CSW58 : Impliquer les hommes est bénéfique à la famille et à la communauté



New York, 12 mars : La présentation de MenCare+, programme de trois ans destiné à impliquer les hommes de 15 à 35 ans en tant que partenaires de santé maternelle et infantile et en droits sexuels et reproductifs et appliqué au Brésil, en Indonésie, au Rwanda et en Afrique du Sud, a fait salle comble hier matin lors d’une session parallèle de la 58e conférence de la Commission sur la condition de la femme des Nations Unies. Les indications par rapport à ce programme, fruit d’une collaboration entre Rutgers WPF et Promundo-US, vont dans le sens de bénéfices réels pour la famille et la communauté dans son ensemble.

Tous les intervenants venant dans certains cas aussi bien de gouvernements que de la société civile des pays où ce programme est appliqué, ont replacé ce programme MenCare+ dans son contexte initial, chacun expliquant à son niveau pourquoi il soutenait ledit programme. Ainsi, Lilian Ploumen, ministre de la Coopération et du Commerce des Pays Bas, qui soutient MenCare+, a raconté qu’il y a 50 ans, alors qu’elle n’était qu’un bébé, son père l’a emmenée se promener car il a choisi d’être un père aimant et présent pour ses enfants. Et malgré tous les quolibets qu’il a essuyés de ses proches et amis, il a continué à donner son temps, son affection et son attention à ses enfants car il voulait faire partie de leur vie.

C’est pour cette raison que Lilian Ploumen fait aujourd’hui des plaidoyers en faveur de la participation des hommes dans la vie familiale et qu’elle est convaincue de l’importance du programme MenCare+. Selon elle, il n’y a pas que les femmes, les hommes, le gouvernement et la société civile qui doivent travailler ensemble. Le secteur privé doit aussi apporter sa contribution en encourageant les hommes et les femmes à maintenir un équilibre entre leurs vies professionnelle et personnelle.

Rachel Ploem, principale conseillère technique pour les programmes internationaux à la Rutgers WPF, a expliqué que sa longue expérience avec les survivantes de violence lui a fait réaliser que ce que ces femmes veulent en réalité, ce n’est pas tant quitter leur conjoint comme le fait que cette violence qu’elles subissent stoppe. C’est à partir de ce moment-là que Rachel Ploem a réalisé qu’il fallait soutenir les hommes et les encourager à changer de mentalités. Un changement qui n’est pas intervenu du jour au lendemain car la réalité de la violence est complexe. « Il a fallu entrevoir les hommes comme des êtres humains jouant des rôles socialement construits malgré eux et qui ne faisaient parfois que reproduire le schéma familial. Il est clair aujourd’hui qu’en envisageant les hommes comme faisant partie de la solution en matière de santé et de non violence, ils rendent leur entourage plus heureux».

Gary Barker, fondateur de l’organisation non-gouvernementale Promundo dont le quartier général est basé au Brésil, a expliqué que toutes les discussions autour de l’égalité du genre dans ce pays ont émergé lorsqu’il a été réalisé que les soins aux enfants et les travaux domestiques reposaient presque essentiellement sur les épaules des femmes. « Les statistiques indiquent que les femmes contribuent entre 2 et 10% plus que les hommes dans les soins à domicile et dans les travaux ménagers ».

Ensuite, a-t-il ajouté, il a été prouvé que les hommes qui ont choisi de développer leur relation avec leurs enfants, jouissent d’une meilleure santé mentale et physique, que leurs enfants sont en meilleure santé et réalisent de bonnes performances scolaires et que les femmes soutenues par leur conjoint durant la grossesse sont plus calmes et heureuses. « Les garçons qui voient leur père s’occuper du foyer et de la famille seront enclins à reproduire le même schéma une fois arrivés à l’âge adulte ». De son côté, Eduardo Schwartz Chakora, coordonnateur de la politique nationale de santé des hommes au ministère de la Santé brésilien, a confirmé que lorsque les hommes commencent à investir dans la famille, la violence domestique chute et la santé sexuelle et reproductive se porte mieux.

Dans les quatre pays où le programme MenCare+ a été appliqué, il a rencontré un succès, les pères de famille n’hésitant plus à être présents pour leurs femmes et leurs enfants. L’Indonésie pense sérieusement à l’appliquer, a expliqué Bambang Sulistomo, employé spécial auprès du ministère de la Santé indonésien. Il pense que le gouvernement appuiera ce projet mais que pour la réussite de son application, il faudra absolument impliquer les religieux et les leaders des communautés.

Shamsi Kazimbaya, coordonnatrice de Mencare+ au Rwanda, a affirmé que le gouvernement rwandais soutient pleinement l’autonomisation des femmes et il l’a prouvé car le nombre de femmes au Parlement et dans d’autres instances de décision est très élevé, soit plus de 60%. Le défi pour ce pays, a-t-elle dit, est d’arriver à impliquer les hommes dans ce programme qui est pourtant conforme aux politiques et programmes du gouvernement.

Marie-Annick Savripène est la rédactrice du service francophone de Gender Links (GL). Cet article fait partie de la couverture médiatique spéciale de la 58e conférence de la Commission sur la condition de la femme des Nations Unies, assurée par le service d’information de GL, qui apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne.

Posted by on Mar 12 2014. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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