Partielle au No 18 …L’opposition ne veut pas du cadeau empoisonné de Roshi Bhadain



Par Jimmy Jean-Louis 

Jamais dans l’histoire politique de notre pays, une opposition parlementaire ne s’est-elle sentie autant embarrassée avec l’éventuelle tenue d’une élection partielle. D’habitude, elle s’y jette de cœur joie. C’est l’occasion pour elle de ranimer ses partisans et leur flamme. Le MMM, qui avait tenté de prendre une longueur d’avance en annonçant la candidature de Vijay Makhan au No 18 – dans l’éventualité d’une démission du député Roshi Bhadain -, semble réviser son projet. Car les mauves songent désormais au Dr Satish Boolell ou encore à la fille de l’ancien président des mauves, Ramduth Jaddoo.

Dans le camp travailliste, c’est  la candidature de Raja Ramdaursing, ce poulain de l’inner circle de Navin Ramgoolam, qui semble être privilégiée alors que Rama Sithanen ne fait pas l’unanimité. À tel point que notre confrère, Le Mauricien, affirmait lundi après-midi que si cette éventualité se matérialisait, le Dr Arvin Boolell, donné comme favori pour décrocher l’investiture rouge, pourrait revoir sa fidélité envers le Parti Travailliste et qu’il ne serait pas impossible de le voir briguer le suffrage au No 18 sous une nouvelle couleur politique. De la politique fiction sans doute !

Toutefois, il est clair que l’élection partielle au No 18 n’enchante guère l’opposition, d’où les supplications de certains pour que Roshi Bhadain revienne sur sa décision. D’ailleurs, le Dr Arvin Boolell est d’avis que le leader du Reform Party ne devrait pas démissionner de son poste de député de la circonscription No. 18. Selon ce dirigeant du PTr, des membres du gouvernement provoqueraient son départ du Parlement. De ce fait, Arvin Boolell lance un appel à Roshi Bhadain de bien réfléchir.  Mais déjà une aile des rouges est contre cette formule comme le fait comprendre, un certain Yatin Varma. Ce dernier est un apparatchik de Navin Ramgoolam.

C’est une posture adoptée également par le PMSD qui se sent obligé de soutenir une éventuelle candidature du dernier nommé. «Roshi Bhadain ne doit pas démissionner car nous sommes toujours dans le flou en ce qui concerne le projet Metro Express», a déclaré Mahmad Khodabaccus, le secrétaire général des bleus.  Selon lui, le flou persiste toujours autour de ce projet. Il demande au leader du Reform Party de revenir sur sa décision en attendant un communiqué sur cette affaire. «On ne connaît toujours ni le coût ni le tracé exact du projet», a fait ressortir Mahmad Khodabaccus.

Dans ce contexte, le Mouvement Patriotique, lui, opterait pour une décision collégiale. Sans compter les petits partis qui seront sur les rangs pour grappiller des votes çà et là, mais combien vitaux pour faire perdre certains au décompte final.

Aujourd’hui, la partielle au No 18 vient acculer l’opposition d’autant plus que Pravind Jugnauth l’a bien fait comprendre : la fin de la traversée du désert pour certains n’est pas pour demain. Au contraire, l’oasis tant espérée avec une joute électorale pourrait n’être qu’un mirage. La démarche de Bhadain va faire suspendre une épée de Damoclès sur la tête de l’opposition. Car, soyons sérieux, qu’est-ce que le gouvernement a à perdre aujourd’hui, à mi-mandat ? Rien ou, tout au plus, quelques plumes avec un vote de protestation !

Par contre, c’est l’assurance de la division accentuée au sein de l’opposition, avec les mots et les critiques acerbes des uns contre les autres et la montée en puissance de clans et des clivages. Comment se positionnera l’éventuelle opposition face à Pravind Jugnauth en 2019 ? Comment endiguer davantage le glissement vers un jeune Premier ministre devant les bras que lui tend l’avenir ? Si le MSM-ML était en position de faiblesse et avait besoin d’une béquille quelconque, Pravind Jugnauth ne se serait pas évertué à rappeler la trahison de Bérenger envers SAJ lors du fameux épisode du remake pendant son summing up Speech sur le budget 2017/2018. La rapidité avec laquelle son entourage a sorti le communiqué dans l’appel du jugement de Medpoint au Privy Council témoigne de cela.

Un autre point essentiel est que cette partielle pourrait redéfinir le rapport de force au sein de l’opposition. Est-ce qu’une hypothétique victoire du PMSD avec Bhadain ou du MMM permettrait à l’un ou l’autre de prendre le lead pour être la locomotive d’une alliance aux prochaines élections ? Aujourd’hui, beaucoup réfléchiront à l’acte de sir Anerood Jugnauth de se porter candidat et de perdre la partielle du No 9 en 1998, que d’autres avaient hâtivement décrit comme la fin de sa carrière politique. Au fait, c’était la renaissance du MSM qu’ils n’avaient pas pressentie. Alors Navin Ramgoolam disposera-t-il du même aura ? Les Baboojees et Maraz du PTr vont-ils continuer à le soutenir ?

C’est pourquoi l’inexpérience et le manque de maturité politique de Bhadain risquent de peser lourd dans la balance et de faire très mal à l’opposition. Encore qu’on ne parle pas ici d’une victoire de l’alliance MSM-ML…

«Entre Vivre pour rien ou Mourir pour quelque chose, c’est A vous de choisir» avait dit John Rambo dans son quatrième opus.

 

 

 

Posted by on Jun 25 2017. Filed under Actualités, En Direct, Faits Divers, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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