Le FMI s’inquiète de la fragmentation du système financier mondial



Le Fonds monétaire international juge que les filets de sécurité actuels sont importants mais mal coordonnés.
Pour le Fonds monétaire inter­national (FMI), si l’économie mondiale venait à subir un choc, économique ou financier, de grande ampleur, les ressources financières que se sont constitué les différents pays du monde ne suffiraient pas à l’endiguer. C’est l’une des principales observations d’une étude qu’il a publiée le 10 mars dernier au sujet de ce que les spécialistes appellent, dans leur jargon, le « global financial safety net » (GFSN), que l’on peut traduire par filets de sécurité financière mondiaux. Ces derniers sont de natures diverses (voir encadré). Ils se constituent aussi bien des réserves en devises étrangères de chacun des pays, des ressources financières propres du FMI, des nouveaux instruments de crédits créés par le Fonds, des accords de swaps entre banques centrales et des accords régionaux de mise en commun de ressources pour faire face à une crise potentielle.

« Manque de coordination »

Depuis la crise asiatique et la crise russe à la fin des années 1990, l’ampleur du montant total de ces filets n’a cessé d’augmenter (voir graphique). A commencer par l’explosion des réserves de change de 2.000 milliards de dollars en 2000 à près de 12.000 milliards fin 2014. Pour les autres composantes, la taille est passée d’environ 1.000 milliards de dollars à près de 4.000 milliards. Si l’on répertoriait quelques accords de swaps entre grandes banques centrales au début de l’année 2007, le FMI en dénombrait déjà une quarantaine fin 2009. Ils sont toujours en vigueur et les montants en jeu varient de quelques milliards de dollars pour aller ­jusqu’à 60 milliards. Rien que la Chine, désireuse d’internationaliser son renminbi, en a conclu une ­trentaine pour un montant global de 500 milliards de dollars.

Reste que le formidable développement de ces filets est loin d’être optimal. « L’importance croissante des accords de swaps et des accords régionaux dont certains n’ont jamais été mis à contribution a conduit à une décentralisation des filets de sécurité. Compte tenu du manque de coordination entre les différentes composantes, il en résulte une ­fragmentation du système », ­souligne l’institution multilatérale.

De surcroît, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. La majorité des pays en développement n’a pas accès à toutes les composantes. Les pays émetteurs de devises de réserve – Etats-Unis, membres de la zone euro et Japon notamment – bénéficient d’un avantage certain par rapport aux autres pays. Si l’on y ajoute le Canada, la Grande-Bretagne et la Suisse, l’ensemble de ces six pays dispose de ressources financières illimitées et multiples du GFSN. Un privilège exorbitant par rapport à des pays comme le Brésil, la Turquie, l’Afrique du Sud ou même la Chine qui, eux, n’ont pas ce même accès, regrette le FMI.

Alors que les Etats-Unis, la zone euro et le Japon vont, un jour ou l’autre, mettre fin à leur politique monétaire non conventionnelle, il est possible que les marchés émergents soient déstabilisés. De ce fait, insiste Siddharth Tiwari, directeur du département de la stratégie et de la politique au FMI, « les filets de sécurité financière globale vont devoir être renforcés ». A Bercy, ce jeudi, la question sera sur la table. Le FMI, lui, a d’ores et déjà indiqué que ses équipes se sont emparées du sujet.

Posted by on Mar 30 2016. Filed under Economie, Edito, En Direct. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



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