Shame on you England ! par Danielle TURNER



Seule la Cour pénale internationale a le pouvoir décisionnel de rétablir dans leurs droits les Mauriciens/Chagossiens victimes de crimes CONTRE L’HUMANITÉ !
Encore une fois, le 19 avril 2017, une fois de trop, nos compatriotes chagossiens ont eu à aller manifester devant l’ambassade d’Angleterre pour dire au monde que le gouvernement anglais continue toujours et toujours à bafouer leur droit de retour dans leur pays d’origine. Ce combat dure et perdure et “justice is still denied”. Les combattants de la première heure sont encore là à soutenir nos frères chagossiens. Encore une fois contre vents et marées Lalit, Muvman Liberation Fam et d’autres citoyens sont aux côtés des Chagossiens, réclamant JUSTICE.

Mais les Anglais semblent ne pas entendre et ne pas vouloir comprendre.
La certitude de la mauvaise foi anglaise ne fait plus l’ombre d’un doute; on sait maintenant à quoi s’en tenir. Le 20 avril 2017 lors de la célébration du 91e anniversaire de la Reine d’Angleterre, Elizabeth II, à l’ambassade britannique de Maurice, l’hôte de la soirée, Jonathan Drew, a insulté, de la manière la plus diplomatique qui soit, toute la nation mauricienne.
Le paternalisme de l’impériale Grande-Bretagne s’étalait en toute civilité devant un parterre d’invités parmi lesquels se trouvaient notre Premier ministre de même que le ministre Mentor et notre présidente de la République. God save the Chagossians !
L’ambassadeur britannique a fait fi de notre intelligence en voulant faire accroire que la question de Diego Garcia n’est qu’une affaire de passion et qu’un « problème » qui divise deux pays amis.
Logiquement donc, nous devons certainement comprendre que lorsque deux amis ont un problème, ils en parlent “in camera” et surtout que, dans ce problème, il n’y a rien de rationnel, ce n’est qu’une question de « passion »: « Il y a bien sûr un problème qui nous divise et je suis conscient de la passion et je tiens profondément en compte les convictions de mes amis mauriciens de tous bords politiques sur le sujet. » (lexpress.mu, le 20 avril 2017)
Shame on you England ! Et l’ambassadeur fait bien ressortir que : « Il sera difficile de parvenir à un accord. » Pour ensuite dire que ce petit problème doit être discuté en privé. « Il dit être reconnaissant envers ces derniers d’avoir choisi de s’engager avec la Grande-Bretagne bilatéralement et, en privé, afin d’essayer de résoudre ce problème. » Ah, nous y voilà, perfide Albion. Essayer de conduire nos dirigeants sur cette pente dangereuse du privé est plus que perfide. C’est grossier. Nous savons bien où nous ont menés toutes ces discussions privées avec l’Angleterre. Leur seul but est de distiller le doute et semer la zizanie. Nous diviser pour mieux régner. Beware !
D’ailleurs, les crimes contre l’humanité ne se discutent pas en privé Monsieur l’Ambassadeur. Ils sont jugés dans les Cours de justice. Et, comme si la coupe n’était pas assez pleine ; dans sa grande bonté nous sommes avisés que Monsieur l’Ambassadeur essayera de nous arranger une visite du Liverpool Football Club’s Legend dans notre chère patrie. Cette venue, nous supposons, pourrait calmer notre « passion » sur la question de Diego Garcia. Non, mais ! Plus insultant que cela nous paraît difficile. Il faut que ce soit clair, si jamais cela ne l’a pas encore été. Le cas de Diego Garcia n’est pas et n’a jamais été un « problème » entre pays amis ou encore une contestation qui relève de la passion. Non, trois fois Non ! Diego Garcia est un Crime contre l’humanité, comme le stipule la charte de la Cour pénale internationale. Il s’agit de droits violés, et justice doit être rendue pour crime commis par l’Angleterre envers le peuple mauricien/chagossien.
Durant ces 15 dernières années, les différents gouvernements de Maurice se sont réveillés de leur léthargie ou encore de leur complexe d’infériorité devant les sujets de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, tant mieux, il était temps. Mieux, le gouvernement mauricien a porté le cas devant l’Organisation des Nations unies : la Cour internationale des droits de l’Homme. Les Anglais ont commencé à gigoter, essayant de négocier avec les uns au détriment des autres, de manipuler, de corrompre les Chagossiens et l’État mauricien. Point n’est besoin de relever toutes les bassesses anglaises ici, s’il y en a qui les ignorent encore, ils n’ont qu’à se référer à divers articles de journaux; allez parler à Olivier Bancoult ou encore consultez le Siteweb de Lalit.
Toutefois, nous sommes en droit de nous poser la question suivante : le temps est-il encore aux procédés diplomatiques où l’Empire britannique joue à la sourde oreille et se montre irrespectueux face aux règles de la diplomatie ; et ce faisant, voue à l’échec toute négociation ? Il n’y a pas longtemps de cela, on a vu le jeu pervers auquel s’est livré l’Angleterre par rapport au Brexit (et l’on se rappellera de Jo Cox.)
L’Impérialisme-Nationalisme, dont semble se prévaloir l’Angleterre ces derniers temps, ne nous permet pas de grands espoirs diplomatiques. Surtout, eu égard à cette politique de “Divide and Rule” à laquelle ce pays s’est adonné envers les Chagossiens. On n’a qu’à considérer la perfidie britannique par rapport à la visite sur Diego Garcia et, cerise sur le gâteau, le discours de l’ambassadeur britannique le 20 avril 2017.
Avec une telle attitude de non-respect pour la souveraineté de Maurice sur Diego Garcia et envers les Chagossiens alors même que le litige est devant la cour des Nations unies, c’est carrément « adding insult to injury » et de la pure provocation.
Que reste-t-il si l’on ne peut plus croire dans un recours où le bon sens va prévaloir ? Ce bon sens, ce sursaut d’humanité, se fait attendre depuis plus de 45 ans. Il semblerait que depuis ces 45 ans toutes les avenues vers un recours à l’amiable ont été empruntées sans succès. Faut-il donc envisager une autre stratégie ?
Se pourrait-il que l’État anglais ait fait sienne la phrase du nationaliste canadien Lionel Groulx qui écrivait dans l’appel de la race: « La diplomatie est l’arme des faibles ? » Pour gagner, il faut que les victimes se placent sur un pied d’égalité avec leurs tortionnaires. Or, jusqu’à présent, Maurice semble être en posture de petit Poucet. Ne serait-il pas plus avisé d’aller dans une juridiction qui peut et a le pouvoir de condamner des abjections sans qu’aucune des parties en litige ne puisse jouer au plus malin ou encore faire fi des recommandations sans impunité ?
Car il est clair que même si l’ONU condamne l’Angleterre, ce jugement ne sera en aucune manière “binding”. Il est vrai que ce sera un lourd héritage, gênant même dans la grande ronde des nations. La réputation de l’Angleterre sera entachée, mais cela sera-t-il suffisant pour que l’Angleterre cède et rende à Maurice sa souveraineté et aux Chagossiens leur pays d’origine ? Nous avons toutes les raisons de croire qu’il n’en sera rien. L’Angleterre, c’est le pays qui n’a pas hésité à donner à l’Europe un Brexit. On peut donc repasser en ce que qui concerne le code de conduite, de diplomatie de solidarité humaine, et j’en passe.

Diego Garcia, c’est quoi ?
1 : Un génocide planifié et exécuté par des militaires
2 : La déportation d’un peuple
3 : Un crime contre l’humanité
4 : Le démantèlement du territoire mauricien
Ces quatre éléments mentionnés sont considérés comme crime contre l’humanité et crime de guerre par la charte de la Cour pénale internationale (CPI) ou (ICC) International Criminal Court.
Puisque ces crimes, ces exactions ont une juridiction, pourquoi ne pas aller déposer devant cette juridiction ? Car seule cette cour a le pouvoir décisionnel de rétablir dans leurs droits les victimes de tels crimes. Toute autre juridiction n’a et ne pourra donner qu’une Condamnation morale ; or, ce crime mérite d’être puni et ses victimes rétablies dans leur droit.
Le CHAPITRE II (1) de la Charte de la Cour pénale internationale définit clairement les cas recevables devant cette instance. En voici des extraits qui sont plus qu’édifiants par rapport au crime contre l’humanité qu’a commis l’Angleterre envers le peuple Maurice/Chagossiens :

CHAPITRE II
COMPÉTENCE, RECEVABILITÉ ET DROIT APPLICABLE

Article 5 : Crimes relevant de la compétence de la Cour
La compétence de la Cour est limitée aux crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale. En vertu du présent Statut, la Cour a la compétence à l’égard des crimes suivants :
a) Le crime de génocide ;
b) Les crimes contre l’humanité ;
c) Les crimes de guerre ;
d) Le crime d’agression.
Il est aussi précisé que pour pouvoir déposer devant cette cour, il suffit d’avoir été victime d’au moins un de ces crimes mentionnés ci-dessus. Or, dans le cas de Diego Garcia, trois des quatre critères établis s’y trouvent.
Que nous dit cette charte en ce qu’il s’agit de Génocide :
Article 6 : Crime de génocide
Aux fins du présent Statut, on entend par crime de génocide l’un des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
(…)
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Pour être considérée comme crime contre l’humanité, la charte stipule ceci à l’article 7 :
Article 7 : Crimes contre l’humanité
Aux fins du présent Statut, on entend par crime contre l’humanité l’un des actes ci-après commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque :
(…)
d) Déportation ou transfert forcé de population ;
(…)
k) Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale.
2. Aux fins du paragraphe 1 :
d) Par « déportation ou transfert forcé de population », on entend le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international ;
(…)
Que signifie crimes de guerre pour la charte. Ce sujet est traité à l’article 8 de ladite charte.
Article 8 : Crimes de guerre
1. La Cour a compétence à l’égard des crimes de guerre, en particulier lorsque ces crimes s’inscrivent dans un plan ou une politique ou lorsqu’ils font partie d’une série de crimes analogues commis sur une grande échelle.
2. Aux fins du Statut, on entend par « crimes de guerre » :
a) Les infractions graves aux Conventions de Genève du 12 août 1949, à savoir les actes ci-après lorsqu’ils visent des personnes ou des biens protégés par les dispositions des Conventions de Genève :
vii) La déportation ou le transfert illégal ou la détention illégale ;
(…)
8 (b)
(viii) Le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d’une partie de sa population civile, dans le territoire qu’elle occupe, ou la déportation ou le transfert à l’intérieur ou hors du territoire occupé de la totalité ou d’une partie de la population de ce territoire ;
xxv) Le fait d’affamer délibérément des civils, comme méthode de guerre, en les privant de biens indispensables à leur survie, notamment en empêchant intentionnellement l’envoi des secours prévus par les Conventions de Genève.
Il ne nous reste qu’à décider si nous voulons toujours agir comme si nous étions encore sujets de Sa Majesté ou bien comme un pays indépendant qui tient à se faire respecter en exigeant justice pour son peuple. Tout le reste n’est qu’un “musical chair” diplomatique sans fin.

Source : https://www.icc-cpi.int/resource-library?ln=fr

 

Posted by on May 13 2017. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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