Adieu Fernand Mandarin…il s’est éteint à l’âge de 73 ans après avoir publié un ouvrage édifiant sur les Chagos…



C’est avec peine que la rédaction de Minority Voice a appris le départ du grand combattant du retour de l’archipel des Chagos, Fernand Mandarin. Le leader du Comité Social Chagossiens, est resté convaincu que ce n’est qu’en s’associant à l’Etat mauricien, qu’il est possible de faire avancer la cause du retour aux Chagos.

Pêcheur artisanal, Fernand Mandarin est d’un tempérament terre-à-terre. Sa nostalgie du pays perdu est articulée. Dépouillée de sentimentalisme. A part pour cette lèvre qui tremble quelques fois. Ces yeux rouges qui rougissent un peu plus. Et ce fond de larme qui ne franchit jamais le brisant de la paupière.

Pratique avant tout, Fernand Mandarin qui réclame le droit au retour depuis 1995, se souvient des permissions accordées par les Anglais, pour des visites humanitaires. «Me aster, ou perdi dan boi, ou perdi dan lakour ousi». Comment dans ces conditions demander de nouvelles permissions aux britanniques ? «Kouma nou pou ena sa toupe la pou dimann enn faver ?»

Voilà pourquoi, ce natif de Peros Banhos débarqué à Maurice le 18 mars 1966, à l’âge de 23 ans n’a pas pris le passeport britannique. «Les Anglais ont donné cela pour nous diviser. Est-ce que vous croyez qu’un Chagossien qui est en Angleterre pense à retourner aux Chagos ?»

C’est vrai, en 1995, il a préféré prendre un passeport du British Indian Ocean Territory ( BIOT), pour aller consulter avoué et avocat en Grande- Bretagne. Mais c’était pour des raisons économiques, se défend-t-il. Parce qu’avec un passeport BIOT, pas besoin de payer quelques milliers de roupies pour un visa. «Si mo tinn pran paspor moris, mo pa ti pou kapav pay viza».

C’est aussi une stratégie. Eviter d’avoir, «lame atase», avec ce passeport qui fait de vous un sujet britannique. Pour pouvoir interpeller l’Angleterre, «pou ki li dir nou si nou retour se kouma dir lavi eternel. Nou le enn repons».

Un rêveur Mandarin ? pas le moins du monde. «Ou koir moi ou soi Bancoult kapav amenn enn group dimoun viv laba ?» Non. Lui se bat pour ce droit fondamental. Celui du retour là où il est né. Mais pas forcément pour y vivre.

L’argument économique n’est jamais loin de Mandarin. Lui, qui a connu «latas miner» pour Rs 7 par mois, à l’usine de copra, en passant par plusieurs métiers physiquement éprouvants : debarder, maçon, pêcheur, Fernand Mandarin sait ce que, «vo enn kas».

Les compensations successives, le dirigeant du Comité Social des Chagossiens en parle franchement. Détaillant par le menu l’usage qu’il en a fait. Avec la première, en 1998, soit Rs 7 700.90 par personne – il tient à la précision ( cela fait Rs 15 400 pour sa femme et lui, plus les milliers de roupies accordés à ses cinq enfants) – Mandarin rachète la maison qu’il louait à Rs 35 par mois, à Cassis.

A l’époque, il est «debarder». Avec la deuxième compensation, en 1982, qui était de Rs 46 000 par personne, «mo kass mo lakaz tol mo met beton». Quand il est licencié des docks en 1980, le «debarder» fait l’acquisition d’une pirogue et se recycle en pêcheur artisanal. «Monn al labank devlopman, monn pran term, ar sa mem mo ankor pe roule ziska zordi».

A tous ceux que ce deuil afflige, MINORITY VOICE présente ses plus vives condoléances.

A noter que le comité parlementaire sur les Chagos se réunit aujourd’hui.

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PARUTION : Chapeau bas Monsieur Mandarin!

Posted by on Oct 14 2016. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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