Sans investissements, pas de création d’emplois



Lettre ouverte au Premier Ministre, Ministre de la défense, des affaires internes et de communication externe, Dr Hon Navinchandra RAMGOOLAM

• y-a-t-il un complot quelconque entre le ministère des Finances, le MPC et Statistics Mauritius ?
On est tous d’accord sur ce point: sans investissements de la part du secteur privé, il n’y a pas de création de nouveaux emplois dans le pays. Pour cela, il faut surtout que l’économie croit à plus de 6% annuellement. Or, que voyons-nous? La croissance n’atteint pas les 3.5% et le taux de chômage est de 7.5%. Le pays se trouve, donc, dans une situation difficile.

Pour s’en sortir, il faut que le secteur privé investisse dans les secteurs porteurs sur le plan local. L’argent ne manque pas. Les banques commerciales avancent de grosses sommes au secteur privé. Rien qu’à la fin de février dernier, les crédits bancaires au secteur privé avaient atteint les Rs 178 milliards, une hausse de 6% comparée à la même période en 2013. Soit, environ Rs 10 milliards de plus entre février 2013 et février 2014. Ou est passé cet argent?

On rapporte qu’il a été investi ailleurs, à l’étranger. Si nous comprenons bien, le secteur privé emprunte de l’argent à faible taux d’intérêt à Maurice, aidé en cela par le taux directeur du Monetary Policy Committee (MPC) qui se situe à 3,65 points, pour investir à l’étranger. Nous posons, donc, la question suivante: y-a-t-il un complot quelconque entre le ministère des Finances, le MPC et Statistics Mauritius, ce dernier annonçant un taux d’inflation en moyenne annuelle de 4% qui ne reflète pas la réalité dans le pays, pour faciliter une baisse du taux d’intérêt à l’emprunt et permettre ainsi au secteur privé d’emprunter de grosses sommes des banques commerciales?

Les conséquences d’une telle démarche sont énormes pour le pays: le taux d’inflation inexact, le taux d’épargne diminue, les emplois additionnels ne sont pas créés. Ce qui signifie que le secteur privé est en train de s’enrichir sur le dos du petit peuple.

Ce que nous avançons plus haut est aussi constaté par la Chambre de Commerce de Maurice (MCCI) qui, dans son dernier bulletin datant du premier trimestre 2014, fait état du taux d’investissement qui «est à un niveau assez faible.» Elle se dit même être inquiète car, selon elle, cette variable est déterminante pour la performance économique actuelle et future du pays. Selon la Chambre, les entrepreneurs prévoient une baisse de leurs investissements sur les douze prochains mois. D’autres entrepreneurs indiquent qu’ils vont réduire leurs effectifs. Ce qui n’augure pas bon pour le taux du chômage qui devrait augmenter en 2014.

Il y a, donc, une stratégie économique à changer pour créer des emplois dont le pays a bien besoin, surtout qu’il va être appelé aux urnes bientôt. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, doit agir afin de maitriser le taux de chômage et apporter un sentiment de bien-être au sein de chaque famille mauricienne où il y a deux chômeurs-gradués par famille. Pour ce faire, il est important qu’il vérifie s’il n’y a pas une quelconque complicité au niveau de Statistics Mauritius pour manipuler les chiffres en faveur du secteur privé et, ensuite, rappeler à l’ordre son ministre des Finances, Xavier-Luc Duval. Le Premier ministre veut-il suivre les pas du président français François Hollande, qui a perdu les élections municipales. A Maurice, nous avons les yeux rivés sur les prochaines élections législatives où une défaite fera très mal à M. Ramgoolam.

Suttyhudeo Tengur
Président
8 avril 2014

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