Réforme électorale : les inquiétudes légitimes de Minority Voice… …Par Madiba



…“En vérité, les élections n’ont jamais été conçues pour être une procédure démocratique. Au contraire, elles ont été inventées pour freiner l’installation de la démocratie”

“Had democracy been properly put into practice, it might have been a sacred blessing for the common people”

“But, in reality, the remote controls of almost all governments remain in the hands of the big business”

La vie politique est avant tout une affaire de traduire la volonté du peuple dans la réalité pour aspirer à une amélioration des conditions de vie des couches populaires. La nouvelle est tombée vendredi. Le comité ministériel sur la réforme électorale, présidé par Xavier-Luc Duval, a soumis ses recommandations au cabinet. Jusqu’ici nous ne sommes pas en présence du document final. Mais les bribes d’informations parvenues aux médias évoquent surtout l’aspect financier des élections. C’est une déception pour Minority Voice qui s’attendait d’abord et avant tout à un renforcement du processus démocratique.

Car depuis quelques années, les élections ne sont plus qu’une façade de la démocratie et de la vie politique. Dans sa publication de 1999, “The Devil of Economic Fundamentalism”, le Dr Javed Jamil’s affirme: “The media creates and uncreates issues, and the masses are beguilingly reconditioned into thinking the way the media thinks. Politics has become highly expensive and hazardous. The word “moral” has ceased to exist in the political lexicon”

Poursuivant, il soutient que: “Though the avowed goal of democracy has been to fulfil the long cherished aspirations of the people, and to work for their all-round betterment, it has miserably failed in guarding itself against the damaging intrigues of the vested interests, particularly the industrialists. The power can be seized only at the hustings; the big business either fields its own candidates, or more often, it supports a political party that is expected to best serve its interests.”

Le Dr Javed Jamil affirme aussi: “Had democracy been properly put into practice, it might have been a sacred blessing for the common people. It might have guaranteed them a lion’s share in power, and their rightful needs and aspirations might have been truly realised. It still holds true that they can successfully overthrow any government out of power. It is therefore mandatory for a party in power to keep the masses in good humour.”

Toutefois, il reconnaît : “ But, in reality, the remote controls of almost all governments remain in the hands of the big business. Through media that blossom under its auspices, it succeeds in enthralling the imaginations of the people. The disinformation campaign in the media is too effective to permit them independent thinking and judgment.

Consequently, the real issues hardly surface into prominence, and the minor, insignificant and frivolous matters are made to appear as big issues that do not haunt but hunt the mind of the common-man.
The political bigwigs, when they ascend a public rostrum to deliver speeches that usually have plenty of rhetoric, cry their hearts out for the poor and the downtrodden. But in the comforts of their ministerial offices, they minister only to their industrialist benefactors, and their beneficences are gifted back multifold through convenient adjustments in policies and rules and regulations, grants of licences and ministerial orders for their products or services.

All through their terms, the problems of the masses never bother them; but as the expiry of their term and the new elections approach, they again revert back to their favourite theme: concern for the poor. A few schemes favouring, though marginally, and often only on the paper, are announced with great media hype. If they return to power, they are back in paradise; if not, still, they have great many privileges to enjoy throughout their lives. And, of course, as opposition, they have now more opportunities to stand on the rostrum, and harangue about the necessity to raise the standards of life of the poor; for that to happen, the best course for the public is to bring them back in the next election. Thus, in economic fundamentalism can be traced the roots of what can be termed political fundamentalism that seeks to use all possible means — moral or immoral, to come to or stay in the saddles of power.”

Donc les élections sont les otages du financement politique. David Van Reybrouck, historien et écrivain belge explique : « En vérité, les élections n’ont jamais été conçues pour être une procédure démocratique. Au contraire, elles ont été inventées pour freiner l’installation de la démocratie. Ce que Bernard Manin a déjà écrit il y a vingt ans dans Principes du gouvernement représentatif (Calmann-Lévy) est en passe de devenir un grand classique. Les révolutions française et américaine n’ont jamais voulu mettre un terme à l’aristocratie pour la démocratie. Il s’agissait alors de remplacer une aristocratie héréditaire par une autre aristocratie, élective celle-là. Au cours des XIXe et XXe siècles, cette procédure aristocratique a été démocratisée par des élections, notamment en augmentant le droit de vote. »

Dans un essai récemment paru, Contre les élections, le chercheur déplore «Nous méprisons les élus, nous vénérons les élections.» Il s’évertue à démontrer «la fatigue de la démocratie occidentale», mais il propose un remède : au lieu de rendez-vous rituels où la population est conviée à déposer un bulletin de vote en faveur de tel ou tel candidat, il défend l’instauration d’un tirage au sort de citoyens qui se verraient légitimés à changer des lois. «Le fonctionnement de nos démocraties use les gens à un rythme effrayant. Nous devons veiller à ce que la démocratie ne s’use pas elle-même», estime-t-il, convaincu que les élections sont un facteur de paralysie de la démocratie. Son credo : non plus seulement le droit de vote, mais le droit à la parole.

A Maurice, le gouvernement en place ne doit pas oublier qu’il doit son existence à l’expression démocratique et une révolte populaire contre le projet de deuxième république.

Aujourd’hui avec ce que propose le comité Duval, nous sommes inquiets car avec ce qui s’explique, les élections resteront une affaire de gros sous, d’enrichissements au détriment des idées. L’instauration d’un seuil de 10% vise à exclure toute possibilité d’émergences de nouvelles formations politiques qui ne pourront pas assurer leurs survies dans la durée.

L’enregistrement des partis politiques auprès de la Commission Electorale va réduire l’expression démocratique puisqu’elle gardera en otage les personnes qui oseront avoir un avis contraire ou se rebeller contre leurs formations politiques respectives à la veille des élections. A Minority Voice, nous estimons qu’il faut garder le présent qui permet à n’importe qui de créer une formation politique à tout moment, dans les délais prescrits, pour affronter une joute électorale. Nous ne sommes pas d’accord avec les comptes des partis audités au même moment où l’on augmente la limite des dépenses, où l’on accepte les financements en provenance de l’étranger et maintenir des dons anonymes en dessous de Rs 50 000.

C’est de l’incohérence totale et le risque de se retrouver avec des comptes maquillés comme pour la déclaration des dépenses actuelles à hauteur de Rs 250 000 alors que tout le monde sait qu’un candidat doit dépenser au minimum Rs 5 millions de roupies pour se faire élire. Les recommandations ne parlent pas des donations en faveur des partis politiques et des dépenses de ces formations. Ce qui laisse une possibilité pour manipuler le montant réelle des élections.

A Minority Voice, nous estimons que l’approfondissement de la démocratie électorale était nécessaire mais le comité ministériel n’est pas aller, jusqu’à preuve du contraire, dans ce sens. Il y a aussi toute la question de Level Playing Fields en termes de trésor de guerre que possèdent les formations politiques actuellement. Ces fonds deviendront-ils légales avec les recommandations actuelles? En attendant de connaître les réponses méditons sur tout ce qui nous publiés dans cet article.

Les recommandations du comité ministériel
• Les dépenses passent de Rs 250 000 à Rs 1 million par candidat
• Remboursement des frais de campagne (au prorata) si le parti ou le candidat obtient plus de 10 % des voix.
• Le financement en provenance de l’étranger ne pourra dépasser Rs 1 million
• Les dons de moins de Rs 50 000 peuvent rester anonymes
• Enregistrement des partis auprès de la commission électorale
• Les comptes des partis audités
• Interdiction de «décorer» les arbres, rues, pylônes, etc.
• Disparition des «baz»

Posted by on Apr 4 2016. Filed under Actualités, Edito, En Direct, Featured, Opinion, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply


Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.