Rassemblement du Parti Travailliste: les principaux enseignements



A Minority Voice nous ne dirons pas si la rencontre des rouges à Triolet dimanche matin étaient une réussite ou pas. Mais il y a des leçons à tirer pour toute la classe politique. D’ailleurs, le Parti Travailliste est apparu uni derrière son leader, même si en interne Navin Ramgoolam sait que plusieurs d’entre eux se promènent avec leurs poignards politiques prêts à lui assener le coup fatal. Donc un parti a besoin d’un seul chef. Le Parti Travailliste a uni ses clans face à l’adversité. Pas un seul en a parlé contre, pas un seul a fait montre de son égo, pas un seul ne se la joue en solo.

Fidèle à son habitude, l’exercice est une communication professionnelle pour faire mouche. Pas difficile de reprendre les thèmes phares du moment et de surfer sur les incohérences actuelles. En refusant de céder sur les fees SC/HSC, le gouvernement du jour a donné une énorme plateforme à
Navin Ramgoolam qui ne s’est pas fait prier pour plaire à son électorat en annonçant le remboursement, une fois au pouvoir, à condition de conserver le reçu. Au passage, il tente d’euthanasier le projet de nine-year schooling. Selon lui, il faut arrêter le concept de régionalisation.

Ramgoolam a tenté de se faire passer pour le fils prodigue qui retourne au No 5. A-t-il réussi à ce niveau? Pas si sûr. Par contre contrairement à Bel Air, où il avait paru comme un animal blessé, aujourd’hui, il prend le temps et la peine de reconnaître ses erreurs. Cette fois, l’ancien Premier ministre est d’avis qu’il est maintenant impératif de limiter le mandat d’un Chef du gouvernement à 10 ans. Il propose aussi l’abolition du poste de vice-président qui n’a pas sa raison d’être.

Au passage, il tacle Pravind Jugnauth. Navin Ramgoolam est catégorique, le pays doit retourner aux urnes après le retrait de Sir Anerood Jugnauth. Selon lui, le leader du MSM doit passer par « la grande porte » s’il veut accéder au poste de Premier ministre. Par ailleurs, Navin Ramgoolam avance que son parti ira seul aux élections générales. « Nu pas bizin béquilles ! » Navin Ramgoolam a affirmé que le PTr peut présenter 60 candidats et peut aller seul aux prochaines législatives.

Au cours de ce congrès, Navin Ramgoolam n’a pas été tendre envers le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth. Il a fait une virulente sortie contre ce dernier, arguant que la « population paie les pots cassés de l’incompétence de ce gouvernement ». Autre sujet abordé : le dossier Chagos. Selon Navin Ramgoolam, ce dossier est mal géré.

Ce congrès, organisé dimanche dans le cadre du 116e anniversaire de la naissance de sir Seewoosagur Ramgoolam, marquait le retour de Navin Ramgoolam dans la circonscription no 5 (Pamplemousses-Triolet) depuis la défaite de la défunte alliance PTr-MMM aux législatives de décembre 2014.

Si dans la forme, certains sont satisfaits, il faut voir comment se traduiront la politique de Navin Ramgoolam dans les faits. Car dans le passé, alors qu’il en avait l’occasion, jamais la limitation de mandat ou la question de la vice-présidence n’ont été soulevés. Au niveau des fees du School Certificate et du Higher School Certificate, seraient-ce une invitation à favoriser l’absentéisme et aux gaspillages de fonds publics? Quelle est donc la solution du PTr pour ce problème? Les rouges ont le chic pour remettre en question les politiques de l’éducation nationale. Aujourd’hui on remet en cause le 9 year schooling sans dire par quoi il serait remplacé.

Lors de la campagne pour la partielle du No 7 en 2003, Navin Ramgoolam avait promis des soins d’urgences en clinique pour tous les citoyens à la mort d’un activisite du Parti Travailliste dont les proches n’avaient pas les moyens de le faire admettre pour des soins payants. Cette mesure comme tant d’autres n’a jamais été réalisé.

Navin Ramgoolam a félicité le Senior Adviser du ministre des Finances. Le leader du PTr estime que Gérard Sanspeur a eu le courage de dire qu’il y a des zones d’ombre dans le projet Heritage City. «Tous ces ministres n’ont rien vu. Il a fallu attendre l’arrivée de Gérard Sanspeur pour voir qu’il y avait des zones d’ombre. Il aurait fallu voter Gérard Sanspeur comme Premier ministre.»

Il y a la traversée du désert de la nomenklatura travailliste. Le peuple a besoin d’un projet de société où il sera écrit de quoi sera fait demain. Le leader rouge a promis : «Okenn erer mo pa pou répété. Mo dir bien okenn. Personn pa pou dévir mo latet aster», a-t-il martelé. La route pour prendre le chemin de l’hôtel est sans doute très longue.

Posted by on Sep 19 2016. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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