Democracy Watch Mauritius : Enquêtes sur brutalités policières : une promptitude honorant gouvernement Lépep



Bulletin du 11 mars 2015
Trous noirs : jamais plus encore !

Textes : « Des policiers voyous ont tué mon père » (affirmation de la fille d’Iqbal Toofanny, décédé après une nuit en cellule policière, à Riviere Noire (« Sunday Times », 8.3.2015) « La brutalité policière au banc des accusés » (Week-end, 8.3.2015)
Commentaire : Après Roches Noires, maintenant Rivière Noire. Assez de trous noirs, cellules policières où un détenu (à qui on a oublié, comme par hasard, d’enlever les menottes) peut se retrouver ENTIEREMENT à la merci de policiers, sinon de tortionnaires.

Bien sûr, procédures obligent, un code de conduite s’applique sur la façon de détention, sur la façon de conduire un interrogatoire, sur les droits des détenus, etc. En se rappelant que le détenu est innocent until proved guilty par une Cour de Justice. Au sein de cette instance judiciaire justement l’inculpé aurait pu se défendre, avec l’aide légale compétente pour le faire.

Ce n’est pas le cas le soir, seul dans une cellule, si un ou plusieurs policiers décident d’outrepasser leurs droits en mettent la main (ou un bâton !) sur un détenu. Même si cela se passe dans une petite minorité de cas, un cas est un cas de trop ! En demeurant juste, bien sûr, envers ces policiers accusés de maldonne mais innocents until proved guilty.

Avec Kaya et les autres, il y a eu quelque 50 décès en cellules policières depuis 1968, un bien triste parcours dans un Etat de droit. Comme le fait remarquer Me Sanjeev Teeluckdharry, parlementaire (« Sunday Times », 8.3.2015). « La police pratique la religion de l’aveu (Confession Based Enquiry). Cela comporte des risques ». A quand ce Police & Criminal Evidence Act promis par le gouvernement Lépep ?
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Enquêtes sur brutalités policières : une promptitude honorant gouvernement Lépep
Textes : Les articles de journaux relatant la mort en détention policière ou presque d’Iqbal Mamed Toofany, l’interpellation de policiers impliqués dans ce décès et l’ouverture d’une enquête judiciaire à ce sujet.

Commentaire : Une fois n’est pas coutume, le gouvernement de Maurice et notre système judiciaire réagissent sainement car promptement. 24 Heures Info du 6 mars 2015 annonce, concernant ce décès suspect, l’ouverture d’une enquête judiciaire, à la Magistrature de Bambous, à la requête du Directeur des Poursuites publiques (DPP), Me Satyajit Boolell. La Justice suit son cours. Sans tarder. Cela réjouit les Mauriciens. Ils subodorent la possibilité d’une rupture radicale avec les inacceptables et injustifiables lenteurs du passé. Plus vite fera-t-on la lumière sur cette douloureuse affaire et mieux cela vaudra pour tout le monde, possibles bourreaux, comme éventuelle victime. es zones d’ombres entourant cette affaire ne manquent pas. Nous demandons qu’elles s’éclaircissent au plus vite. L’important c’est de reconstituer, au plus vite, la Vérité concernant ce drame, toute la Vérité, rien que la Vérité.

Iqbal Toofany ne meurt pas en cellule policière mais à l’hôpital de Candos où des policiers le conduisent après qu’il se plaint d’intolérables douleurs. Il y a son récit mais consigné et rapporté par des policiers, dont ceux, désormais accusés de brutalité policière.

L’autopsie officielle attribue son décès à un œdème pulmonaire. Elle relève aussi une quinzaine d’ecchymoses. Certains l’attribuent à une détention policière musclée. D’autres à un passage à tabac antérieur. Laissons le soin à notre Justice de démêler cet écheveau. Seule la Vérité peut délivrer notre esprit de l’erreur et de la perception erronée. L’innocent n’a pas à craindre la Vérité que seule une Justice intègre et impartiale peut établir en notre nom. Nous comptons sur une suprême autorité judiciaire pour veiller à l’irréprochable intégrité et impartialité de notre Justice, à tout échelon, y compris les plus bas; Il en va de la confiance du Peuple en sa Justice, comme en sa Police.

Des proches de la possible victime protestent contre la libération provisoire des policiers impliqués. Democracy Watch compatit à leur légitime douleur mais ne partage pas leur avis sur la nécessité de prolonger inutilement la détention de policiers désormais accusés provisoirement de brutalités policières, innocents until proved guilty ! Toute détention d’un condamné ou d’un suspect constitue une charge financière accrue pour nous, contribuables et consommateurs. Réservons nos prisons et nos cellules policières aux seuls individus soupçonnés de pouvoir troubler la paix publique et mettre en danger la sécurité physique de l’un d’entre nous.

Dans ce même ordre d’idées, intervient une autre interpellation : il s’agit de la nuit passée en cellule policière du fils de l’ancien député et ministre, Mahen Utchanah. Le fils de ce dernier, pyromane à ses heures, un étudiant en Droit, âgé de 21 ans, est interpellé dans le cadre de l’enquête sur la diffusion, pendant la campagne électorale, d’un clip défavorable aux proches de Pravind Jugnauth. L’Express du 7 mars 2015 rapporte les propos parlementaires de l’avocat-député Veda Baloomoody : Dans la soirée du 2 mars 2015, cet étudiant en droit est arrêté. La Police le convoque. Il s’y rend à 9h30 accompagné de son avocat. Ils poireautent jusqu’à 15 heures. L’interrogatoire commence alors pour se prolonger jusqu’à 19 heures. L’avocat sollicite sa remise en liberté. La Police refuse. « Non l’ordre-là ine vine dépi lao. Bizoin ferme toi ». rapporte-t-on dans un quotidien (L’Express).Aucune objection policière à relâcher ce jeune homme? Mais l’ordre venant de là-haut prime sur le bon sens policier et policé? Ou est la Vérité?

L’Express précise que Veda Baloomoody suscite la réaction de Sir Anerood Jugnauth. Il veut savoir qui a dit cela (« L’ordre vine dépi lao ! »).

Le Défi du 4 mars 2015 nous révèle que Showkatally Soodhun fait savoir que Sir Anerood Jugnauth suit de « très près » l’affaire Toofany. Il veut aussi savoir qui, d’en haut, donne l’ordre à sa Police de retenir en cellule policière le fils de son ancien colistier, Mahen Utchanah. La Vérité est indivisible. Elle ne peut pas éclairer, à notre satisfaction, le décès Toofany et nous laisser sur notre faim dans le cas Utchanah, fils. Sinon la méfiance demeure.

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Allons de l’avant avec ce Salon du livre 2015 !
Texte : Et le salon du livre ? (Marie de Commarmond, Forum, du 5.3.2015) ; «Development without destruction » (Nations Unies)

Commentaire : Le centre de conférences de Pailles (SVICC) a connu des moments de gloire avec le Career’s Fair annuel du Rotary pour les étudiants, avec les Salons de l’Informatique mais surtout avec ces deux Salons du Livre qui ont pris une ampleur considérable. Dans un monde où le livre (en conflit avec la communication électronique) perd du terrain et où on lit de moins en moins (gros négatif pour la civilisation) ce Salon du Livre Mauricien attira des participant d’ici et d’ailleurs, dans une synergie et une ambiance remarquables. Pas question de détruire cet élan juste en raison d’une identification de ces organisateurs avec l’ancien gouvernement. Ce serait une bien triste décision.
Allons de l’avant avec ce salon du livre 2015 !

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(DWM Team : Michael Atchia, Raouf Bundhun, Roger Leung, Yvan Martial)

Posted by on Mar 13 2015. Filed under Actualités, En Direct, Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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