Sortie de crise politique: une victoire personnelle pour le leadership de Pravind Jugnauth…



Par Madiba…

Volontairement en retrait de la scène politique en attendant le verdict de son appel en Cour Suprême, Pravind Jugnauth a certainement marqué les esprits par la gestion de la crise politique à laquelle le MSM, le gouvernement et l’Alliance Lepep ont survécu cette semaine. C’est lui qui sort gagnant de ce bras de fer politique qui a opposé Vishnu Lutchmeenaraidoo à Roshi Badhain. C’est encore lui qui a été partie prenante des négociations qui ont débouché sur les accords de paix qui ont ramené le calme et la sérénité au sein du gouvernement. Plusieurs enseignements sont à retenir après l’annonce, sans doute pour la forme, des principales décisions par Sir Anerood Jugnauth à son bureau lundi après-midi.

L’omniprésence de Pravind Jugnauth tant au domicile de Vishnu Lutchmeenaraidoo, au Sun Trust et ensuite au Bureau du Premier ministre, n’est pas un fait anodin. Il démontre d’une réelle volonté du leader du MSM d’asseoir son leadership. Il n’a pas eu à forcer son talent pour le faire. A sa manière, il a fait les choses tout doucement, tout simplement mais passionnément. Au passage, il évite à l’alliance Lepep et à son parti d’aller gaspiller leurs énergies dans une guerre sans fin à une éventuelle partielle au No 7. Ce qui aurait eu des conséquences désastreuses pour le pouvoir en place.

Pravind Jugnauth a réussi comme un lauréat là où on ne l’attendait pas. La crise politique de ces derniers jours avait atteint son paroxysme. Mais lui croyait à la solution. Dans ce sillage, il a réussi quelques coups politiques intéressants. D’abord mettre Vishnu Lutchmeenaraidoo à l’aise en le conservant à l’intérieure du gouvernement. Et lui donner un « graceful exit » du ministère des Finances pour prendre en charge notre diplomatie économique. D’ailleurs ce dernier a affirmé sur sa page Facebook: ”Sir Anerood Jugnauth a utilisé ses prérogatives de Premier ministre pour procéder à un mini remaniement ministériel. Il m’a relevé de mes fonctions de ministre des Finances et m’a confié le ministère des Affaires Étrangères que j’ai accepté. Merci à vous tous pour votre soutien et vos prières.”

Ensuite, Pravind Jugnauth a eu la sagesse de ne pas donner les Finances à Roshi Badhain. Plusieurs ministres et députés, et non des moindres, s’étaient élevés contre une démarche dans ce sens. Une telle éventualité aurait prolongé la crise au lieu de crever l’abcès. En même, il lui enlève les responsabilités du ministère des Technologies de l’Informatique, de la MBC, de l’Independent Broadcasting Authority et de l’Information Communication Technologies Authority. De ce fait, il n’y aura plus de super ministre au gouvernement. Cela nuisait à l’image et au leadership de Pravind Jugnauth. Finalement, il y a un choix de consensus autour d’Etienne Sinatambou qui retrouve un ancien portefeuille où il a brillé.

‘‘Ceux qui ont sous-estimé Pravind Jugnauth comme un stratège politique doivent revoir leurs copies’’

En coulisses, cela ne s’est pas passé comme une lettre à la poste. Les hommes sont faits de chairs et de sang. Il est évident qu’une humiliation laisse des marques qui ne se cicatrisent jamais. Simplement parce que le sang ne les pardonnent pas. Aujourd’hui, il est clair que Pravind Jugnauth a su gérer tous ces facteurs à la fois pour éviter une implosion dans son camp. De plus, il coupe court aux fantasmes de ses détracteurs qui se voyaient déjà en campagne électorale.

Sir Anerood Jugnauth a eu le beau rôle de tout présenter à la presse. L’organigramme actuel du gouvernement permettra sans doute à Pravind Jugnauth de démontrer encore plus son importance dans la prise de décision sur les enjeux majeurs du pays. Ce qui nous amène à dire, qu’on ne fabrique pas un leader. Il s’émerge et se construit au fil des combats. Plus loin, Minority Voice News cite d’important exemple à ce sujet. Ceux qui ont sous-estimé Pravind Jugnauth comme un stratège politique doivent revoir leurs copies. Il est fait d’un tout autre métal. Sa résistance est encore plus solide dans les temps de l’adversité. On peut aussi qu’un leader ça ne se vend pas au marché central. Sonia Gandhi, la patronne du Parti du Congrès, s’est imposé malgré ses origines italiennes en Inde. Les autres exemples sont légions. Aujourd’hui c’est tout une nouvelle ère politique qui s’ouvre à la fois pour le MSM et l’Alliance Lepep. Les médias ont vite fait pour occulter la contribution de Pravind Jugnauth dans la sortie de crise, préférant jouer la carte Anerood Jugnauth. Mais la population et les observateurs politiques ne sont pas dupes. Le leader du MSM se la joue taille patron et cela augure du bon pour l’avenir même si le challenge et le contexte restent très difficiles.

Et pour mieux comprendre les qualités de leadership, nous vous laissons aux réflexions suivantes :

Le dictionnaire définit Leader comme : « celui qui mène, dirige, conduit » (meneur d’hommes), et Leadership comme : « L’état, la condition »1. L’usage, quant à lui, distingue, à travers divers emplois, le « leader » comme celui qui, de fait, entraîne les autres (un groupe, une population), et ce quel que soit son statut social, et le « leadership » en ajoutant l’idée d’une position de domination par rapport à d’autres, qui peut être le fait d’un individu, d’un groupe, d’une entité quelconque. En outre, le leadership peut s’exercer dans divers domaines : politique (« Le leadership des États-Unis dans la guerre du Golfe » ; « Les missiles de cuba : affrontement entre deux pays pour le leadership sur la zone Caraïbe ») ; économique (« La Chine exerce son leadership en Afrique », «
A nivel latinoamericano, tres son los países que tienen un leadership industrial : Brasil, México y Colombia », « Apple tiene el leadership en… », « Google tiene el leadership ») ; culturel (« Il fut une époque où les Rolling Stones exerçaient un véritable leadership sur les scènes internationales »). Mais il est vrai que, maintenant, les deux termes tendent à être employés l’un pour l’autre.

C’est plutôt la notion de « leader » qui m’intéresse, car elle renvoie à l’individu. En effet, une entité peut exercer un leadership, sans qu’il y ait nécessairement un leader. Par exemple, on peut constater que les USA ont continué d’exercer un leadership politique et économique dans le monde occidental, avec des présidents ayant peu d’image de leader : Lyndon Johnson (1963-1969), Gerald Ford (1974-1977) et Jimmy Carter (1977-1981). Et l’on peut dire que c’est également le cas de Raul Castro qui actuellement dirige Cuba sans jouir de l’image de leader qu’avait son frère Fidel. Inversement, un leader peut exercer un leadership dans un certain domaine et pas dans d’autres. Exercer un leadership est une chose, être leader en est une autre.

Si l’on s’intéresse au leadership, il faut s’interroger sur sa nature et considérer son terrain d’exercice. En effet, un leadership peut s’exercer par la puissance militaire comme ce fut le cas des États-Unis lors de la guerre du Vietnam et de l’invasion de l’Irak, ou de façon plus ou moins guerrière, plus ou moins pacifique, à l’occasion d’actions colonisatrices. Mais il peut aussi exercer une omniprésence de fait dans un secteur où d’autres occupent peu de place, comme dans les marchés de l’alimentation, de l’énergie, de la technologie ou des biens culturels. Il s’agit également d’en apprécier l’extension, le leadership pouvant s’exercer à l’intérieur d’un groupe, d’un pays ou à l’extérieur de celui-ci. Chávez, par exemple, a pu exercer son leadership à l’intérieur de son pays, et même vis-à-vis de certains pays voisins, mais ne put étendre celui-ci à d’autres pays d’Amérique latine qui résistèrent malgré une communauté de projet politique : la Bolivie d’Evo Morales, l’Équateur de Rafael Correa, l’Uruguay de Mujica, le Brésil de Lula, les contextes socio-historiques et la composition des populations étant différents.

Si l’on s’intéresse au leader, il faut se demander à quoi tient sa position de leader : y a-t-il chez lui quelque chose de sa personnalité qui s’y prête ? Est-ce sous l’influence du groupe qu’il y parvient ? Sont-ce les circonstances sociales et politiques qui le font se révéler tel ? Et puis peut-il perdre sa qualité de leader, et à quoi cela tient-il ? Peut-il la retrouver ensuite ? Quoi qu’il en soit, lorsque c’est une personne (et non un système) qui exerce un leadership, s’il est préférable que celle-ci possède les qualités d’un leader fort, doté d’une image de puissance qui donne à sa personnalité une force symbolique hors du commun, il est alors opportun de s’intéresser au phénomène de la construction de cette image hors norme du leader que l’on appelle le charisme. C’est cette question que je vais traiter ici, en décrivant d’abord le processus par lequel un sujet peut s’autoriser à prendre la parole (processus de légitimation), puis celui par lequel il construit son image (processus de crédibilité).

Posted by on Mar 15 2016. Filed under Actualités, Blog, Edito, En Direct, Featured, Politique, Société. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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