Jean Brandon Christie Cangy…Une histoire d’amour qui lui coûte 10 ans de prison



Sa sentence a été prononcée par le juge Benjamin Marie-Joseph, le lundi 15 mai, soit cinq ans après les faits. Jean Brandon Christie Cangy, un vigile agé de 23 ans, a été condamné à dix ans de prison par la cour d’assises. Cet habitant de Pamplemousses été accusé de tentative de meurtre sur son ex-petite amie, Leena Caullychurn, le 23 juillet 2012, alors qu’il n’avait que 18 ans.

L’habitant de Pamplemousses a été reconnu coupable, le 13 mai 2017suivant une majorité de huit jurés contre un. Il était défendu par l’avocat Ashley Hurhangee. Et la poursuite été représentée par Me Johan Moutou-Leckning, Senior Assistant Director of Public Prosecutions. Elle était assistée par les State Counsels Nitisha Seebaluck, Zaynah Essop et Ashwina Joree.

Les faits remontent au 21 juillet 2012. Jean Brandon Christie Cangy, est  arrêté par la police pour avoir infligé des coups de couteaux à sa petite amie, Leena Caullychurn, à Morcellement Bois-Rouge. Le jeune homme, qui venait d’atteindre sa  majorité, ne pouvait pas supporter que sa bien aimée, qui était âgée de 17 ans, mette fin à leur relation amoureuse.

La victime, qui habitait la même localité, avait été transportée d’urgence à l’hopital SSRN ce jour-là. Elle était couverte de sang et portait plusieurs blessures à l’abdomen, dans le cou et à la main. Les médecins l’ayant examiné à son admission, ont affirmé que l’adolescente portait six blessures, dont une profonde à l’abdomen. Elle avait été opérée à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam National (SSRN), avant d’être transférée à la clinique de Grand-Baie.

Avant le drame, les deux tourtereaux se disaient très amoureux l’un de l’autre. Dans ses dépositions, Jean Brandon Christie Cangy relate qu’il avait fait la connaissance de Leena, une collégienne de Goodlands, alors que lui était étudiant en Lower six au collège St Mary’s de Rose-Hill. Les deux adolescents échangent leur numéro de téléphone et finissent par devenir amis. Ils ont commencé à se voir régulièrement au jardin de Pamplemousses et à Port Louis et sont restés très proches durant des mois. La jeune fille avait caché son aventure avec Jean Brandon Christie Cangy à ses parents. Car l’adolescente craignait leurs réactions à propos d’une éventuelle liason avec un garçon issu d’une autre réligion.

Le garçon croyait vivre le grand amour avec sa conquête. Mais le 18 juillet 2012, il soutient qu’il a adressé des textos à l’adolescente. Celle-ci ne lui a pas répondu et devait même ignorer ses appels téléphoniques. Le soir venu, il reçoit un SMS de sa chérie lui disant : « Mo finn gagn enn lot pli bon ki twa ». Plus tard, soutient le suspect, il apprendra via Facebook, qu’elle a rencontré un autre garçon à un mariage à Roche-Terre. « Mo lespri in fatigué », a indiqué le prévenu dans sa déclaration à la police.

Cinq jours plus tard, alors qu’il coupait des bananes un peu plus loin dans la localité, il aperçoit Leena accompagnée d’une amie. Les deux ados prenaient des leçons de chimie et s’apprêtaient à rentrer à la maison.

Jean Brandon Christie Cangy a demandé à parler à Leena, mais celle-ci a refusé. Dans un accès de colère, Jean Brandon Christie Cangy dit l’avoir giflée de sa main droite, oubliant qu’il tenait un couteau à la main. L’arme tranchante aurait blessé le cou de l’adolescente. Paniqué à la vue du sang au cou de la victime, le jeune homme s’est enfui.

Dans sa plaidoirie, le lundi 15 mai, Jean Brandon Christie Cangy, qui avait plaidé non coupable à l’accusation de tentative de meurtre sur Leena Caullychurn, a réclamé la clémence de la cour. « Sa lepok-la mo ti ankor lekol. Mo ti fek gayn 18 an ek mo ti ankor zen. Mo ti tomb amoure. Zamai mo ti anvi fer li dimal. Pandan sa 5 an-la mo finn byen reflesi. Mo dimann la kour enn chance pou mo refer mo la vi ek kontinie mo letud. Pandan 5 an-la mo ti ress kot mo matante. Mo fami manque mwa boukou ».

Lors d’un témoignage, le jeudi 11 mai, le jeune homme de 22 ans, a maintenu avoir uniquement giflé la victime. « Elle était tout pour moi. Je voulais lui parler ce jour-là et elle a dit non. J’étais bouleversé. Je l’ai giflé. Je ne l’ai jamais poignardée ». Jean Brandon Christie Cangy a déclaré qu’il n’a « jamais eu l’intention de tuer la victime ».  Il a affirmé avoir été amoureux d’elle. « Me so mama ek so papa pa ti aksepte parski nou pa mem religion », a-t-il précisé.

« Casier judiciaire vierge »

Dans sa plaidoirie, son avocat Ashley Hurhangee a demandé à la cour de considérer l’âge de son client au moment des faits et qu’il était étudiant. « Mon client a un casier judiciaire vierge et il a coopéré avec la police au moment de l’enquête. Dans ce cas présent, il n’y a pas eu mort d’homme et les blessures que la victime a reçues étaient superficielles » a t-il soutenu.

La défense a également appelé à la barre Martine Feillaffé, rectrice adjointe du collège St Mary’s que Jean Brandon Christie Cangy fréquentait. La responsable de l’établissement a soutenu que le prévenu était « un élève exemplaire ». La rectrice adjointe dit avoir été « choquée » en lisant dans les journaux le récit du drame dans lequel est impliqué son élève. « Cela ne lui ressemble pas. Personnellement je pense qu’il a fait une erreur », a-t-elle soutenu.

De son coté, la victime a affirmé que son ex-petite amie avait l’intention de le tuer. La jeune fille, aujourd’hui agée de 21 ans, a relaté que Jean Brandon Christie Cangy avait retiré un couteau caché sous son T-Shirt et l’a frappée au ventre à plusieurs reprises. Leena Caullychurn a indiqué à la cour d’assises que « si Jean Brandon Christie Cangy ti kontan mwa li pa ti pu fer enn zafer kumsa. Li ti anvi touy momem. Si mo pa ti trap kouto-la, mo ti pu mor », soutient Leena Caullychurn. Et d’ajouter que cet incident l’a traumatisée et a laissé des cicatrices.

Lettres d’amour et incohérence

Au debut de son témoignage, Leena Caullychurn avait initialement nié toute relation amoureuse avec le prévenu. Toutefois, confrontée à deux lettres d’amour qu’elle a écrites au prévenu, la jeune femme a concédé être l’auteure de ces lettres dans lesquelles elle lui déclarait son amour et se remémorait les instants qu’ils ont passés ensemble. Dans une de ces correspondances, elle mentionnait que le jeune homme était venu chez elle en l’absence de ses parents. Elle a également été confrontée à plusieurs incohérences dans ses dépositions. Elle est demeurée silencieuse et n’a pu y répondre.

À une question de la défense lui demandant si elle avait rencontré un autre jeune homme dans un mariage à Roche-Terre, – ce qui expliquerait pourquoi elle a pris ses distances du prévenu –, Leena Caullychurn a répondu que cela n’a jamais été le cas. « Je n’ai jamais évoqué cette relation avec qui que ce soit ».

Sa copine, Daiveshi Danhoo, contredira toutefois ses propos. Elle était en compagnie de Leena Caullychurn le jour de l’incident.

En prononçant son verdict, le juge dit avoir pris en considération les circonstances atténuantes en faveur de l’accusé et la gravité de cette affaire en prononçant la sentence. « La sentence doit permettre au jeune homme de se réhabiliter et ne doit pas compromettre sa carrière et son avenir ».

Toutefois, le leading counsel de Jean Brandon Christie Cangy affirme que son client interjettera appel de sa peine de dix ans de prison.

Joël Marianne

Posted by on May 21 2017. Filed under Actualités, En Direct, Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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