Politicaille…Qui veut la peau de l’Opposition ? L’Opposition elle-même



 

Il s’est passé ces derniers jours quelque chose d’inédit sur notre scène politique. Au lieu d’un combat entre le gouvernement du jour et son vis-à-vis, l’Opposition, ne voilà-t-il pas que la meute de cette même Opposition s’entredéchire entre elle. La raison ? Chaque parti veut à tout prix se positionner en vue d’une éventuelle alliance avec le MSM qui est devenu le joker politique de Maurice.

En décembre 2014, aucun observateur ne donnait cher de la peau de l’Alliance Lepep composée alors du MSM, du PMSD et du ML. Sa force de frappe ? Un seul homme : SAJ – Le bolom de La Caverne que Bérenger avait voulu piéger en le forçant à quitter Le Réduit en tant que président de la République. Ce dernier l’a fait croyant en la bonne parole de Moustache.

Puis, on connaît la suite : le Parlement ne siégeait plus avec les épisodes koz koze entre le PTr et le MMM qui ont fini par une alliance contre-nature, selon les militants die hard qui ont donné une raclée à leur leader Bérenger, tout juste rescapé du No 19.

Personne n’osait parier sur Lepep avec des candidats inconnus, qui n’avaient aucun ancrage politique en tant que tel mais qui avaient la volonté de bien réussir. Ce qu’ils ont fait avec une brillante victoire, SAJ menant ses troupes à l’Hôtel du Gouvernement et ramenant à sa juste proportion l’alliance PTr et MMM. Quelle claque !

Depuis, le MMM a voulu marquer sa présence au Parlement avec ses députés sauvés par le gong, mais il y a eu des défections au sein des mauves, et non des moindres. Alan Ganoo, Joe Lesjongard, qui est retourné à lakaz mama du MSM, Raffick Sorefan, Dr Zuberr Joomaye, Jean-Claude Barbier, Kavi Ramano. Six, cela fait beaucoup quand le nombre de sièges est déjà restreint côté MMM. Et tant bien que mal, le PTr pu faire élire quatre malheureux candidats.

Qui contrôlera l’Opposition ? Bien sûr, le MMM, mais pas pour longtemps, car Xavier Duval a voulu faire des siennes en démissionnant avec ses troupes de l’Alliance Lepep. Ce faisant, il est devenu automatiquement leader de l’Opposition, reléguant Bérenger au statut de simple backbencher. Qui l’eût cru ? L’histoire retiendra cet épisode comique et burlesque.

Chaque parti ayant un leader, le MMM-Bérenger, le PMSD-XLD, le PTr-Shakeel Mohamed, le MP-Ganoo. Enn vre galimatia politik.

Donc, la question était de savoir qui mènera la danse ? Mohamed faisant cavalier seul sur ordre de son guru Ramgoolam, Ganoo perdant au passage Lesjongard qui est revenu à de meilleurs sentiments en demandant pardon à Pravind Jugnauth et à SAJ, Ganoo qui tente le tout pour le tout afin de déloger le ML de son ancien camarade Collendavelloo. Sans oublier XLD qui rêve debout en pensant qu’il peut devenir Premier ministre.

Bref, tout le monde veut être Calife à la place de Calife. Finalement, on a eu droit à une équipe de ramassis de califes de deuxième grade. À en rire !

Au lieu d’affûter leurs armes contre le gouvernement de Pravind Jugnauth, les membres de l’Opposition s’entre-déchirent, laissant transparaître les ambitions démesurées des uns et des autres. Le tout, afin de pouvoir convaincre Pravind Jugnauth de leur faire une petite place à bord.

Mais le leader du MSM a vu leur petit jeu bête et méchant. Il a laissé faire, gardant un calme olympien et bougeant ses pions sur l’échiquier politique avec délicatesse. Il sait qu’avec une telle posture lay mor dan lalamp. Ce qui est en train de se passer.

Le MMM de Nita Juddoo et de Paul Bérenger n’égratigne plus autant Pravind Jugnauth, se contentant de réclamer des élections anticipées, comme à son habitude. Le leader rêve toujours d’élections, comme un enfant gâté, type Bhadain, qui cherche des jouets du Père Noel à chaque fin de mois. Il peut toujours cirer ses petites chaussures et attendre sous des branches qui tiendront lieu de sapin éternel et que le vieux bonhomme de Père Noel passe de janvier à décembre. Atan touzour !

D’un autre côté, on a l’autoproclamé Bouledogue sans dents, Bhadain. Il a des ambitions plus grandes que sa taille. Il se voit élire au No 18 pour la partielle et se positionne comme le leader de tous les partis de l’Opposition. Il se voit même en Premier ministre.

Le MMM de Bérenger a bien vu son jeu et ce dernier, qui aspire aussi à être de nouveau PM, fait tout pour décrédibiliser Bhadain, le ramenant à sa juste proportion politique jusqu’à le faire tomber au No 18. Si le MMM joue à ce petit jeu, il est sûr que Bhadain mordra la poussière, avec pour conséquence qu’il peut déjà prendre la porte du garage politique et retourner à ses chiffres de la comptabilité ou au barreau.

Pour le PMSD, c’est tout simple. Même si XLD a demandé officiellement à Bhadain d’attendre et de ne pas démissionner, Monsieur Bhadain, têtu, s’est jeté dans le piège. Le PMSD contestera la partielle au No 18 en alignant un candidat. Bye bye les votes bleus en faveur du RP de Bhadain.

C’est pour cela que le MSM qualifie cette bagarre entre les partis de l’Opposition de fructueuse et de bon augure pour le MSM, qui peut désormais appuyer comme il se doit et rafler la mise pour cette partielle. Sans pour autant mettre la gomme, car vis-à-vis, il n’y a pas d’équipe pour faire bloc, mais des chefs de partis qui rêvent debout en se voyant au Parlement, avec de nouvelles berlines neuves et d’autres bénéfices de centaines de milliers de roupies par an.

Pravind Jugnauth, en bon tacticien, laisse les bouledogues se battre entre eux, que ce soit Arvin Boolell, Bhadain, MMM, MP. Ils devront batailler dur afin de faire bonne figure devant le candidat du MSM, pas encore désigné pour le moment. Mais qui devrait être quelqu’un de solide, du béton armé qui résiste aux frasques des bombardements de la bande vis-à-vis.

On se souvient que Bérenger avait décidé de réunir tous les partis de l’Opposition comme un vrai bouledogue pour en finir avec le MSM/ML. Mais que constatons-nous ? Bouledogue Bhadain, décontenancé par l’attitude du PMSD, du MMM et MP, se voit comme un larron pris à son propre piège. Il paiera seul les pots cassés en mille morceaux avec vis-à-vis un autre que Ramgoolam a présenté comme un Bouledogue qui mord : Arvin Boolell. Le pauvre, le leader du PTr envoie au casse-pipe un homme qui menace de lui prendre son leadership, comme avait tenté son papa, sir Satcam Boolell.

Ce qu’Arvin Boolell ne sait pas, c’est que le choix porté sur lui est calculé et mesquin. Pile Ramgoolam gagne, face Boolell perd. Bon débarras pour Ramgoolam qui voit s’approcher de trop près un Boolell ambitieux visant le leadership des rouges et s’installer comme leader, le vrai. Boolell oublie un gros détail, il n’a pas le profil car au PTr, l’électorat est majoritairement Vaish et Hindi speaking.

Ainsi, la guerre des clans est ouverte depuis quelque temps. L’équipe Bouledogue Bhadain vs Bouledogue Boolell, arbitrée par le PMSD de XLD. Lutte acharnée en perspective durant laquelle il n’y aura qu’un gagnant : le MSM de Pravind Jugnauth. C’est cela la leçon politique. À trop vouloir déloger le leader du MSM, l’Opposition a oublié l’essentiel : l’adversaire s’appelle Rottweiler et est présentement PM et ministre des Finances. Tant pis pour elle, le MSM ira à l’enterrement politique de ces comiques. Il faut bien rire de temps en temps. Pa zis kont lor Komiko pou sa !

Rani M.

Posted by on Jul 11 2017. Filed under Actualités, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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