LE CHEVAL DE TROIE – “TIMEO DANAOS ET DONA FERENTES”



“Timeo Danaos et dona ferentes” Je crains les Grecs, même– et surtout – lorsqu’ils nous portent des cadeaux. Tel fut l’avertissement donné aux Troyens par le sage prêtre Laocoon avant de mourir.
La nature du mythe:
“Après avoir vainement assiégé Troie pendant dixans, les Grecs ont l’idée d’une ruse pour prendre la ville: Épéios construit un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache un groupe de soldats menés par Ulysse. Un espion grec, Sinon, réussit à convaincre les Troyens d’accepter l’offrande, malgré les avertissements de Laocoon et de Cassandre. Le cheval est tiré dans l’enceinte de la cité qui fait alors une grande fête. Lorsque les habitants sont pris par la torpeur de l’alcool, la nuit, les Grecs sortent du cheval et ouvrent alors les portes, permettant au reste de l’armée d’entrer et de piller la ville. Tous les hommes sont tués, les femmes et les filles sont emmenées comme esclaves. Les enfants mâles sont tués eux aussi pour éviter une éventuelle vengeance.”
Bérenger Le Politicien

Paul Bérenger vient de célébrer, ensemble avec le MMM, le 45ème anniversaire de sa vie politique. Pendant ces quarante-cinq ans, il a vainement essayé d’envoyer le Parti Travailliste de feu Sir Seewoosagur Ramgoolam dans la poubelle de l’histoire. Bérenger avait même juré sur la tête de son enfant que le Premier Ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, avait donné l’instruction pour mettre le feu dans le bâtiment du journal, Le Mauricien. Finalement, il paraît qu’il va réussir à éliminer les travaillistes pur sang et s’accaparer du contrôle du parti travailliste en se servant d’une même ruse que les Grecs avaient utilisée pour piller la ville de Troie. Aujourd’hui « Cheval de Troie » signifie une subversion introduite de l’extérieur. Une autre signification plausible « introduire un loup dans la bergerie. »

Déjà, Bérenger se comporte comme le commandant en chef du pays et du gouvernement. Car, avant même d’être nommé Premier Ministre avec les pleins pouvoirs ou Président de la République sans pouvoir, c’est lui qui désigne les ministres travaillistes qui doivent partir ; c’est lui qui annonce toutes les actions futures de Navin Ramgoolam. Lors de la réunion de la régionale circonscription No.19, il a dit « que Ramgoolam quitterait le pays samedi le 27 septembre et sera de retour le 5 octobre. » C’est lui qui indique les dates pour des prochaines élections anticipées ; c’est toujours lui qui lance des menaces aux journalistes et aux Radios Privées. Quant à ses habituels menaces, c’est AneroodJugnauth qui avait raison « Bérenger pa pou changé jamais ». Certes, tout comme la question qui fut posée par le prophète Jérémie (ch. 13 v. 23) « Un Éthiopien peut-il changer sa peau, et un léopard ses tâches ? »

Accord MMM/PTr.

Avant de fêter, comme les Troyens, ce Prétendu Accord- Bérenger/Ramgoolam, les travaillistes pur sang feraient mieux de lire cette Fable de La Fontainequi est intitulée ‘Le Renard et le Bouc.’ Ils comprendraient alors les astuces de Bérenger. Parce que, quand Bérenger parle d’un Front Commun Syndical ou d’un Accord Électoral ou même d’une Alliance Politique, il veut tout simplement dire à son interlocuteur : « Ôte-toi de là que je m’y mette. »Tout comme le Renard de la Fable, Paul Bérenger a toujours grimpé sur le dos d’un Bouc pour assouvir ses ambitions personnelles. Je vais le prouver en citant quelques extraits des textes que j’ai écrits dans le passé.Au commencement, il s’est servi de Suresh Moorba, DevVirasawmy, HeeralallBhugaloo et les frères Jeroobourkhan. Il s’est servi du mouvement syndical – principalement les dockers, les stevedores, les travailleurs du transport et autres pour paralyser le pays. Dans les années 70, il s’est servi de Guy Ollivry (UDM), SookdéoBissoondoyal (IFB) et de AneroodJugnauth.

Puisque Bérenger s’est déjà déclaré historien : « Notre lutte s’inscrit dans le cadre de l’histoire du pays » a-t-il dit, rappelant qu’il est un des rares leaders à avoir fait le tour de Maurice pour parler de l’histoire du pays. » Il prétend connaître l’histoire du parti travailliste plus que n’importe quel autre mauricien. Eh bien ! Je me permettrais de lui rappeler seulement quelques phasesde cette même histoire politico-syndicale du pays que peut-être il a oubliées.

Citations

(a) Dans les années 68-71, je dirige le plus puissant syndicat des travailleurs à Maurice, La Port Authority & Other Workers Union, groupant – Le Port, Les Docks, Grenier, Transport (Bus & Poids Lourd), CEB, Propriétés Sucrières, Happy World, Forges Tardieu, Taylor Smith, BAT, Tannerie Merven, KGKK et cetera. Un jeudi, Paul Bérenger, accompagné de Fareed Mattur, il vient me voir au collège St. John à Beau-Bassin. C’est quelque temps après son retour à Maurice. Il n’a presque rien comme syndicat. Néanmoins, il me propose de faire un front commun syndical avec lui pour renverser le premier gouvernement de coalition post indépendance, Ptr. PMSD. Tandis que Fareed Mattur et mon chauffeur Bouboule Cunden kozé kozé dehors, je lui dis : ‘Je suis disposé à faire un front commun syndical, mais pas pour renverser le gouvernement dont je fais partie comme député travailliste.’ On se sépare finalement sans arriver à un accord. Mais l’aspect très bouleversant dans cet épisode c’est que durant toute notre conversation, Bérenger ne me dit pas que le samedi suivant, c.à.d. deux jours seulement après notre rencontre, qu’il est candidat contre moi pour la présidence du CEB. J’étais le Président du syndicat CEB. C’est ça Paul Bérenger !

(b) Quelques mois plus tard, Bérenger, DevVirasawmy et d’autres militants sont mis au cachot, accusés de grèves illégales et d’actions de sabotage. Premdath Juddoo et Roy Seebaruth essoufflés, viennent me voir alors que je mangeais au restaurant Fort Williams. Premdath me dit : « Paul fine envoy noudir toi geté ki to kapav fer pou tir nou dan cachot » A noter que depuis notre première rencontre, Paul et moi ne sommes jamais rencontrés ; nous n’avons même pas échangé un seul mot. Je dis à Premdath et Roy d’informer Paul que je vais faire le nécessaire. Immédiatement, je réunis les délégués de 29 branches de travailleurs pour une grève de sympathie si Paul, Dev et les autres ne sont pas relâchés. Pendant plus d’une heure, mon frère Gédéon et moi négocions avec le premier Ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, Sir V. Ringadoo et Sir Harold Walter. Finalement, Sir Seewoosagur me dit : « Bon nou don toi permission al visit li caserne. Pli tar nou ava geté pou larg li » Effectivement, je vais visiter Paul au Line Barracks où il était incarcéré. Je lui parle pendant environ 5 minutes. Je lui dis que le Premier Ministre m’a promis qu’il va te faire relâcher, toi ainsi que les autres. Après sa remise en liberté, Pierrot Benoît du journal Le Mauricien lui pose deux questions.- « eski ti ena kit syndicalist ou dépité ki ti visit ou kan ou ti dan prison ? »Réponsede Bérenger : « Non, Personne. »
Pierrot Benoît : « Bé la ki pou ou prémier action ? »Bérenger : « Mo pou atakléport. » Alors que moi, j’étais président des travailleurs du Port. Quelle Ingratitude ! C’est encore ça Bérenger !

(c) En Septembre 1971, alors que la Port Authority&OtherWorkers Union se préparait pour fêter le Dockers Day à Pointe aux Sables, Bérenger fait circuler une rumeur à l’effet que les Employeurs du Port m’avaient remis de l’argent pour les dockers et stevedores et que j’avais volé cet argent. La rumeur provoqua une révolution parmi les travailleurs du Port. Personne ne voulait entendre raison. Bérenger instigua les travailleurs à demander au gouvernement d’instituer une commission d’enquête immédiatement pour me clouer au pilori. La pression de Bérenger sur le gouvernement fut si forte que le juge Garrioch fut choisi pour présider la commission d’enquête. Je fus totalement blanchi par la commission. Il ne manquait pas un seul sou. Mais malgré ce verdict favorable en ma faveur, Bérenger continua à dire à ces travailleurs que j’étais un voleur. C’est ça le Bérenger que certains veulent glorifier. C’est ça la vérité, la sincérité et l’intégrité de Paul Bérenger. De grâce, qu’on cesse de nous casser les pieds !
(d) En 1970, après la victoire du MMM à Triolet avec l’élection de Dev Virasawmy,voici ce que Sookdéo Bissoondoyal avait déclaré à un de ses proches collaborateurs, malgré que l’IFB avait aidé le MMM durant la campagne électorale:-« Laisse mo dire ou ene zaffaire. Ca Bérenger là, li réprésente ene grand danger pou l’Ile Moris.»
(e) En 1976, il propose de contracter une alliance avec Sookdéo Bissoondoyal pour les élections générales.Par la suite, il refuse d’accorder à Bissoondoyal 12 tickets (investitures) sur un total de 62 et il laisse tomber l’IFB. Les autres exemples de l’hypocrisie, traîtrise et astuce de Bérenger sont legion.

L’Exemple de Sir Seewoosagur Ramgoolam
Notre actuel Premier Ministre, Navin Ramgoolam, aime citer son papa comme exemple, dans la plupart de ses discours adressés à la nation. Pourquoi ne pratique-t-il pas ce qu’il prêche ? Pourquoi ne suit-il pas l’exemple de son père ? Avant de parler de Réforme Électorale, Amendement Constitutionnel, Deuxième République, ‘Party List’,Sénat ou Septennat, pourquoi n’a-t-il pas rechercher l’opinion du peuple à travers les leaders des partis politiques actifs, grands et petits ? Avant les élections générales de 1967, Sir Seewoosagur Ramgoolam, Sir Virasamy Ringadoo et Sir Harold Walter (Ptr.) ont eu des longues discussions et négociations avec Sir Gaëtan Duval et Jules Koenig (PMSD), Sir Abdool Razack Mohamed (CAM) et Sookdéo Bissoondoyal (IFB). Aujourd’hui, deux leaders seulement, qu’ils représentent les deux plus grands partis politiques ou pas, ils n’ont pas le droit de piétiner la démocratie. Leur alliance est inutile et contreproductive. Elle ne va pas durer parce que Bérenger voudra toujours jouer au chef d’orchestre. Il s’agit là d’un enfant mort-né. D’ailleurs les deux leaders se méfient et se détestent.

Avertissement
Les travaillistes pur sang devraient se méfier du Cheval de Troie. Avec Paul Bérenger Premier Ministre ou Président de la République, se sera un régime à la Mugabe – autocratique, autoritaire, dictatorial et totalitaire. « Timeo Danaos et dona ferenres. »

Eliézer François
23 Septembre 2014

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