Affaire Rajesh Ramlogun : Les policiers acquittés mais l’Etat coupable d’avoir violé notre Constitution…



…Par Madiba

“When the State kills one of its citizens in police custody, it constitutes an intolerable violation of the human rights of the individual. But when the State kills with impunity, it rocks the very foundation upon which a democratic state rests i.e the Rule of Law”

La cour d’Appel a certes maintenu l’acquittement de quatre policiers, poursuivi pour la mort en détention de Rajesh Ramlogun. Mais il est important de noter les conclusions des juges Ashraf Caunhye et Rita Teelock. Car elles ne font aucun doute sur le fait que Rajesh Ramlogun a trouvé la mort dans un endroit sous la responsabilité de la police et de l’Etat.

Quatre anciens membres de la Major Crimes Investigation Team, le sergent Vissiraj Jagdawoo le caporal Rashid Madarbux et les constables Jean Michel Yves Levasseur et Luc Désiré Potié, avaient été acquittés dans cette affaire en 2009. A noter que le Caporal Madarbux est déjà décédé.

Dans leur arrêt, les magistrates avaient conclu que la poursuite n’avait pas pu établir que les quatre ex-officiers de la MCIT étaient responsables de la mort de Rajesh Ramlogun.

Les quatre ex-membres de la MCIT avaient plaidé non coupables sous les accusations retenues contre eux. Ils étaient défendus par Mes Gavin Glover, Samad Goolamaully, Devina Deonarain et Siddartha Hawoldar.

Le ou les tueurs de cet homme resteront impuni car on est dans un système qui favorise, encourage et protège cette impunité. La MCIT doit prendre ce jugement avec satisfaction, car ses anciens membres en sorte indemne mais le blâme de l’opinion public et même des juges les condamnent.

La brutalité n’a pas de place dans notre société, que ce soit dans une cellule policière ou en toute liberté dans notre petit pays. Ce jugement démontre clairement les failles de tout un système d’Etat policier. Maurice est un état policier, qu’on le veuille ou non. D’ailleurs on a tendance à oublier qu’en lisant ce jugement, que l’Etat avait compensé la veuve de Rajesh Ramlogun, acceptant donc la responsabilité du décès de ce dernier. Aucune mention de feue Prem Radhooa et ses méthodes peu exemplaires.

Mais les juges Caunhye et Teelock ont venu confirmer la donne en affirmant dans leur jugement : que :

“We feel bound however to raise some matters of grave concern which the crude facts of this case have brought to light in connection with the treatment of persons detained by the police. Ramlogun was in good health and condition prior to his arrest and detention by the police. Although the evidence fell short of establishing, in accordance with the legal standards of proof, the infliction of any inhuman and degrading treatment by the particular police officers who were charged with an offence under section 77 of the Criminal Code, it is beyond dispute hat Ramlogun was subjected to physical abuse and was killed whilst in police custody. Those responsible remain unpunished.

The right to life and protection from torture and any form of inhuman or degrading treatment are fundamental constitutional rights guaranteed under section 4 and section 7 of our Constitution respectively. The peremptory nature both of the right to life and of the right to freedom from torture and other cruel, inhuman or degrading treatment is further highlighted by the fact that these rights cannot be derogated from. In international human rights law, there can be no derogation to the protection of these rights even in the gravest of crisis situations as are laid down in Article 4(2) of the International Covenant on Civil and Political Rights, Article 27(2) of the American Convention on Human Rights and Articles 3 and 15(2) of the European Convention on Human Rights.

The treatment of detainees who are placed in a vulnerable position is a matter of even greater concern when it comes to protection of these human rights. The detainee is virtually cut off from the outside world and is placed in a situation of weakness and vulnerability being left to a considerable extent to the mercy of police or prison officials”

Incroyable mais l’Etat a violé notre Constitution, a brisé la vie d’un citoyen, des ses proches et autres amis. Ce qui est pire ce que nous ne saurons jamais ce qui s’est vraiment passé dans les locaux de la MCIT. Un crime où il y a mort d’homme est odieux mais un crime qui reste impuni est encore plus ignominieux. Ce n’est pas les Rs 7 M payées à la veuve de Ramlogun qui la fera faire son deuil.

Les juges ont donné un signal fort mais est-ce assez fort pour que cela change.

Rien ne le garantit. Pour la presse traditionnelle mauricienne, les policiers ont été acquittés, mais l’Etat mauricien a une dette, cella de nous dire la vérité et elle ne nous l’a caché dans le cas de Kaya et de Ramlogun et bien d’autres qui sont morts dans des situations plus que bizarres.

“When the State kills one of its citizens in police custody, it constitutes an intolerable violation of the human rights of the individual. But when the State kills with impunity, it rocks the very foundation upon which a democratic state rests i.e the Rule of Law”

C’est comme cela que se termine le jugement. Une belle citation pour les étudiants en droit mais elle ne suffit pas à consoler les victimes de barbarie policière ou à rassurer d’honnêtes citoyens.

Posted by on Mar 17 2016. Filed under Actualités, Blog, Edito, En Direct, Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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