The last lecture…par Gerard Sanspeur



A la fin de la Seconde guerre mondiale, lors de la visite d’un baraquement où avaient été rassemblés des enfants juifs avant d’être conduits dans des chambres à gaz, on découvrit des murs couverts de dessins d’enfants. Ils avaient dessiné des papillons sur les murs de leur dernière prison !

Ceux conscients que le monde ne se réduit pas qu’à la raison peuvent appréhender toute la richesse symbolique de ces dessins. Ces enfants qui ont dû pressentir qu’ils allaient de la manière la plus brutale qui soit être arrachés à la vie n’ont-ils pas exprimé inconsciemment le fait qu’ils étaient certes brisés dans leurs corps, mais qu’ils disposaient en eux-mêmes d’un espace de liberté que personne ne pouvait leur ravir ? N’ont-ils pas puisé dans leur âme d’enfant la force de s’évader par l’esprit à la barbarie de leurs bourreaux ?

De la même manière, Mandela n’a-t-il pas transcendé les conditions matérielles exécrables dans lesquelles il était forcé de vivre afin de ne pas perdre sa sanité ? Il est resté emprisonné pendant 18 ans dans une petite cellule de 2,50 mètres éclairée par une ampoule de 40W, sans chauffage, sans eau chaude ni toilette et où il n’avait même pas assez de place pour bouger à sa guise. Cependant, qu’est-ce qui lui a permis de ne pas sombrer dans la folie ? N’est-ce pas grâce à la force de l’esprit qu’il a pu lui aussi résister. En 1970, de sa cellule il écrit « Les armes spirituelles sont dynamiques et elles ont souvent un impact difficile à apprécier dans des circonstances données, sauf à la lumière de l’expérience. D’une certaine façon, des prisonniers, elles font des hommes libres, transforment les roturiers en monarques et la boue en or pur ! »

Aussi, il est dommage que nous vivions dans une civilisation qui sacralise le matériel au point d’occulter complètement tout ce qui est de l’ordre de l’esprit – la relation avec Dieu avec Soi, avec sa Conscience. Nous passons résolument à côté de quelque chose si nous oblitérons le poids du spirituel dans notre vie. Il ne s’agit pas ici d’une spiritualité conventionnelle – adhésion à une religion spécifique comme beaucoup semblent le croire. Nous parlons ici d’une spiritualité dans le sens le plus large du terme – une spiritualité qui consiste avant tout à mieux se connaître, à mieux s’armer afin de pouvoir faire face à des forces extérieures sur lesquelles nous ne pouvons avoir aucun contrôle. Déjà, Jung, médecin psychiatre du 19ème siècle disait « Votre vision devient claire lorsque vous pouvez regarder dans votre cœur. Celui qui regarde à l’extérieur de soi ne fait que rêver, celui qui regarde en soi se réveille. »

Ainsi au risque même parfois de passer pour un illuminé, il est important de prendre le temps de regarder « en soi ». Un philosophe émérite d’ailleurs faisait remarquer que la dimension spirituelle de nos leaders d’antan – Martin Luther King Jr., Gandhi, Mandela, Mitterrand, De Gaule est dramatiquement absente chez nos hommes politiques actuels.

Il va plus loin en insistant sur le fait que cette absence de spiritualité de nos politiques du monde entier les rend incapables d’établir une réelle connexion avec leurs compatriotes. Effectivement, Jung ne dit-il pas « Nul ne peut avoir des liens avec son prochain s’il ne se lie pas d’abord avec lui-même. »

Cependant force est de constater que face aux exigences de la vie moderne, nous avons peu de temps pour l’introspection. Souvent ironiquement, c’est la perspective de notre mort prochaine qui nous pousse à nous ouvrir à nous-mêmes et aux autres. Dans certains enseignements spirituels, ne dit-on pas d’ailleurs que la mort est une forme de disparition de l’égo ?

Ainsi, le 18 septembre 2007, un professeur d’informatique, Randy Pausch fait un discours dans l’amphithéâtre de l’université Carneje Melton en Californie dans le cadre d’une conférence autour du thème « Réaliser ses rêves d’enfants ». La particularité de Randy c’est qu’il n’a que quelques mois à vivre étant atteint d’un cancer incurable. A la suite de cela, il écrira un livre « The Last Lecture » dont la lecture ne laissera personne indemne.
Quel peut être le regard d’un homme sur la vie quand il doit bien malgré lui quitter, dans la force de l’âge, ce monde où tout lui souriait – amour, enfants, réussite sociale et professionnelle?

J’entends souvent dire qu’il n’y a pas de hasard. J’aurais vraiment tendance à le croire. Les deux semaines précédant mon arrestation avortée, je m’étais mis à lire The Last Lecture. Je me suis toujours dit que ce n’était pas seulement dans les livres sacrés que l’on pouvait trouver une certaine inspiration mais aussi dans la vie de ces anonymes qui décident un jour de sortir de l’ombre afin de partager des expériences de vie édifiantes. Récemment avec les nombreux morts sur nos routes, j’ai souvent entendu les gens faire référence à la fragilité de la vie, au fait qu’on pouvait sortir de chez soi le matin et n’y retourner les pieds devant. Toutes ces réflexions m’ont emmené à penser à cette citation porteuse de tellement de vérité : « Il y a quelque chose de pire que la mort, c’est de ne pas savoir pourquoi on vit. »

Il y aussi cette autre belle citation qui nous invite à réfléchir sur l’orientation que prend notre vie « Everybody must die, but not everybody lives » Pour moi, s’interroger sur la vie, sur la mort a toujours été une forme de spiritualité et la lecture du livre de Randy Rauch m’a profondément bouleversé. Très bientôt , Je voudrais donc partager avec vous certains aspects de ce magnifique livre qu’il nous a laissé en héritage.

Posted by on Sep 22 2016. Filed under Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

3 Comments for “The last lecture…par Gerard Sanspeur”

  1. Pravind Samboo

    Very inspiring.

  2. Vidyadhar Mishra

    A wonderful fact to reflect upon is that we are all living in the world of the mortals, which by its very co notation signifies that we are all dying. Yet we need to live in order to die and by the same process we need to die to live. The soul is eternal while the body is mortal. A man may live up to the ripe age of 100 years but what is 100 years compare to eternity. It is nothing but a flicking moment.

  3. Dowlutrao Gangaram

    When you are able to have such feelings,you are on the right track.there is nothing external which you need to fear,as they are all ephermal,whilst the beauty you feel from the inside i s eternal. It is rightly said that unless and until all our leaders come to grip with their own spiritual beings and are in a spiritual environment,the world would be in a turmoil. Gerard there is still hope when they are people like you.

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