque 2000 emplois seront créés dont un millier dans une première phase. Et de la formation assurée. « Nous ferons venir temporairement une centaine d’ouvriers qualifiés mauriciens et une vingtaine d’ingénieurs indiens pour former le personnel local au maniement des machines et aux métiers de la métallurgie. Les expatriés feront également fonctionner l’usine en attendant que les personnels congolais soient totalement opérationnels. Une fois ces derniers formés, nous ne garderons que quelque hauts cadres et ingénieurs étrangers », informe Kodi. Du coup, une base-vie comprenant des petites maisons, une clinique, des bureaux, des aires de jeux pour les enfants, des espaces maraîchers et trois cantines, est en cours de finalisation sur le site de Fondeco.

Fondeco viendra renforcer l’équipement industriel de la troisième ville du Congo, où, fin novembre dernier, une cimenterie – un investissement de 34 milliards de FCFA de la société chinoise Forspak – a démarré ses activités. À une soixantaine de kilomètres plus au nord, sur la route menant au Gabon, des Sud-Africains, installés à Malolo, cultivent du maïs dans la concession de 80 000 hectares qu’ils ont obtenue. D’autres investissements tant industriels qu’agricoles sont annoncés dans la zone. De quoi donner un nouvel élan à la cité, dont les échanges avec Pointe-Noire ont été dopés grâce à l’ouverture de la route nationale 1. Autant dire que le chef-lieu du Niari attend maintenant avec impatience l’achèvement du tronçon routier qui le connectera à Brazzaville, la capitale.
|Muriel Devey Malu-Malu(AEM), Dolisie, Congo

Posted by on Dec 30 2013. Filed under Actualités, Economie, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply


Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.