La vigile Marylin Paris trouve que certains hommes sont encore machos



Par Radha Rengasamy-Jean-Louis
Marilyn Paris

Domaine auparavant réservé aux hommes, la sécurité s’ouvre de plus en plus aux femmes. Cependant, même lorsque l’on est une femme vigile, on ne se fait pas facilement respecter. Marylin Paris, qui exerce ce métier depuis 12 ans, partage son expérience.

Avoir un emploi qui paie bien, tout en lui permettant de ne pas négliger son fils. C’est ce que cherchait Marylin Paris, 52 ans, lorsqu’elle s’est frayée un chemin menant à cet univers éminemment masculin. Cela fait 12 ans qu’elle exerce le métier de femme vigile. Elle raconte qu’elle est difficilement parvenue à se faire accepter par ses collègues hommes. «Je travaillais pour une compagnie de gardiennage et certains vigiles hommes étaient persuadés que ce métier leur était réservé exclusivement. Par conséquent, ils n’arrêtaient pas de me critiquer et de me passer des remarques désobligeantes », se souvient-elle.

Mais Marylin Paris a un caractère bien trempé et ne se laisse pas pour autant décourager. En effet, grâce au soutien indéfectible de son époux, elle poursuit sa route. Et quand elle trouve un poste mieux rémunéré ailleurs, elle démissionne pour se joindre à une autre compagnie de sécurité où elle est d’ailleurs toujours employée. Contrairement aux expériences du passé, dans cette nouvelle boîte, elle est bien accueillie par ses collègues masculins.

La quinquagénaire est actuellement en poste dans un grand bâtiment commercial à Port Louis. Etre vigile n’est pas un métier facile que ce soit pour un homme que pour une femme. Pour arriver à l’heure au travail, Marilyn Paris se lève tous les jours à 4h30. « Je dois dire que j’ai de la chance car mon mari me donne un sacré coup de main avec les tâches ménagères. Ce qui permet de quitter la maison à 5h30 pour prendre mon poste à 6h30. Je ne retrouve la maison qu’à 17h30 », précise-t-elle.

Contrairement aux autres mères de famille, Marylyn Paris n’est pas toujours présente durant les moments de fête, y compris lors des fêtes de fin d’année. Et ceci, en raison de ses obligations professionnelles. « Autrefois, je faisais tout pour rester à l’abri des regards lorsque je travaillais les jours de fête car je ne voulais pas être traitée de mère indigne. Notre société patriarcale nous façonne de telle sorte que nous éprouvons un sentiment de culpabilité lorsque nous ne sommes pas à la maison avec nos proches alors qu’un père de famille ne court jamais le risque d’entendre ce genre de remarques », soutient-elle.

Si Marylyn Paris a pu se faire accepter par les hommes qui exercent le même métier qu’elle, d’autres hommes hors cadre du travail, ne digèrent toujours pas qu’une femme travaille comme vigile. Elle a parfois du mal à se faire respecter et son autorité est défiée. « Certains hommes sont malheureusement toujours machos. Leur orgueil prend un sale coup lorsque je fais preuve d’autorité à leur égard. J’ai une fois été copieusement insultée par un cadre d’une entreprise parce que je lui ai refusé l’accès au parking. Il a refusé de comprendre que je ne faisais qu’exécuter les ordres reçus. Cet incident m’a beaucoup marquée. En effet, j’ai eu du mal à m’en remettre mais depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts», raconte-t-elle.

Marylyn Paris se réjouit d’avoir pu, au fil du temps, forger sa personnalité pour mieux exercer ce métier. « J’ai appris à développer une cuirasse pour mieux me faire accepter et respecter, particulièrement des hommes. Ce qui m’a valu le sobriquet de Madame Thatcher. C’est à peine si je souris lorsque je suis à mon poste. Je suis obligée d’afficher cette mine austère pour me faire respecter comme femme vigile. Autrement, c’est aller au-devant des ennuis !», dit-elle.

Malgré ces mauvaises expériences, la quinquagénaire ne veut pour rien au monde abandonner ce métier de vigile qu’elle exerce avec passion. « J’encourage d’autres femmes à briser les stéréotypes et à me rejoindre car c’est un métier comme un autre et qui peut être exercé aussi bien par les hommes que les femmes ». Foi de Marilyn Paris…

Radha Rengasamy-Jean Louis est journaliste à Maurice. Cet article du service d’information de Gender Links, apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne.

Posted by on Jan 11 2014. Filed under Société. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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