Lettre ouverte à Steven Gerrard, qui raccroche les crampons



Ce jeudi, Steven Gerrard met un terme à une incroyable carrière. La légende de Liverpool a notamment remporté la Ligue des Champions, en 2005.

Jeudi 24 novembre, 12 h 12. La dépêche AFP tombe sur les écrans, dans les rédactions du monde entier : « Steven Gerrard annonce sa retraite ».

C’est drôle. On a beau savoir que ça devait bien arriver un jour, on n’arrive jamais vraiment à s’y préparer. J’ai treize ans quand, pour la première fois, tu enfiles la mythique tenue rouge de Liverpool chez les professionnels. Mes années d’adolescent, dopées par la passion du foot, sont bercées par tes longues transversales et tes patates en pleine lucarne.

Ce soir de 2005…

Tu gravis vite les échelons de mon estime pour t’imposer comme « L’Idole ». Cantona ? Supplanté. Dans ma chambre, ce sont les posters à ton effigie qui tapissent les murs.

Sept ans plus tard, nous voilà en 2005. J’ai grandi, mes centres d’intérêt ont évolué. J’ai vingt ans. Ce soir de mai, c’est la finale de la Ligue des Champions et, à la mi-temps, Liverpool est menée 3-0 par le Milan AC. Devant ma petite télé d’étudiant, je n’en mène pas large. Quelques potes quittent la soirée car il n’y a manifestement plus rien à espérer de ce match. D’ailleurs, qui ose encore croire qu’un retournement de situation est possible ? Toi, sans doute.

La légende raconte que c’est toi qui prends la parole dans le vestiaire à la mi-temps, reléguant l’entraîneur au rang de simple spectateur. Que ton discours fait trembler les murs, qu’il donne des frissons… C’est vrai, dis ? En tout cas, tu montres la voie sur le terrain. Tu ramènes la marque à 3-1 et tes potes font le reste derrière jusqu’à cette séance de tirs au but que vous finissez par remporter. Liverpool vainqueur de la Ligue des Champions… Pour moi c’était un rêve de gosse. Pour toi aussi, je suppose.

Deux ans plus tard, je regarde le remake de ce match, toujours en finale, dans le bar des supporters de Liverpool à Belfast. Quelle ambiance, quel bonheur de communier à toi par écrans interposés, dans la joie et la défaite.

En 2014, au Brésil, je passe outre la télévision pour te voir. À Belo Horizonte, j’ai rendez-vous avec toi, mon idole. Tu as un peu perdu de ta superbe, mais tu es là. Tu es remplaçant, mais tu es là. Je te vois en chair et en os, car moi aussi je suis là. À quelques dizaines de mètres, mais je suis là. Et rien que pour ça, pour ton dernier match en équipe d’Angleterre, ça vaut le coup.

Tacle glissé et point rageur

Aujourd’hui, tu décides de t’en aller, après un intermède de près de deux ans aux États-Unis. L’histoire retiendra surtout tes années Liverpool, évidemment. Tu vas nous manquer. Toi et l’image que tu renvoies du football. Celle des tacles glissés, des poings rageurs, du vestiaire qui respire l’animal. Ce football ou « quand le jeu devient dur, les durs deviennent bons », comme disait l’italien Gianluca Vialli.

Tu savais néanmoins être aussi l’élégance et la sobriété. Loin des paillettes. Plus discret qu’un Beckham ou qu’un Ronaldo. Plus aimé de tes supporters, aussi, peut-être. Ce que tu vas faire maintenant ? Les supporters des Reds attendent évidemment ton arrivée dans le staff de l’équipe… De retour parmi les tiens.

You’ll never walk alone…

Posted by on Nov 25 2016. Filed under Featured, Sports. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

Leave a Reply


Air Mauritius - Financial Results for the 3rd Quarter of financial year 2016-17



Search Archive

Search by Date
Search by Category
Search with Google

Photo Gallery

Copyright © 2011-2016 Minority Voice. All rights reserved.