CSW58: Combler l’écart dans l’égalité du genre avec le Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement



New York, 18 mars: Etablir des objectifs pour l’égalité du genre demeure crucial tandis que le monde se tourne vers l’agenda post 2015. Les liens entre les objectifs définis aux niveaux local, régional et mondial doivent être renforcés à travers des engagements gouvernementaux, le suivi des progrès et le développement d’une série d’indicateurs globaux pour atteindre l’égalité du genre.

Lors d’une session parallèle qui s’est tenue le mercredi 12 mars, session organisée par le gouvernement du Malawi qui préside actuellement la Communauté de Développement de l’Afrique australe (SADC), la SADC Gender Protocol Alliance et Gender Links, il a été noté que l’application un instrument sous régional centralisé est un élément essentiel dans la région pour faire avancer l’égalité du genre. Les défis au Protocole demeurent mais à travers un suivi solide par le biais de compilation de Baromètres sur le Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement pour chaque Etat membre, la région a pu soupeser ses gains et ses reculs au fil des ans.

S’adressant aux participants, Mary Clara Makungwa, ministre du Genre, de l’Enfance et du Bien-être social du Malawi, qui préside l’organe regroupant les ministres du Genre de la SADC, a souligné que la force d’application du protocole a été la collaboration entre gouvernements et sociétés civiles et aussi l’assurance que l’instrument sous régional est utilisé comme un outil comptable. La ministre a réitéré le besoin d’accélérer les efforts pour atteindre l’égalité du genre après 2015 à travers l’inclusion des femmes rurales, l’accès à la technologie de l’information et de la communication et les droits sexuels et reproductifs pour assurer une approche globale de domestication du Protocole. Elle estime que le Protocole peut être renforcé après l’échéance de 2015 à travers l’inclusion d’indices du genre en opposition aux objectifs comme moyen pour suivre les progrès.

Colleen Lowe Morna, directrice exécutive de Gender Links, a fait remarquer comment le solide Protocole était le reflet d’instruments internationaux tels que la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et s’articule autour de 28 dispositions et dix domaines thématiques sur le genre. Ce sous instrument régional possède des objectifs uniques sur le genre portant sur les droits constitutionnels et légaux, une approche globale à tous les niveaux éducatifs, y compris la violence envers les filles à l’école, des objectifs spécifiques du genre sur le VIH/SIDA, de même que la santé des femmes. Le Protocole fournit des objectifs pour leur application afin de permettre un système de monitorage précis pour la région, de même que le partage des bonnes pratiques. Les participants ont été exposés aux données empiriques et aux outils de monitorage des citoyens par rapport au Protocole et qui figurent annuellement dans les Baromètres de chaque pays.

A l’échéance de 2015, le Protocole nécessite un renforcement des objectifs spécifiques autour du genre et des médias incluant l’utilisation de technologies de l’information et de la communication, des dispositions explicites sur le genre, le changement climatique et le développement durable, de même que le renforcement du discours des droits humains. L’après 2015 fournit l’occasion de remplir des lacunes dans le Protocole actuel à travers un processus de révision alors que le Protocole peut influer sur l’agenda post 2015 à travers un cadre de monitorage, des objectifs globaux incluant les médias et leur application.

Virginia Muwanigwa, présidente de la Coalition des femmes du Zimbabwe a raconté comme le mouvement des femmes a utilisé le Protocole pour faire avancer la parité dans la représentation politique à travers des dispositions constitutionnelles. La campagne sur la constitution a été un tremplin pour un mouvement de femmes plus organisé et plus fort au Zimbabwe et a renforcé les partenariats. Cette bonne pratique du Protocole a évoqué les médias comme objectif et agent mobilisateur de masse et d’un compte-rendu clair sur ce que les femmes représentent. Les médias au Zimbabwe ont fait équipe avec le mouvement des femmes pour assurer un renforcement des capacités sur la Constitution et le mouvement de la constitution à la constitutionnalisation pour accélérer les efforts vers l’égalité du genre.

Le Malawi a fait des progrès en égalité du genre à travers le Protocole et l’engagement politique de la présidente Joyce Banda de renforcer les capacités et d’autonomiser les femmes et les filles. Emma Kaliya, présidente de l’organisation non-gouvernementale GCN et de FEMNET, a souligné comment l’engagement financier vis-à-vis des dispositions a été crucial dans l’autonomisation des femmes, de même que dans la campagne 50/50 qui fait la promotion d’un plus grand leadership féminin. Ce pays a institutionnalisé l’égalité du genre à travers le maintien des données sexo-spécifiques et des programmes particuliers ciblant les femmes. Alors que le Malawi se dirige vers des élections en mai 2014, le mouvement des femmes a réussi à mobiliser un grand nombre de candidates. Ainsi, 257 femmes se présenteront aux élections générales et 400 aux élections des collectivités locales.
De l’autre côté, la Zambie a aussi enregistré une mobilisation massive des mouvements féminins à travers le processus de constitution et de demandes des femmes sur la nécessité d’une nouvelle constitution.

Soulignant le rôle des circonscriptions sensibles au genre et la mise en conformité de la législature aux lois coutumières, Matrine Chulu, coordonnatrice régionale de la Women in Law Southern Africa, a expliqué comment le mouvement du genre en Zambie a œuvré pour incorporer et étendre la charte des droits au sein de la Constitution. Avec des élections générales prévues en 2016, un plus grand nombre de femmes participent à la politique à travers le renforcement des capacités. Le mouvement des femmes de Zambie a noté que la domestication du Protocole n’est pas conforme à l’application et aux questions telles que le mariage précoce forcé et que l’abolition de lois coutumières nécessite une mobilisation de masse.

La composante gouvernance du Protocole dépend du système électoral de chaque Etat membre mais la société civile dispose d’une plateforme pour mobiliser les femmes avant les élections. Les participants ont aussi évoqué la nécessité de renforcer le Protocole à travers des dispositions spécifiques pour les femmes ayant un handicap, d’incorporer des principes sur la marginalisation et les soins aux personnes vivant avec le VIH. Des données sexo-spécifiques et l’institutionnalisation du Protocole demeurent critiques pour le monitorage.

La SADC Gender Protocole Alliance a expliqué comment elle effectuait le suivi de l’application à travers l’organisation de sommets au cours desquels des cas d’études sur le Protocole de la SADC@l’œuvre sont présentés annuellement. Alors que le monde se concentre sur l’agenda post 2015, les parties concernées devraient être prudentes par rapport aux nouvelles dispositions sur le cadre des Objectifs de Développement Durable à travers l’application d’un discours des droits humains et une mobilisation accrue sur le terrain.

Sifiso Dube est le manager Alliance et Partenariats à Gender Links. Cet article fait partie de la couverture médiatique spéciale de la 58e conférence de la Commission sur la condition de la femme des Nations Unies, assurée par le service d’information de GL, qui apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne.

Posted by on Mar 18 2014. Filed under Monde. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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