Justice sociale et trafic de drogues…Une réflexion profonde s’impose



Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ? Sommes-nous devenus une nation de fraudeurs à Maurice ? Qui peut affirmer avec force et conviction qu’il n’a jamais, dans sa vie, commis la moindre petite faute et qu’il est irréprochable ?

Du petit fonctionnaire qui pique du lait, du café, du papier hygiénique pour ramener chez lui, au mari qui trompe sa femme en passant par Peroomal Veeren, celui qui fait désormais parler de lui et qui restera dans les annales comme le Pablo Escobar mauricien, notre petite île est-elle devenue un repaire de hors la loi ?

Tromper sa femme ne conduit pas en prison, mais voler les biens de l’Etat ou s’donner au trafic de drogue si. Concentrons-nous donc sur les délits criminels et oublions pour le moment l’adultère. Qu’est-ce qui pousse le Mauricien moyen connu pour sa piété, son profond respect des lois, des traditions ; celui qui est très à cheval sur les principes – surtout sur ce que pourrai dire de lui ses voisins ou ses amis -, à commettre un délit passible d’une condamnation au pénal ?

Nous vivons dans une société profondément inégalitaire ou le fossé entre les riches et les pauvres ne fait que s’agrandir d’année en année. Tous les êtres humains ont des aspirations et tous voudraient bien jouir d’un minimum de confort, de luxe et d’un niveau de vie décent durant son séjour sur terre.

Depuis plusieurs siècles le système de gouvernement capitaliste a engendré des inégalités profondes entre les hommes et les femmes, que le socialisme a essayé de corriger en apportant un soutien aux groupes les plus vulnérables. Les inégalités sont-elles nécessaires et acceptables? Il ne s’agit pas ici de refaire le débat entre le capitalisme et le socialisme, mais en tant qu’observateurs attentifs de l’évolution de la société mauricienne, nous ne pouvons ne pas poser des questions sur le devenir de notre société, surtout après les évènements récents.

« Cent Veeren pe former », a déclaré le trafiquant de drogue Peroomal Veeren devant la Commission d’enquête sur la drogue lors de sa déposition. Cette affirmation fait frémir. Déjà que selon toute vraisemblance, la mafia de la drogue a infiltré toutes les institutions de l’Etat et toutes les sphères de notre société. C’est pourquoi des questions doivent être posées et des réponses crédibles dégagées afin que nous stoppions cette gangrène. Plus haut, nous posions la question sur les motivations du Mauricien pour commettre un acte allant à l’encontre de nos lois.

Serait-ce pour sortir de la pauvreté, l’appât du gain, le goût du luxe ou l’adrénaline liée à la prise du risque ? Quand nous regardons le profil de ceux qui se sont fait chopper récemment pour trafic de drogues,  nous constatons que ce ne sont pas uniquement les camés des cités en quête de leur dose quotidienne qui sont aujourd’hui concernés. Hommes d’affaires, policiers, gardes chiourmes, employés de bureau de poste… Le trafic de drogue a franchi un nouveau palier.

Selon Peroomal Veeren, c’est toute une organisation qui a été mise en place pour inonder le marché mauricien avec les produits de la mort. Il y a eu ceux qui financent dans l’ombre et qui prennent uniquement le risque financier, puis au fur et à mesure que nous descendons l’échelle, nous constatons qu’il y a toute une armada d’hommes et de femmes, au profil très ordinaire, Monsieur ou Madame tout le monde, qui se sont laissés tenter par l’argent facile.

Au stade ou nous en sommes, nous ne pouvons que souhaiter que le juge Paul Lam Shang Leen et ses assesseurs ne se trompent pas dans leur analyse et surtout lorsqu’ils formuleront leurs propositions. Notre pays ne peut prendre le risque d’un échec à ce niveau. Il y a va de la stabilité de notre pays, de notre image à l’étranger et de la survie des générations futures.

Les recommandations de la commission d’enquête ne doit pas être prises en isolation, car s’attaquer uniquement au problème du trafic de drogues, sans s’attaquer à la prévention, la réhabilitation, l’échec scolaire, la délinquance juvénile, le salaire minimal et les autres questions de société, nous ne réussirons pas à endiguer le fléau.

Le trafic de drogue prospère parce que le marché est là et parce qu’il est facile de trouver des individus prêts à s’engager. Une personne peut se laisser tenter parce qu’elle a des soucis d’argent ou parce qu’elle a été prise dans la spirale du vice : alcool, femmes, jeux… Il y ceux qui utilisent l’argent pour payer les études de leurs enfants, sans se soucier de l’insalubrité de sa provenance ou pour accumuler des biens mobiliers ou immobiliers.

L’Etat devrait pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie et trouver des solutions aux besoins de tout un chacun. Il faudra surtout éviter qu’une mère ou un père de famille ne se laisse embrigader dans le trafic juste pour subvenir aux besoins de sa famille.

Une réflexion profonde s’impose et nous espérons que tout ce remue-ménage n’engendre que des changements cosmétiques ou, comme dirait l’autre, que la montagne n’accouche pas d’une souris.

Terra Del Fuego

Posted by on Aug 23 2017. Filed under Actualités, En Direct. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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