Vishnu Lutchmeenaraidoo : en route vers un deuxième miracle économique



Que nous réserve le grand argentier pour son grand retour aux affaires ? Celui qui est décrit comme le meilleur ministre des Finances de tous les temps, a occupé ce poste de 1983 à 1990. Ce budget couvrira 18 mois, soit 547 jours allant du 1er janvier 2015 au 30 juin 2016. Ce qui nécessite un volume de travail additionnel.
Considéré comme étant l’un des architectes du premier miracle économique mauricien, Vishnu Lutchmeenaraidoo souhaite rééditer la même performance en optant pour une politique de nivellement par le bas et en créant de nouveaux pôles économiques. « Nous allons financer massivement les petites et moyennes entreprises (PME) et les projets des jeunes. Je suis convaincu que le miracle économique que nous évoquons est réalisable grâce aux jeunes », insiste-t-il.

Vishnu Lutchmeenaraidoo est une personne très spirituelle. A 70 ans, il pratique beaucoup de médiation. D’où vient sa sensibilité pour les plus démunis, il explique que c’est grâce à sa rencontre avec un maître soufi BABA SAHAB, qui lui a fait comprendre que les plus grand VVIP (Very Very Important Person sont ceux qui sont les plus pauvres dans le pays) politique économique a développement humain. Cela s’est vu avec l’attention spéciale qu’il a accordé à Rodrigues récemment. D’ailleurs, il a été le seul ministre des Finances qui a animé des consultations pré budgétaires dans le 10e district. C’est pourquoi, il avait pu réduire le taux de chômage de 14,8% à 2,8% soit le plein emploi dan les années 1990. Tout en maintenant un taux de croissance de 8,9% au plus fort moment du Boom Economique. Contrairement à ses prédécesseurs, Vishnu Lutchmeenaraidoo n’a pas eu une obsession maladive de l’inflation. Toutefois, il reste le seul avoir maintenu à garder le taux d’endettement à moins de 3%.

Né le 24 mai 1944, il est marié à Susan. Le couple a trois fils. Après une première retraite politique, il revient en 2008 à la demande du MMM. En 2010, il se présente au No 13 sans succès. Au moment où le Bureau Politique mauve vote l’alliance avec les travaillistes. Il se prononce contre avant de rencontrer Navin Ramgoolam et Paul Bérenger pour quitter définitivement la politique. Mais ce n’est que parti remise. Sir Anerood Jugnauth en fait de lui son choix numéro un pour être ministre des Finances et lui demande de venir sauver le pays. Il accepte et se retrouve candidat au No 7. Elu, il retrouve son portefeuille fétiche et prendra une série de décision comme l’augmentation de la pension de vieillesse, la compensation salariale qui créé immédiatement un feel good factor.

Pas de taxe

Rs 4,5 milliards ont déjà été déboursées pour le paiement des pensions aux veuves, aux personnes âgées, aux autrement capables et aux orphelins. Mais le ministre des Finances souligne qu’il tiendra bon : la TVA et la taxe ne connaîtront aucune hausse pour absorber ce montant. C’est peu après les élections, le 10 décembre dernier, que la pension aux veuves, aux personnes âgées, aux autrement capables et aux orphelins a été revue à la hausse.

Introduire de nouveaux impôts serait au détriment des couches les plus vulnérables. Et de rappeler que durant ses précédents mandats en tant que ministre des Finances de 1983 à 1990, des mesures nécessitant un financement massif ont été adoptées sans qu’on ait recours à une majoration fiscale.

Chômage

Vishnu Lutchmeenaraidoo s’est aussi exprimé sur le chômage. «Nous concentrerons sur l’investissement pour créer de l’emploi», a-t-il expliqué. Le ministre devait ajouter qu’une chambre de métiers sera mise sur pied pour former les jeunes, détenteurs de diplômes qui ne correspondent pas aux attentes du marché du travail.

Pour relancer l’industrie manufacturière, l’Alliance Lepep prévoit la révision du cadre incitatif institutionnel et fiscal, le développement d’une Fashion industry pour mieux promouvoir le label Made in Mauritius, une politique de formation continue des employés, ainsi que le recrutement de la main-d’œuvre locale.

Dans le secteur agricole non-sucre, la création de villages hydroponiques à l’intention des petits planteurs dans différentes régions du pays est envisagée, alors que le plan d’assurance pour les planteurs de fruits et de légumes sera relancé. Des mécanismes de financement pour la diversification agricole des planteurs locaux dans des pays de la région seront aussi mis en place.

L’Alliance Lepep compte également relancer le projet de Duty Free Island et redéfinir la politique d’accès aérien et rendre plus compétitif le prix du billet d’avion.

Le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo a évoqué la question de « transparence » dans la gestion des affaires de l’Etat. « Nous ne pouvons plus gaspiller ainsi les fonds publics », a lancé le ministre des Finances. Dans cette optique, il a fait ressortir que tous les achats publics passeront par un appel d’offres à travers le Central Procurement Board (CPB). Dans cette optique le CPB sera doté davantage d’effectifs.

Mettre fin à la croissance anémique

Abordant le chapitre de la croissance économique, le ministre des Finances a soutenu que le pays est « resté trop longtemps dans un taux de croissance anémique de 3%. Si nous continuons ainsi pendant dix ans, tous les pays africains nous dépasseront. Nous sommes obligés d’avoir une stratégie économique assurant une croissance beaucoup plus importante.» Il se dit confiant de pouvoir atteindre un taux de croissance de 5,7% en 2016. Le ministre est optimiste par rapport à la dette publique. Une hausse « consé¬quente » du produit intérieur brut (PIB) devrait permettre une réduction de la dette à moins de 50% du PIB d’ici trois ans au maximum, a-t-il expliqué.

Dans cet esprit, il faut qu’il y ait une politique bien établie pour assurer la sécurité alimentaire car nous dépendons dans une très large mesure des importations et donc tributaires des conditions externes sur lesquelles nous n’avons absolument aucun contrôle. Il est temps de relancer le secteur agricole, hors sucre, et prospecter même les possibilités d’exportation de produits avec un label de qualité qui sortent de nos serres hydroponiques. Pourquoi ne pas mettre en place un système qui permettrait l’émergence des ‘Gentlemen Farmers’ ?
L’un des gros points noirs au tableau demeure la pauvreté. Malgré certaines mesures prises par l’ancien régime et qui n’ont jamais abouti. La pauvreté demeure la gangrène de la société mauricienne qu’il faut à tout prix éradiquer. C’est un fléau social qui ne peut perdurer. Apprendre à cette catégorie de personnes à se tenir sur leurs jambes en leur donnant les possibilités de devenir productifs et contribuer à l’économie mauricienne requiert une étude de leurs conditions et dégager les solutions durables.

Posted by on Mar 22 2015. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



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