À L’INITIATIVE DE LALIT, Bancoult dénonce la tentative de la Grande Bretagne de le soudoyer…



Le leader de Groupement Réfugiés Chagos dénonce le double chantage du haut-commissaire britannique et de la Baroness Anelay of St Johns, ministre d’État au FCO

La conférence internationale organisée par Lalit sur les Chagos, pour marquer le 50e anniversaire de l’occupation illégale d’une partie du territoire de Maurice, a été l’occasion pour le leader du Groupe Réfugiés Chagos (GRC), Olivier Bancoult, de dévisager la Grande-Bretagne sur ce dossier. Intervenant, hier, au siège de Lalit, à Grande-Rivière-Nord-Ouest, il a dénoncé les dernières manœuvres de la Grande-Bretagne en vue de déjouer la démarche formelle de Maurice auprès des Nations unies en vue d’obtenir une Advisory Opinion de la Cour internationale de Justice contre Londres sur les Chagos. Il a révélé qu’en deux occasions, le haut-commissaire britannique à Maurice, Jonathan Drew, a tenté de le dissuader de se joindre à la délégation de Maurice aux Nations unies sur le dossier des Chagos.

Pour démontrer que la Grande-Bretagne a joué le tout pour le tout, il a confirmé que lors de son récent passage à Londres en route pour New York, la Baroness Anelay of St Johns, ministre d’État au Foreign and Commonwealth Office, l’a reçu lors d’une réunion privée pour l’inviter à se retirer de la délégation dirigée par sir Anerood Jugnauth, contre une promesse d’un plan de Resettlement des Chagossiens avant la fin de cette année.
Avec les délibérations de la conférence de Lalit sur les Chagos, l’impression consensuelle qui se dégage est que Londres n’a aucune volonté politique de se plier aux exigences de Maurice, poussant Me Jean-Claude Bibi, ancien Attorney General, à souligner que « with the crime against the people of Chagos Archipelago, the UK and the USA represent a dangerous threat to the dignity and security of humanity ».

Olivier Bancoult est venu apporter la preuve concrète que la Grande-Bretagne a usé de tous les recours en vue de saboter l’initiative politique et diplomatique de Maurice auprès des Nations unies pour une Advisory Opinion de la Cour internationale de Justice au sujet du démembrement du territoire mauricien avant l’indépendance. Les Anglais voulaient à tout prix voir le leader du GRC se dissocier de la démarche du gouvernement et décliner l’invitation de se rendre aux Nations unies à l’occasion de l’assemblée générale.

« À deux reprises, le haut-commissaire britannique m’avait reçu à son bureau pour me demander de ne pas faire partie de la délégation mauricienne pour New York. Lors d’une de ces discussions, il m’avait fait comprendre qu’il restait une somme de £ 20 000 de la compensation et qu’il cherchait un moyen de mettre cet argent à la disposition des Chagossiens. Je n’ai cédé à aucune tentation même si les Britanniques me faisaient croire que j’étais dans l’erreur avec cette décision. La thèse avancée est que les Chagossiens et les Anglais sont des amis et qu’il ne fallait en aucune occasion nuire à cette amitié », a déclaré en substance Olivier Bancoult.

Devant ce refus répété à Port-Louis, les Anglais ne devaient pas pour autant abandonner leur projet de torpiller Maurice. Londres devait avoir recours à une intervention à plus haut niveau lors du passage d’Olivier Bancoult à Londres pour New York. « À trois reprises alors que je me trouvais à Londres, j’ai reçu des messages à l’effet que la Baroness Anelay voulait me rencontrer. J’ai fait comprendre que je devais être accompagné de mon conseil légal. Les Anglais ont insisté que cela devait être un Off the Record Talk et que rien n’allait être rendu public de ces discussions », a ajouté Olivier Bancoult.

Finalement, lors de la rencontre, la ministre d’État au Foreign and Commonwealth Office s’est également appuyée sur « une amitié retrouvée entre Anglais et Chagossiens » pour annoncer qu’un plan de Resettlement des Chagossiens dans l’archipel allait être présenté avant la fin de cette année. En contrepartie, le leader du Groupe Réfugiés Chagos devait se dissocier de Maurice.

La présence d’Olivier Bancoult lors de la réunion d’un quart d’heure entre sir Anerood et le Foreign Secretary Boris Johnson à New York a également irrité les Anglais ; il a eu l’occasion de faire comprendre à Boris Johnson que « Sagosyen inn fatige atann bann Angle ».

À l’ouverture de la conférence, samedi, l’ancien président de la République Cassam Uteem s’est inscrit en faux à la décision du Premier ministre de rencontrer le Foreign Secretary à New York. Il s’est élevé contre le chantage des Britanniques au sujet des « serious lasting bilateral damages » en citant des extraits d’une correspondance officielle des Anglais au sujet des investissements de £ 5 milliards, du choix des étudiants mauriciens pour des études universitaires, de la présence des institutions tertiaires britanniques à Maurice… « Si se pa enn santaz sa, kiete sa ? Moris pe zis anvi kone si seki Anglais et Amerikin inn fer li konpatib ek droi internasional », s’est-il appesanti.

Lors de son discours d’ouverture qui devait jeter les jalons pour ladite conférence, Cassam Uteem n’y est pas allé de main morte. D’emblée, il a rappelé que le contrat qui lie Diego Garcia au Royaume Uni et aux États-Unis s’est fait en catimini. Il ajoute que l’actuel Premier ministre mauricien, sir Anerood Jugnauth, le seul politicien vivant à avoir participé aux négociations pré-indépendance au Lancaster House, a fait une sortie virulente le 17 mai dernier à une question du leader de l’Opposition, Paul Bérenger. « Linn souligne ek fors ki Chagos fer parti territoir Moris ek dir bann Anglais donn date kan nou pou gagn souvereinté lor Chagos. Au cas contraire, nou pou al ver la Cour internationale de Justice de La Haye pour demann zot opinion lor seki Amerikin ek Anglais finn fer ek Moris. »

Rejoignant les propos tenus plus tôt par Alain Ah-Vee, membre de Lalit, Cassam Uteem a expliqué que c’est bien la première fois que les États-Unis et le Royaume Unis ont émis un communiqué conjointement. « Se bien la premier fois ki Amerikin vinn o sekour bann Anglais », dit-il, insistant que 2016 est une année cruciale. « Moris pe zis demann enn lopinion me nou gagn menas. Deux puissances vinn ansam pou craz enn ti fourmi », dit-il.

Poursuivant, Cassam Uteem n’a pas caché son mécontentement quant au fait que SAJ ait accepté de rencontrer le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson. Il a cité un extrait d’une correspondance envoyée à son homologue mauricien dans lequel ce dernier rappelle que l’Angleterre investit à hauteur de £ 5 milliards par an, que son pays reste le choix préféré des étudiants mauriciens pour les études, que trois universités anglaises ont ouvert des campus à Maurice et que notre pays est visité par 100 000 touristes de nationalité anglaises annuellement et que la position de Maurice pourrait engendrer des « serious lasting bilateral damage ». « Si se pa enn santaz sa, kiete sa ? Moris pe zis anvi kone si seki Anglais et Amerikin inn fer li konpatib ek droit international », dit ce dernier.

Cassam Uteem a aussi repoussé la possibilité de Blood Money versée à Maurice avec la demande de loyers pour la reconduction du bail de la base militaire des Américains pour 20 ans. Il a rejoint la position de Lalit pour le démantèlement de la base militaire des Américains.

Un autre intervenant, Jean-Claude Bibi, a également pris pour cible les Anglais et les Américains. Retraçant les différentes étapes de l’excision des Chagos du territoire mauricien, il maintient que « what is equally true is that the United Kingdom and the United States of America behave like lawless and arrogant gangsters that rely on violence and the threat of violence. Their military resources permit them to commit crimes against humanity time after time. With the crime against the people of Chagos Archipelago and Diego Garcia, the UK and the USA represent a dangerous threat to the dignity and security of humanity ».

Des délégués étrangers, dont Wilbert van der Zeijden des Pays-Bas, Maricela Guzman, une ancienne militaire américaine, David Vine, anthropologue américain, Jammu Narayana Rao, Director of Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space, et Clare Bayard du Demilitarization Program of Catalyst Project des États-Unis, étaient invitées à cette conférence de Lalit, faisant de la lutte pour la souveraineté de Maurice sur les Chagos, le retour des Chagossiens dans leur archipel natal et la fermeture de la base nucléaire des Américains à Diego Garcia un seul et même combat.

source Le Mauricien

Posted by on Oct 4 2016. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Opinion, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply


Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.