Lettre ouverte aux parlementaires …Sommes-nous plus royalistes que le roi?



Le président américain, Donald Trump, a décidé: les Etats-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Cet accord, qui met le monde sur un ‘low-carbon course’ et protège la planète que nous laisserons à nos enfants, vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en deçà de 2 degrés C par rapport à l’ère industrielle. Les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine.

Le monde entier, dont Maurice, dit regretter cette décision. L’ancien président américain, Barack Obama, a critiqué cette décision de Donald Trump «as an abdication of American leadership and an international disgrace. » Ca peut-être une décision non-réfléchie pour tout le monde, mais pas pour Donald Trump qui voit, avant tout, l’intérêt de sa population dont des millions sont sans emplois. Il a estimé que l’accord scellé après la COP 21 en novembre 2015 pourrait nuire à l’emploi dans son pays. On dit aussi que cette décision est un moyen pour Donald Trump d’asseoir son statut de leader sur la scène internationale et de galvaniser sa base électorale en réalisant une de ses promesses de campagne. Son plan, c’est l’Amérique d’abord.

En tant que petit Etat insulaire en développement (PEID), Maurice demeure particulièrement vulnérable aux effets du réchauffement global et du changement climatique. Le retrait des Etats-Unis de cet accord, nous dit-on, aura un effet adverse sur le financement du Green Climate Fund. Réfléchissons : si un grand pays, le plus puissant au monde tant sur le plan militaire qu’économique, peut penser au bien-être de sa population, qu’est la petite ile Maurice à faire autrement ? Si les grands pollueurs de la planète ne sont pas partants pour la protéger, que peut bien faire la petite ile Maurice? Qu’est-ce-que ça changera dans le monde, sur le plan du changement climatique, si l’ile Maurice produisait tous ses besoins en terme d’énergie de sources renouvelables ou non-renouvelables? Pas grand-chose car les grands vont continuer à polluer la planète.

A Maurice, il y a quelques années, le CT Power avait proposé de produire de l’électricité à bon marché à partir du charbon avec la garantie de ‘zéro-pollution’ grâce aux technologies modernes. Les Mauriciens l’ont boudé, du moins une partie qui a fait capoter ce projet grâce à un lobby sectaire. Qui est le grand perdant dans cette affaire? Le CT Power ou la population mauricienne?

Dans son ‘Integrated Electricity Plan 2013/2022’, le Central Electricity Board (CEB) prévoit une croissance annuelle de 3.43% dans la demande en électricité jusqu’en 2022. Ce qui nous amène à une hausse d’environ 78 GWh annuellement. Il est, donc, prévu que la demande atteindra, durant l’heure de pointe, entre 574MW et 702MW. Ce qui signifie que l’on doit produire 14.4MW additionnelle tous les ans entre 2013 et 2022. Or, la production tourne autour de 500MW seulement.

Le CT Power devait nous fournir 100MW en 2015/2016 ; ce qui, selon le CEB, aurait été idéal. Mais puisque des forces occultes ont eu raison de CT Power, tout en permettant à d’autres de produire de l’électricité avec du charbon à 100%, où allons-nous trouver de l’électricité pour satisfaire la demande grandissante de la population ? Par ailleurs, on ne voit pas grand-chose qui se fait sur le plan des énergies renouvelables. Le risque d’un ‘black-out’ à Maurice est, dont, réel. A ce moment-là, on avouera que Donald Trump avait raison de s’occuper du bien-être de la population américaine.

Suttyhudeo Tengur

Président

3 juin 2017

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