L’introduction de la carte biométrique à Maurice Dr Rajah Madhewoo : «Le jugement indien aidera Pete Weatherby à porter l’affaire devant le UNHRC à Genève»



 * Il rappelle que l’ancien régime aurait exercé de fortes pressions et harcelé les Mauriciens pour soumettre une demande pour la nouvelle carte

 Le Dr Rajah Madhewoo, qui œuvre dans le domaine du social pendant des années, affirme qu’il a un grand respect pour le jugement indien concernant l’introduction de la carte biométrique à Maurice. «Le résultat d’un ‘bench’ composé de neuf juges indiens aidera mon avocat Pete Weatherby à porter l’affaire devant le United Nations Human Rights Committee (UNHRC) à Genève afin de soutenir que je n’ai pas obtenu justice devant les cours concernées. Certes, mon avocat utilisera le jugement de l’Inde pour me défendre. Je suis très confiant que le UNHRC se prononcera en ma faveur à l’effet que je veux défendre les droits de la liberté de la nation mauricienne», a-t-il ajouté.

Dans une déclaration à Le Xournal, notre interlocuteur a énergiquement critiqué et dénoncé avec force le leader du Mouvement Patriotique (MP), Alan Ganoo, lorsqu’il occupait temporairement le poste du leader de l’opposition. Selon lui, l’ex-Deputy Leader du MMM n’avait pas jugé utile de demander au gouvernement plus de temps pour se pencher sur ce projet. Il avait dit ceci : «I have nothing to quarrel. Comment se peut-il qu’il n’a pas analysé le projet de loi concernant la carte biométrique et protégé la nation mauricienne ? Or, le projet de loi était passé avec un  certificat d’urgence. C’est malheureux qu’il n’y a pas eu des débats et les membres de l’opposition n’ont pu exprimer leurs points de vue comme il le fallait. Il est dommage que ces derniers n’ont pas réagi et réfléchi au danger que représente la carte biométrique», dira-t-il.

Piège sous l’ancien régime

Poursuivant, notre interlocuteur n’a aussi pas mâché ses mots à l’égard de l’ancien Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, et son gouvernement qui, dit-il, auraient menacé les Mauriciens pour n’avoir pas soumis une demande pour obtenir la nouvelle carte biométrique. «Les autorités concernées auraient fait forte pression et harcelé les citoyens vulnérables pour faire une demande de carte biométrique. On avait même dit aux vieilles personnes et aux handicapés que si vous ne retirez pas votre carte vous ne bénéficierez pas de votre pension et ne voyagerez pas gratuitement. Aussi que ceux qui n’ont pas une nouvelle carte n’auront pas accès aux services bancaires et n’auront pas de nouveaux passeports. C’est par pure intimidation et menace qu’une grande majorité de Mauriciens, y compris des fonctionnaires, ont soumis une demande pour obtenir une nouvelle carte», rappelle-t-il.

Le Dr Rajah Madhewoo a déploré que certains journalistes ont joué un rôle infect en ne critiquant pas le projet de la carte biométrique. «En principe, les journalistes, qui doivent être impartiaux et apporter des critiques constructives, ont été piégés par la dictature imposée par l’ancien régime sur la société mauricienne», a-t-il indiqué.

Pas d’empreintes digitales pour les touristes ?

Mettant l’accent sur la lutte du Regroupma Travayer Sosyal (RTS), qui avait dit non à la carte biométrique, le Dr Rajah Madhewoo a laissé entendre que la carte biométrique est dangereuse à bien des égards. «Une carte biométrique possède nos données hautement personnelles. Notre empreinte est sacrée. On a traité les Mauriciens comme des criminels», dira notre interlocuteur qui se demande pourquoi le gouvernement ne demande pas les empreintes digitales des touristes qui pourraient s’avérer des ‘potential threats to our society’». Il a également fait comprendre qu’une carte d’identité ne peut être un ‘deterrent against an act of terrorism, because a terrorist is ready to blow himself/hersef up after his action ».

Le Dr Rajah Madhewoo a, par ailleurs, déclaré que sa demande d’injonction a été rejetée par la Cour suprême alors que le gouvernement avait agi de manière oppressive pour obliger les Mauriciens à retirer leur carte biométrique afin d’avoir accès aux banques.  

«Finalement la cour avait entendu mon cas en parallèle avec celui de Pravind Jugnauth. L’actuel Premier ministre et moi-même avions réclamé la destruction de la carte biométrique. Car notre droit fondamental était bafoué. Or, après sept mois, la cour avait donné gain de cause à Pravind Jugnauth – with costs’ et pour moi ‘without costs’ car j’avais gagné mon cas en partie. C’est dommage que Pravind Jugnauth et moi n’ayons pas obtenu le même résultat. Pravind Jugnauth n’a pas l’intention d’aller plus loin», a-t-il souligné.

Et d’ajouter que : «I am not a coward, that’s why I want to go for the full liberation because democracy and rights of privacy have no price. And I am prepared to give my life for the citizens of Mauritius for that matter. I deplore, however that the mauritian judges of Supreme Court have disallowed costs in my case. Futhermore, I am not happy of the outcome and took matters to the Privy Council where I had high hopes that I was going to obtain justice, but alas. The law lords failed to take into consideration that fingerprints are not reliable and did not give weight to the case of Shirley McKie (WPC) and Oregon lawyer Brandon Mayfield. Both these high profile cases were found that relying on the fingerprints did not hold water», a-t-il soutenu.

Rights of privacy

Il a par la même occasion, cité le cas de Marper où les Law Lords n’avaient reconnu ses droits pour retenir ses informations. Or, il avait gagné son cas à la Cour européenne de Justice. «Ils n’ont pas donné considération à ces jugements. Mes avocats Sanjeev Teeluckdharry, Erikson Mooneeapillay et Germain Wong n’ont pas insisté que :

«I have the right to privacy. Je suis un professionnel en Angleterre. Je suis reconnu par l’Obriens’ pinciples anglais. Ce dernier est reconnu dans son pays concernant les instances médicales que «privacy, dignity, choice and fulfillment» font partie des ‘fundamental rights’ même si on a un handicap mental. Ce qui veut dire que les law lords ont mal jugé mon cas. ‘Mo finne la ger, mo konn constitutional rights au nivo bann sitwayin morisien, me la cour morisien ti pé réklam mwa Rs 1,9 milyon pou dépans ki gouvernman finn fer pou al Privy Council. Li onte pou réklam sa som là, me sà pa pou anpes bann konbatan de la démockrasi amènn kes devan ninport ki instans. Mo funn dépans bokou mo lenerzi, letan ek larzan. Kan finn gayn ‘ruling’ Privy Council, tou finn tom an morso.

«Le jugment indien a donné un unanimous ruling que rights to privacy is an integral part of right to life and personal liberty guaranteed in article of the Constitution. Notre Constitution mentionne que «Everyone has the right to respect for his private and family life, his home and his correspondence. Mais je suis surpris qu’on n’accorde peu d’attention au paragraghe 2 de l’article 8.»

Le Dr Rajah Madhewoo a fait comprendre que la «Public Authority» ne peut s’immiscer dans certains cas pour bafouer le droit à la  privacy, sauf quand il s’agit de ‘national security, public security, disorder and crime. «En tenant compte de tout cela, je dis haut et fort que les autorités concernées n’ont pas le droit moral et légal pour s’ingérer dan mo lavi privé, eksepté kan mo donn mo ‘consent’», estime-t-il.

Le travailleur social a aussi situé l’importance des droits fondamentaux et individuels dans la vie, la liberté, la sécurité d’une personne, la protection des lois, les droits de l’expression et d’association avec des établissements, droits de protection de la vie privée et de son domicile. Il a fait ressortir que la section 21 stipule que : « No person shall be deprived of his life or personal liberty, except according to procedure established by law (for criminality or investigatory purposes)».

Eddy Sadien  : « Le jugement serait un coup de massue pour le judicaire, avocats et députés »

Pour sa part, Eddy Sadien estime entendre que le jugement de la Cour suprême de l’Inde serait un coup de massue pour le judiciaire, certains avocats et députés. «Ces derniers doivent mettre leur ego de côté et réfléchir sur le jugement concernant la carte biométrique. C’est une occasion en or pou bann désider politik resezi zot et aret proze kart biométrik là. Le jugement a donné gain de cause au Dr Rajah Madhewoo ek so bann avoka, ki pou aport bann sanzman dan zot plint», dira notre interlocuteur qui a lancé un appel aux membres de l’opposition d’agir au plus tôt.

Le travailleur social a, par ailleurs, laissé entendre que le RTS envisage d’organiser une manifestation dans les rues de Port-Louis afin de situer l’importance du jugement intervenu en Inde concernant la carte biométrique.

Posted by on Sep 3 2017. Filed under Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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