Jean-Claude Barbier, député du Mouvement patriotique : «  Je suis pour la dépénalisation du cannabis à Maurice »



  • « A l’avenir le MP va aborder les problèmes liés à l’avortement et à la légalisation de la prostitution à Maurice »
  • «  La priorité du MP demeure la consolidation du parti dans tous les 20 circonscriptions du pays »

Le député du Mouvement Patriotique (MP), Jean-Claude Barbier, affirme qu’il est pour la dépénalisation du cannabis à Maurice. « Je n’engage nullement mon parti. Or, les débats sur ce sujet sont toujours en cours au sein du MP. On essaye d’avoir toutes informations nécessaires avant de prendre une direction », dit-il. De plus, le député de la circonscription N.o 1 déclare qu’à l’avenir le MP va aborder les problèmes liés à l’avortement et à la légalisation de la prostitution à Maurice. Jean-Claude Barbier maintient que la MP veut consolider son parti dans les vingt circonscriptions du pays.

Sanjay BIJLOLL

Q : Pourquoi est-ce que le Mouvement patriotique organise un forum débat ce samedi sur la dépénalisation du gandia?


R : Au fait, c’est un débat sur le cannabis, pas uniquement sur la dépénalisation du gandia, qui sera un des thèmes qui sera abordé au cours d ce forum. C’est un débat qui dépasse largement la dépénalisation. On aura l’occasion d’analyser l’aspect économique, social, médical, environnemental et pénal.

Q : Qu’est-ce qui explique l’évolution d’idée de vous-même et d’Alan Ganoo sur la question alors qu’en 1999 vous étiez contre l’idée de Rama Valayden ?


R : On n’était pas contre l’idée, mais plutôt contre la façon de procéder. Donc, ce que nous recherchons c’est un débat civilisé et constructif sur toute la question du cannabis en évitant soigneusement toutes formes de conflit et confrontation. Et surtout de veiller à ne pas ‘challenge’ l’autorité et les lois qui sont  en vigueur.

On veut donner la parole à ceux qui sont contre  et ceux qui sont pour la consommation du cannabis, écouter ceux qui sont sur le terrain depuis plus de deux décennies et profiter de leurs expériences. Si le besoin se fait sentir on va pousser encore plus loin le débat et pourquoi pas jusqu’à l’Assemblée nationale ?

Q : Si on dépénalise le gandia, serait-ce uniquement à usage thérapeutique ou pour la consommation des fumeurs et qui devrait en avoir le contrôle ?


 R : Si on va dans cette direction, il faudra mettre un comité en place pour étudier tout l’aspect de la mise en pratique de la dépénalisation du cannabis. Il faut prendre en considération ceux qui vont le planter et avec quelle règlementation, qui va  stocker, qui va commercialiser, si oui qui ? Est-ce qu’on va donner l’autorisation aux consommateurs de cultiver une ou deux plantes ? Donc, il y a plein de questions qu’il va falloir débattre au cas où on choisit l’option de dépénalisation.

Q : Plusieurs femmes dont Ameenah Gurib-Fakim, Lindsey Collen, Danielle Selvon, Nathalie Rose et Jenny Mooteealoo ont pris position en faveur de la dépénalisation du cannabis. Est-ce un acte héroïque ou nous montrent-elles vraiment le chemin ?


R : Nous constatons que ce sont des personnes qui ont de l’expérience aux conséquences pénales liées à la plantation du gandia et à la consommation du cannabis. Par exemple : c’est révoltant de constater qu’un fumeur qui a payé une amende pour avoir consommé du cannabis se voit dans une situation où il ne pourra jamais être employé dans le secteur public et d’autres sociétés privées.

Je comprends que ces dames sont sur le terrain et je partage totalement leurs opinions.

Q : Vous n’êtes pas sans savoir que c’est un sujet politiquement sensible face aux ravages des drogues dures et synthétiques. Y avez-vous pensé ?


R : Justement, je constate que c’est sensible.  Les politiciens ont peur d’aborder la question, mais nous, au Mouvement patriotique, nous avons promis que nous ferons de la politique autrement. Donc, quitte à laisser des  plumes au passage, on ne peut pas fermer les yeux sur un sujet de plus en plus important au sein de notre société.

On ne veut pas fuir devant nos responsabilités.

Q : Sinon, que pensez des autres problèmes de société comme la prostitution, la pauvreté ou encore le chômage ?


R : Ce sont des problèmes qui nous préoccupent,  mais qui sont tous liés principalement à la pauvreté, l’éducation et le logement.

Q : Comment se porte le Mouvement patriotique et quelles sont vos prochaines activités?

R : Le Mouvement patriotique va continuer ses actions innovantes en prenant en considération tous les aspects, tabous ou pas, au sein de notre société pluriculturelle. On va provoquer les débats qui s’imposent pour déboucher sur une meilleure compréhension. Ce qui nous permettra de prendre des décisions appropriées par rapport à nos problèmes de société.

A l’avenir, on va aborder les problèmes de l’avortement et la légalisation de  la prostitution à Maurice. Ce sont des débats qui ont atteint d’autres sociétés. Or, à Maurice, on a peur de l’aborder de peur de perdre des votes lors des élections.

On ne peut avoir peur d’aborder certains sujets même si on risque de payer les conséquences politiques aux joutes électorales.

Q : Quel regard jetez-vous sur le gouvernement ?

R : Nous voyons un éclatement de l’Alliance Lepep. Les promesses d’un deuxième miracle économique n’aboutiront pas. Les deux artisans à qui on avait confié ce tâche, à savoir sir Anerood Jugnauth et Vishnu Lutchmeenaraidoo, ne sont plus à la barre.

Donc, c’est triste qu’à mi-mandat, Pravind Jugnauth s’occupe à la fois, le poste de Premier ministre et celui des finances. Ce sont des responsabilités colossales dans l’aboutissement de cette promesse, faite au people.

La population est déçue, frustrée et désillusionnée  et très en colère. Je vois difficilement ce gouvernement se réinventer en deux ans.

Pour moi, c’est impensable qu’au sein de ce gouvernement, des hommes  et femmes ne sont pas capables de redonner l’espoir que le peuple avait en novembre 2014. A partir de maintenant,  tout scénario est possible pour la prochaine joute électorale.

Au Mouvement Patriotique, nous avons une perspective de pouvoir et nous mettons tout en œuvre pour répondre aux aspirations du peuple et pour pouvoir diriger ce pays dans la paix, la sécurité et le salut pour une île Maurice unitaire, prospère en tenant compte d’un développement écologique, propre et soutenu.

Q : Quid à faire une alliance avec un quelconque parti politique ?

 R : A ce stade nous ne pensons pas à la possibilité de concrétiser une alliance avec un quelconque parti politique. Notre priorité demeure la consolidation du Mouvement patriotique dans les vingt circonscriptions du pays. En fin de compte,  tout dépendra de notre capacité, de la force de nos structures et de notre influence d’ici deux ans.

Source: Le Xournal

 

 

 

Posted by on Apr 9 2017. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Opinion, Santé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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