Le ministre Ivan Collendavelloo : « Le DPP Satyajit Boolell a décidé de faire de la politique »



La controverse se poursuit autour de la décision du Conseil des ministres vendredi 27 février de placer le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), l’Office du Parliamentary Counsel et celui du Solicitor General sous la juridiction du bureau de l’Attorney General.
Le vice-Premier ministre et ministre des Services publics Ivan Collendavelloo, avocat de profession, réagit sur Radio Plus samedi soir 28 février, et attaque l’actuel DPP Satyajit Boolell :

« Le DPP a décidé de faire de la politique. Si vous voulez faire de la politique, vous devez entrer au PTr avec votre frère ou votre famille et vous faites un clan pour faire de la politique. “Mai pa deklar politisien kan ou napa politisien. Mwa mo fer politik ek mo fer li ouvertman. »

Ivan Collendavelloo ajoute qu’il « n’est pas question de République bananière » ou « d’entorse à la démocratie ». Selon lui, le DPP doit pouvoir rendre des comptes :

« Il n’y a aucune tentative de museler la Constitution ou l’indépendance du DPP. L’actuel DPP a refusé toutes les promotions pour devenir Senior Puisne Judge. Il doit y avoir une raison ; dans tout ce que nous avons vu depuis 2005 quand le PTr est arrivé au pouvoir. “Nou bizin retablir li”. Je pense que c’est une bonne chose. Nous ne voulons pas avoir un contrôle sur la fonction du DPP, mais celui-ci ne peut agir comme bon lui semble.

« Si le DPP n’est pas d’accord, il peut prendre la décision d’accepter la promotion qui l’attend depuis 10 ans. Il peut devenir juge. Pourquoi il n’est pas devenu juge ? Une personne travaille dans le secteur public et refuse les promotions. “Nou bizin fer li perdi so seniorite. Pa kapav manz ou gato, gard li ek enn tigit pou zanfan osi.” »

Est-ce un moyen du gouvernement de pousser le DPP à accepter sa promotion ? « Non, certainement pas, il est libre ! » lance Ivan Collendavelloo.

Le sujet a été abordé samedi matin 28 février sur Radio Plus dans l’émission « Au cœur de l’info » animée par Nawaz Noorbux et Jugdish Joypaul, et les réactions ont été nombreuses.

Me Satyajit Boolell, actuel DPP, ne mâche pas ses mots dans l’émission « Au cœur de l’info » : « C’est une décision grotesque. J’espère que ce n’est pas moi qui sois visé par cette décision. C’est une institution qui garantit et soutient notre État de droit, qui est un pilier de notre démocratie. Donc, quand vous essayez de porter atteinte directement ou indirectement à son indépendance, vous remettez en question la bonne marche même d’un État démocratique. »

Êtes-vous convaincu qu’on remet en cause l’indépendance du bureau du DPP, votre indépendance ? Réponse de Me Satyajit Boolell à cette question de Nawaz Noorbux : « Si vous contrôlez mon budget, mes officiers et si vous me demandez de vivre sous le même toit que l’Attorney General, qui siège au Conseil des ministres, qui est un nominé politique, qui a été Campaign Manager pour un parti politique lors de la campagne législative, comment appelez-vous cela ? C’est triste. Mo trouve ki Moris pe pran la pente de bann Repiblik bananière ! »

Me Satyajit Boolell n’écarte pas la possibilité d’une action en justice contre l’État pour contester cette décision.

Me Rama Valayden, ancien Attorney General, qualifie cette décision d’une relation incestueuse : « Ce n’est jamais bien quand il existe une relation incestueuse, même sous une forme administrative. Je suis très triste et en colère ! Il faut une action en justice contre l’État. Et j’espère que des avocats de tous les bords prennent cette décision sur une question de principe. Il nous faut avancer et non reculer concernant l’indépendance du judiciaire. »

Est-ce que le gouvernement veut pousser à la sortie le DPP ? C’est la question que se pose Yatin Varma, ancien Attorney General : « Qui a présenté le Cabinet Memorandum au Conseil des ministres ? Est-ce que c’est le Premier ministre ou l’Attorney General ? »

Alors que le député MMM Veda Baloomoody se dit « choqué », car, selon lui, à aucun moment dans son discours-programme le nouveau gouvernement n’a fait mention d’une telle décision : « J’ai été choqué et même bouleversé en apprenant cette décision. Why the rush ? Pourquoi il n’y a pas eu de consultations ? »

En l’absence de l’Attorney General Ravi Yerrigadoo du pays [il se trouve à Londres], c’est le député MSM Maneesh Gobin, ancien magistrat, qui justifie la décision du gouvernement :

« Tous les pouvoirs du DPP sont régis selon l’article 72 de la Constitution. Rien ne change concernant les pouvoirs du DPP. Quand le bureau du DPP est sous la tutelle de l’Attorney General, quel avantage il y a ? L’Attorney General est “accountable” devant l’Assemblée nationale. Il doit répondre aux questions et il participe même aux débats ».

Posted by on Mar 2 2015. Filed under Actualités, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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