Afrique australe: 365 jours de St Valentin pour tous types d’orientation sexuelle



Selon la croyance populaire, St Valentin était un prêtre chrétien vivant à Rome et qui arborait une bague en forme de Cupidon et distribuait des cœurs en papier en guise de rappel de l’amour de Dieu.

L’empereur Claudius II l’a fait emprisonner parce qu’il aidait les Chrétiens persécutés et qu’il mariait les amoureux en secret. L’empereur empêchait ses soldats de se marier car il pensait que le mariage freinerait la croissance et la puissance de son armée. Un 14 février, après que Valentin ait refusé de se convertir au paganisme romain, l’empereur le fit décapiter. La veille de son exécution, il laissa une lettre adressée à la fille de son geôlier qu’il terminait en signant «De ton Valentin».

Au 21e siècle, il y a autant d’histoires de ce type où des tas de personnes sont persécutées en raison de leur choix amoureux. Ces histoires là sont loin d’être un mythe. Plusieurs personnes n’ont pas le droit de montrer leur amour et encore moins de célébrer la St Valentin. Des gens sont emprisonnés et souvent assassinés s’ils le font. Ceux qui tentent de montrer à la société que l’amour est égalitaire et pour tous sont aussi pénalisés. Lorsque les gens ne se conforment pas ou ne se convertissent pas à ce que la société définit comme «amour», celle-ci les taxe des marginaux, d’indignes d’accès aux droits égaux.

C’est le cas des Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenre (LGBT) qui vivent dans différentes parties du monde. Des persécutions violentes et des crimes haineux contre eux sont particulièrement visibles en Russie, en Ouganda, au Nigéria et même en Inde désormais où l’homophobie parrainée par l’Etat alimentent des crimes contre ces personnes et toute autre personne qui soutient l’égalité du genre et les droits humains.

C’est également le cas mais en moins explicitement violent dans la plupart des pays de l’Afrique australe où ce type d’amour est pénalisé. Par exemple, en Zambie, aimer une personne du même sexe peut valoir une peine d’emprisonnement de 14 ans. Les législateurs zimbabwéens ont inséré une clause dans la Constitution qui pénalise le mariage entre même sexe et cette clause a pris effet en 2013.

Dans les pays de l’Afrique australe, l’amour homosexuel peut valoir une peine d’emprisonnement allant d’un mois à 10 ans. Les personnes LGBT de la région sont également sujets à des humiliations constantes, à du harcèlement et à des actes violents et elles ont un accès limité aux soins médicaux, à l’emploi et aux droits basiques.

Cependant, même en Afrique du Sud où la Constitution interdit la discrimination et protège les homosexuels, les préjudices et les crimes haineux persistent. C’est pareil en République démocratique du Congo, à Madagascar et au Mozambique où l’Etat ne pénalise pas l’amour homosexuel mais où il est encore tabou et à couvert. Cependant, en raison de la récente vague de législations anti-gay votées à travers le monde, même le Mozambique et la RDC ont proposé des projets de loi interdisant l’amour homosexuel.

Ces interdits bloquent non seulement les flèches de Cupidon mais le « mois de l’amour » demeure une célébration très exclusive. Les médias et les vendeurs au détail jouent un rôle majeur dans la perpétuation de cette exclusion et de cette invisibilité.

Des gens envoient des milliards de cartes pour la St Valentin chaque année, faisant de cette célébration la deuxième plus importante pour l’envoi des cartes de souhaits après la Fête de Noël. Mais quand avez-vous vu une carte de souhaits qui ne véhiculait pas l’hétérosexualité et des stéréotypes du genre ? Toutes les publicités à propos de la St Valentin montrent un homme et une femme où invariablement l’homme couvre la femme d’affection et de cadeaux.

Et pourtant, les médias sont un puissant vecteur de changement. Au lieu de favoriser des représentations justes et réalistes de l’amour, tout en remettant en cause la discrimination basée sur le genre, les médias les perpétuent. J’attends encore de voir une publicité montrant un couple d’homosexuels(les). Mais bien entendu, les publicitaires et les vendeurs au détail, même ceux d’Afrique du Sud, évitent toute controverse pouvant mettre en danger leurs profits.

La St Valentin est l’occasion parfaite pour promouvoir l’amour, le respect et l’égalité du genre. Dans le cadre de la One Billion Rising campaign, nous avons vu des gens descendre dans la rue pour protester contre la violence basée sur le genre. C’est une belle façon d’utiliser la St Valentin pour promouvoir la justice et l’égalité aussi longtemps que les supporteurs reconnaissent que l’homophobie et la phobie contre les transsexuels alimentent la violence basée sur le genre.

Tout un chacun devrait pouvoir célébrer qui il est et qui il aime, sans peur et sans crainte de subir la discrimination, pas seulement le jour de la St Valentin mais chaque jour de son existence. C’est à nous de veiller à ce que cela soit possible et de nous assurer que les médias, le secteur privé et les gouvernements ne définissent pas l’amour et ne perpétuent pas la haine. Donc, laissons Cupidon tranquille. Luttons pour démolir les interdits de l’amour et laissons partir librement toutes ses flèches.

Bruce Montiea est un auteur freelance à Johannesburg en Afrique du Sud. Cet article fait partie du service d’information de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne. Suivez Gender Links sur Facebook, Twitter et lisez la prise de position de GL sur les LGBT.

Posted by on Feb 16 2014. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply


Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17


Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.