Budget 2016/2017…Minority Voice publie ses propositions et réclame l’introduction d’un indice du bonheur



Par Madiba

Au Parlement récemment, on a appris que sur environ 335 000 foyers que compte le pays, 33 600 vivent dans un état de pauvreté. C’est le chiffre indiqué par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, dans une réponse écrite déposée au Parlement à la fin de la semaine dernière. C’était en réponse à une question de la députée Danielle Selvon.

Plus de 9 % des familles mauriciennes vivent donc dans le besoin. Statistics Mauritius définit comme étant pauvre, une famille ayant des revenus mensuels de moins de Rs 13 310, s’il s’agit d’une entité comprenant deux adultes et deux enfants.

Le nombre additionnel de personnes pauvres qui ne sont pas comptées dans ce modèle d’une famille de deux adultes et deux enfants est de 24 200, selon le dernier relevé à ce sujet. Cela représente environ 2 % de la population. Ces chiffres datent de 2012. Depuis, indique le Premier ministre, il n’y a pas eu de nouveau décompte. Le 4 mars dernier, le Programme de l’Organi¬sation des Nations unies pour le développe¬ment a remis une première ébauche du plan Marshall contre la pauvreté au ministère de l’Intégration sociale.

Des consultations ont eu lieu par la suite. Le plan final sera soumis prochainement. Il appartiendra alors à l’Observatoire de la pauvreté de mettre en œuvre les recommandations du plan Marshall, promis depuis les élections générales de décembre 2014. A l’occasion des consultations pré-budgétaires qui ont démarré le mercredi 13 avril au Bureau du Premier ministre, Minority Voice souhaite un changement en profondeur de notre regard sur l’économie. Nous estimons qu’il ne suffit de se fier sur les indices macroéconomiques comme la croissance, le niveau de l’endettement, le taux du déficit budgétaire ou de l’épargne, sans compter la fameuse inflation pour comprendre ce que vit la population au quotidien.

Il faut se réinventer et créer de nouvelles structures capables de déterminer aux millimètres près l’état d’âme de la population et éviter par la suite des catastrophes électorales. Pour cela, une répétition de la gifle magistrale prise par le gouvernement indien en 2004 doit être évité. Lors des élections générales de mai 2004, le Bharatiya Janata Party a commis une erreur psychologique en faisant campagne sur une “Inde qui brille” et a perdu le pouvoir, malgré de bons résultats économiques, et le parti du Congrès l’a emporté, malgré un score médiocre.

Dans un langage plus simple, le petit peuple n’arrivait à jouir du fruit de l’impression bilan économique du gouvernement central. Ce qui expliquait à l’époque pourquoi les indiens étaient prêts à placer Sonia Gandhi à la tête du pays. Heureusement que cette dernière a fait preuve de bon sens en confiant ce poste à Manmohan Singh. Mais dans cet évènement, nous avons retenu une leçon : un gouvernement doit avoir un outil pour prodiguer un «feel good factor » à sa population.

« L’irremplaçable, jusque là, croissance économique a du souci à se faire. Des voix s’élèvent, plus nombreuses et plus insistantes, contre le modèle de développement économiste basé sur la croissance que le système- monde (mondialisé donc) impose. L’économie est devenue le système de valeurs objectif d’appréciation du parcours d’un pays, d’une société, voire même d’un individu. Or, le bien-être ne peut être mesuré à l’aune de variables uniquement économiques, » écrivait un chroniqueur d’un journal.

L’économiste Kee Chong Li Kwong Wing, aujourd’hui à la tête de la SBM Holding, avait mis l’accent sur la fragilité financière d’un segment de la population qui se reflète dans la qualité des produits achetés dans les grandes surfaces. «Une inégalité sociale qui, dit-il, saute aux yeux.» «Ces consommateurs au bas de l’échelle, ajoute Kee Chong Li Kwong Wing, sont forcés de descendre en gamme et d’acheter des produits de qualité inférieure pour pouvoir survivre. Ils sont obligés de s’endetter pour joindre les deux bouts.»
Propos que viennent étayer les résultats du Household Budget Survey de 2012. Ils confirment les inégalités au niveau des revenus des ménages. Selon ces chiffres, les ménages au bas de l’échelle ont vu leur part de revenus s’amincir en passant de 6,1 % en 2006 à 5,4 % en 2012.
Qu’en pense les RAFALS ?
C’est pourquoi certains affirment qu’il faut remplacer le Produit Interieur Brut par le Bonheur national brut. Les anciens du collège Royal y pensent sérieusement. Les RAFALS avait affirmé : « Le Japon peut être un pays que l’on décrit comme moderne, avant-gardiste, avec un PIB (Produit intérieur brut) à faire des jaloux, mais les Japonais sont-ils heureux pour autant? En tout cas, pas avec le taux de suicide que connaît ce pays! Au Bhoutan, par contre, ce n’est pas le PIB qui intéresse tant le gouvernement mais plutôt le BNB (Bonheur national brut), un indicateur qui mesure le bonheur individuel de ses citoyens. C’est l’ex-roi Jigme Singye Wangchuck qui a imaginé en 1974 une politique unique au monde s’appuyant sur le fameux concept du Bonheur national brut, visant à promouvoir l’idée que le bien-être des citoyens doit passer avant la croissance économique.

L’une des particularités de ce pays est sa poursuite du bonheur à travers l’amélioration de son BNB. Là où la majorité des gouvernements se base sur la valeur du Produit national brut (PNB) pour mesurer le niveau de richesse des citoyens, le Bhoutan a privilégié le BNB pour mesurer le niveau de bonheur de ses habitants. Cet indice comporte quatre dimensions, piliers du développement durable, à savoir : la croissance et le développement économique responsables ; la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise; la sauvegarde de l’environnement; la bonne gouvernance responsable.

Bien que le revenu moyen ne dépasse pas les 1000 euros par an, la qualité de l’administration est impressionnante, et on soutient que la corruption n’existe quasiment pas. Les systèmes d’éducation et de santé sont gratuits, et la préservation de l’environnement constitue une priorité nationale de première importance. L’Occident et les pays émergents de l’Asie, ainsi que la Paradise Island la mieux gérée au monde, auraient avantage à s’en inspirer.

Le Bhoutan est une société essentiellement rurale avec près de 90% de la population s’adonnant à l’agriculture ou à l’élevage. L’industrie a commencé à se développer et des voies commerciales ont été ouvertes, principalement avec l’Inde et le Bangladesh. Ainsi le pays a amorcé son passage vers le XXIe siècle mais des mesures ont été prises pour protéger ses abondantes forêts. Le Bhoutan, en mettant en exergue une politique de modernisation qualifiée de « voie de développement mesuré », veut relever le défi du développement en sauvegardant ses valeurs, son héritage culturel et l’environnement tout en tâchant d’éviter les pièges de la croissance à tout prix. C’est sans doute ce qui explique aussi que le gouvernement n’entend pas faire du tourisme l’un des axes de son développement et pratique une politique restrictive s’agissant du business.

Cette politique du développement planifié et mesuré permettra peut-être à ce petit royaume d’éviter les erreurs commises ailleurs – le fameux “short-term gain but long-term pain” Puisque le BNB prend en compte (1) le développement socio-économique durable et équitable, (2) la préservation de l’environnement, (3) la préservation et la promotion de la culture, et (4) la bonne gouvernance, peut-être bien que si, à Maurice aussi, on mettait plus d’accent sur le BNB l’on verrait alors bien plus de politesse, de courtoisie et de partage ainsi que des décideurs et autres fonctionnaires honnêtes et travailleurs. Maurice deviendra un havre de paix et de bonheur où il y aura moins de “roder bout” et autres magouilleurs de tout poil. »

L’économie du bonheur peut-elle participer à améliorer notre bonheur?
Premièrement, l’économie n’est qu’un déterminant parmi d’autres du bonheur. Toutes les solutions ne sont pas économiques. Deuxièmement, l’économie du bonheur peut aider à réhumaniser la pensée économique et peut-être le fonctionnement économique. Troisièmement, le plus grand destructeur de bonheur au niveau économique est le chômage. Quatrièmement, si la pensée économique traditionnelle considère qu’il y a un taux de chômage sous lequel il est difficile de passer, la psychologie a développé des solutions pour neutraliser la perte de bonheur que subissent les chômeurs. Cinquièmement, la psychologie a aussi développé des solutions pour améliorer le bonheur en entreprise.

L’économie a longtemps été tournée vers les mathématiques en pensant que cette assise lui donnerait un statut scientifique plus affirmé. Mais l’économie est une science humaine et sociale, les mathématiques ne sont qu’un outil et la psychologie apparaît comme la science qui a le potentiel le plus fort pour bonifier l’économie dans sa pensée et dans sa pratique.

Le Bhoutan a fait son entrée dans la mondialisation en promouvant le BNB, un concept qui allait faire le tour du monde et lui valoir la réputation de «pays du bonheur». À l’aune du nouvel indice, il ne s’agissait plus seulement d’évaluer la richesse d’un pays en termes de croissance économique mais en prenant aussi en compte d’autres critères, tels que la sauvegarde de la culture et de l’environnement et la bonne gouvernance. Des «conférences du bonheur» étaient ainsi régulièrement organisées pour faire le point. Mais pour les habitants, notamment pour la jeunesse, le décalage se faisait béant entre l’horizon radieux du BNB, vanté par les élites, et une réalité quotidienne de plus en plus précaire. Les électeurs, eux, ont clairement indiqué par leur vote qu’ils ne croyaient plus à cette utopie.

L’une des particularités du Bhoutan est sa recherche du bonheur à travers l’amélioration de ce qu’il appelle le « bonheur national brut » ou BNB. Là où la majorité des gouvernements se basent sur la valeur du produit national brut (PNB) pour mesurer le niveau de richesse des citoyens, le Bhoutan a substitué le BNB pour mesurer le niveau de bonheur de ses habitants. Cet indice, instauré par le roi Jigme Singye Wangchuck en 1972, se base sur quatre principes fondamentaux, piliers du développement durable, à savoir :
• la croissance et le développement économiques responsables ;
• la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise;
• la sauvegarde de l’environnement et la promotion du développement durable;
• la bonne gouvernance responsable.
Une première rencontre internationale sur la définition de la prospérité a eu lieu en 2004 à l’Université Saint-Francis-Xavier, au Canada. Sur les quatre cents personnes venant de plus de dix pays différents, plus d’une trentaine étaient bhoutanaises, dont des enseignants, des moines et des responsables politiques. Elle a été suivie de rencontres en 2007 (en Thaïlande), en 2008 (au Bhoutan) et en 2011 (à l’ONU).

Le discours sur le Bonheur national brut est remis en cause par le Premier ministre nommé en juillet 2013, Tshering Tobgay, qui explique que le gouvernement précédent a passé beaucoup plus de temps à en parler qu’à agir, et relève que le pays est confronté à quatre grands défis : l’endettement, la monnaie, le chômage, dont celui des jeunes, et la perception d’une corruption croissante.

La position de MINORITY VOICE
Il faut donner le temps aux mauriciens de vivre. Pour avoir accès au bonheur, nous demandons les points suivants dans le prochain budget du 6 juin:

(i) Les banques commerciales remboursent chacune une somme Rs 100 000, en une seule tranche, par famille sur tous les prêts logements contractés ces 15 dernières années. Ceci afin de donner une bouffée d’oxygène à tous les mauriciens et relancer l’économie.

(ii) Les congés publics tombant un dimanche doivent être automatiquement remplacés par le jour d’après.

(iii) Les médecins qui sont au chômage doivent être recrutés pour se rendre au chevet des malades au-delà de 60 ans qui ne peuvent se déplacés pour leurs soins à l’hôpital.

(iv) Les chômeurs bénéficient d’une allocation mensuelle entre Rs 5 000 et Rs 10 000 selon leurs qualifications académiques et expériences.

(v) Les postes vacants soient remplis au niveau de la fonction publique dans un délai de six mois.

(vi) Instituer la promotion automatique dans la force policière après 15 ans de service et ce sur une base graduelle de chaque 8 ans. Exemple : De constable à caporal après 15 ans de service, et celui au rang sergent après 23 ans de service.

(vii) Une considération spéciale pour les policiers détenteurs de BSC ou ayant pris part et réussis aux examens en termes de rémunération.

(viii) La réduction du ticket d’autobus pour régler le problème de congestion routière.

(ix) L’annulation de l’Income Tax pour ceux touchant moins de Rs 35 000.

(x) Introduction pour d’une politique de vacances pour chaque famille

(xi) Mise en place de zones fumeurs payants à l’aéroport tant au départ qu’à l’arrivée et utiliser cet argent pour financer la santé publique

(xii) Paiement d’une allocation familiale de Rs 1 500 pour chaque nouveau né jusqu’au troisième pour les familles pauvres touchant moins de Rs 10 000.

(xiii) Lancer des académies de sports professionnels pour former des athlètes de hauts niveaux.

(xiv) Réviser la politique d’offrir les bourses d’études.

(xv) Ouvrir nos portes aux retraités étrangers qui peuvent au moins apportés 2 000 euros de pensions mensuellement. Sans qu’ils n’habitent dans les RES ou IRS.

Je vous laisse avec les réflexions suivantes :

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol
J’ai compris que le Bonheur, ce n’est pas de vivre une petite Vie sans embrouilles, sans faire d’erreurs ni bouger. Le Bonheur c’est d’accepter la lutte, l’effort, le doute, et d’avancer, d’avancer en franchissant chaque obstacle.

La vie avait continué après, la vie continue toujours. Elle te donne des raisons de pleurer et des raisons de rire. C’est une personne, la vie, une personne qu’il faut prendre comme partenaire. Entrer dans sa valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t’attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t’écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu’elle t’envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée.

Posted by on Apr 24 2016. Filed under Actualités, Economie, En Direct, Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



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