Tina Razafinimanana : la promotion des jeunes leaders coule dans ses veines



Par Fanja Razafimahatratra

Tina RazafinimananaTina Razafinimanana est une jeune activiste de 29 ans. Etant tombée très tôt dans la marmite de l’engagement social, elle a rejoint à 10 ans le mouvement Mpanazava eto Madagasikara qui signifie le Mouvement du Scoutisme Féminin où elle a servi pendant plus de 10 ans. S’étant démarquée de ses pairs par son enthousiasme et son dynamisme, elle a été nommée pour représenter les jeunes filles malgaches au second Sommet Panafricain des Jeunes Leaders au Maroc alors qu’elle n’avait que 18 ans. Un an après, elle a été nommée ambassadrice de bonne volonté pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement par le Programme des Nations Unies pour le Développement à New York. Portrait d’une jeune femme qui ne pense qu’à la promotion des jeunes leaders.

« L’activisme a défini mes choix de carrière. J’ai toujours voulu mettre ma passion au service du développement et j’ai eu beaucoup de chance car j’ai toujours travaillé sur des projets de développement centrés sur les jeunes et les femmes”, explique-t-elle. Au cours des huit dernières années, Tina a travaillé pour différentes organisations telles que la HIV AIDS Alliance, l’UNICEF, la World Aids Campaign, la USAID/Santénet2 et depuis 2013, elle est coordonnatrice pour l’équité du genre au sein de Intrahealth International. En parallèle, elle met son expertise dans le domaine du genre au profit de la Fondation Mo Ibrahim et de la Global Integrity en contribuant à la révision des indicateurs du genre pour le Ibrahim Index of African Governance.

Son engagement ne s’est pas arrêté à son domaine professionnel. Elle est allée au-delà en créant « Youth First » en 2011 qui est un modèle d’engagement des jeunes. Cette organisation est née de ses préoccupations quant à l’avenir de sa fille, Fandresena. “Un jour, j’étais assise dans la salle d’attente de la clinique attendant ma consultation prénatale. Nous étions en 2011. J’ai réalisé que les programmes de développement appliqués au pays s’assureront que ma fille naisse dans les meilleures conditions, qu’elle survive jusqu’à son cinquième anniversaire et ait accès à l’école primaire et après quoi? Il n’y aura plus rien pour elle car les programmes de développement ne la concerneront qu’au moment où elle sera en âge de procréer pour éviter qu’elle ne tombe enceinte. Mais aucun programme ne l’équipera pour faire face à toutes les pressions de la société qui l’étoufferont parce qu’elle est une femme. J’ai alors décidé de fonder l’organisation Youth First, avec une mission bien claire : développer des programmes innovants pour former les jeunes, en particulier les jeunes filles, à devenir des acteurs clés du développement », raconte Tina Razafinimanana.

Bien qu’elle en soit l’initiatrice, elle a laissé la direction de l’organisation à des jeunes de moins de 22 ans alors qu’elle se charge de la mobilisation des ressources et la recherche de partenaires. “Un jour, nous sommes allées voir un bailleur potentiel et quand il nous a rencontrés, le responsable était très content de voir que notre organisation donnait l’opportunité à une jeune fille comme moi de venir négocier un financement” dit Lova, la vice-présidente de « Youth First ».

“Tina est une idéaliste et quand on discute avec elle, il faut toujours être prêt à remettre en question les faits et les idées reçues, surtout par rapport aux filles», raconte-t-elle.

« Youth First » applique actuellement le programme de Young Women Leadership, formation de quatre mois destinée aux jeunes filles de 15-24 ans et qui a pour objectif de les aider à transformer les conceptions de genre et à renforcer l’estime de soi et leurs compétences pour qu’elles soient prêtes à remettre en question les attentes de la communauté et de leurs familles. “Quand je me présente à quelqu’un, j’aime dire que je suis une mère, une professionnelle et une militante. Les gens me demandent alors comment je fais pour gérer ma vie professionnelle, ma vie de famille et ma vie de volontaire. Je réponds juste que je ne vois aucune différence entre ces vies et que tout ce que je fais en ce moment, c’est pour m’assurer qu’à l’avenir, ma fille Fandresena n’ait pas de problème d’accès aux soins de santé, qu’elle n’ait pas à se battre pour se faire entendre et qu’elle soit valorisée pour ses compétences et que son sexe ne soit plus une justification pour lui priver de quoi que ce soit”, affirme Tina avec conviction

« Je vois Tina sourire jusqu’aux oreilles quand elle voit les filles tenir des propos qui vont à l’encontre des normes sociales imposées. Je lis sa satisfaction dans ses yeux et je la vois applaudir quand les participantes commencent à se sentir qu’elles peuvent tout faire », précise sa collègue Lova qui espère que Tina sera un modèle pour d’autres jeunes filles malgaches.

Fanja Razafimahatratra est journaliste en freelance à Madagascar. Cet article fait partie du service d’information de Gender Links qui apporte des perspectives nouvelles à l’actualité quotidienne.

Posted by on Sep 15 2014. Filed under Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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