Les travailleuses du sexe stigmatisé par la police : C’est la misère et la drogue qui ont souvent conduit ces mères de familles à vendre leurs corps »



La presse rapporte qu’un assistant surintendant de police n’a pas hésité à tomber l’uniforme pour prendre en flagrant délit une travailleuse du sexe. La jeune femme de 30 ans l’a abordé alors qu’il était habillé en civil et lui a fait des avances moyennant paiement. Par la suite, ils l’ont embarqué. A Minority Voice, nous sommes contre toutes formes d’exploitations sexuelles. Cependant nous refusons de porter des visières face à ce problème directement lié à la pauvreté.

L’article de presse incriminé ne nous dit pas comment la travailleuse du sexe en est arrivée là tout en flattant allègrement la police dans ce cas. Nous estimons qu’il y a des affaires bien plus grave comme l’épidémie de vols à Baie du Tombeau, les cas de drogues à Roche-Bois et Plaine Verte qui nécessite des actions de la police et non pas ce genre de folie. Pourquoi les policiers concernés ne s’infiltrent pas dans des réseaux de drogue en vue de les démanteler.

Or la police préfère concentrer ses actions depuis le début de l’année, dans l’opération Medusa, pour chasser les travailleuses du sexe de la capitale. Les zones ciblées sont le jardin de la Compagnie, la Place d’armes, la route Cocoterie à Ste-Croix et Roche-Bois. L’objectif est d’assurer la sécurité du public, car plusieurs vols et des agressions ont récemment été enregistrés aux rues La Poudrière et Mère Barthélémy à Port-Louis, ainsi qu’à la route Cocoterie. La police soupçonne qu’il s’agit de l’œuvre de travailleuses du sexe et de proxénètes.

Dans le passé, nous avons dénoncé le cas de Cindy, 30 ans, travailleuse du sexe. Elle raconte comment des policiers agresseraient ses consoeurs chaque soir. Ses collègues disent avoir été malmenées par des membres de la force policière. Ce que nie la police, faisant valoir qu’il n’y a aucune mention d’agressions commises par des officiers dans leurs rapports. Jennifer, 36 ans, qui exerce au Jardin de la Compagnie, se plaint de l’attitude de la police. « C’est d’une violence inouïe. La police nous tabasse. Même si nous sommes simplement assises sur un banc à attendre, nous sommes battues,» affirme-t-elle.

C’est la misère et la drogue qui ont souvent conduit ces mères de familles à vendre leurs corps. A l’instar de Jennifer, mère de quatre enfants, qui dit ne trouver aucun autre travail, car son certificat de moralité fait mention de ses démêlés avec la police et la justice. C’est malheureux mais la travailleuse du sexe de Maurice et d’ailleurs est de plus en plus stigmatisée au sein de la société. Elle a du mal à obtenir un emprunt de la banque, à louer un appartement ou faire valoir ses droits les plus élémentaires. Mais désormais, les choses vont beaucoup plus loin. Les travailleuses du sexe vivent dans la peur de subir la répression policière.

« Nous comprenons aussi ô combien cette manière de faire barbare peut être humiliante et destructrice pour elles. Vulnérables et sans défense, conduites en ces lieux par des circonstances de la vie, ces femmes sont engagées dans le travail du sexe. Touchées par la pauvreté, la précarité sociale et économique, victimes de la toxicomanie et d’autres injustices de la vie, le travail du sexe est souvent le seul recours offert à ces femmes pour leur survie et celle de leurs proches. Plusieurs sont des mères de familles qui ont des enfants et des parents à leur charge », disaient récemment les travailleurs sociaux.

Posted by on Jun 27 2016. Filed under Actualités, Edito, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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