Candidats Ministres et députés….QUELLES qualifications?



  • Un bon député ou ministre cela n’a rien à voir avec les diplômes universitaires…

…il doit surtout comprendre la douleur des «ti-dimoun» !

Selon Honoré de Balzac, «L’habit ne fait pas le moine». Ce qui est surtout applicable à la littérature et qui explique qu’il est extrêmement rare de trouver un accord entre le talent et le caractère. Cela se dit aussi d’un homme dont la conduite, les discours ne sont pas conformes à son état. En créole, ici à Maurice, nous dirons «na pa gett zozo par so plim» alors que notre regretté Kaya chantera lui «tou seki briyé pa lor».

Il y a 100 ans, alors que nous étions sous le joug colonial et que nos vénérables tribuns se battaient pour faire éclore une conscience politique parmi le peuple, il était concevable qu’à l’époque où l’éducation n’était pas accessible à tous que, pour être admis parmi le cercle très restreint des honorables membres du conseil de gouvernement, il fallait être soit un avocat ou un médecin.

C’est ainsi que malgré les difficultés de l’époque, du poids du colonialisme et de ses travers ait pu émerger à l’île Maurice des personnalités fort remarquables qui ont milité en faveur de plus de justice pour les plus démunis de notre pays. Ils ont combattu les maîtres coloniaux et les ont poussés dans leurs derniers retranchements jusqu’à ce qu’ils acceptent enfin des changements fondamentaux dans la conduite des affaires de notre pays. Tout cela a culminé sur le 12 mars 1968  où notre pays a accédé à son indépendance.

Aujourd’hui, 50 ans après 1968, l’île Maurice a connu une véritable ascension en termes économique, social et politique et notre pays regorge de professionnels pouvant mener à bon port un projet politique en faveur de toute la population. Toutefois, malgré ces avancées, certains individus parmi les journalistes de la grande presse continuent de faire fausse route.

Le week-end dernier, nos confrères de l’Express ont choisi d’étaler dans leurs colonnes les qualifications académiques de nos dirigeants politiques. L’objectif ultime de cet exercice était sans nul doute de mettre en lumière les ministres qui ne possèderaient pas, selon les critères de l’Express, les qualifications nécessaires pour occuper un maroquin ministériel.

Donc 50 ans après l’indépendance faut-il encore des médecins et des avocats pour représenter le peuple à l’Assemblée nationale et au Conseil des ministres? A l’ère du numérique, des grandes avancées technologiques, où l’information circule à la vitesse de l’éclair et où le savoir est accessible n’importe où et n’importe quand, le raisonnement de l’Express tient-il la route?

Faut-il être diplômé d’Harvard, d’Oxford ou de Cambridge pour diriger ce pays et prendre les meilleures décisions en faveur de la population? Non seulement notre pays regorge de professionnels dans tous les domaines, non seulement nos compétences s’exportent et brillent sur le plan international mais nous avons également à Maurice plusieurs personnes qui ne détiennent pas de diplôme mais qui ont acquis au fil des années une grande expérience dans leur secteur d’activités respectif et des travailleurs sociaux qui ont acquis une expertise certaine sur le terrain qui peuvent sans aucun souci aspirer à diriger un ministère quelconque.

Feu Mathieu Laclé, qui fut député de la circonscription No.1(Port-Louis Ouest/Grand-Riviere Nord Ouest) pendant de longues années, bien qu’il ne détenait pas de diplôme, était un redoutable politicien et fin observateur de notre société. Il arrivait très vite à cerner les problèmes qu’on lui exposait et pouvait trouver une solution adaptée à la situation en un tour de main.

Idem pour Jugdish Goburdhun, un des meilleurs ministres de la Santé que ce pays ait connus. Il ne détenait pas de grand diplôme mais avait vite compris que pour rendre les services de santé plus accessibles à la population il fallait décentraliser et construire des centres de santé communautaire à travers l’île. Imaginez-vous quel service cela a rendu à des milliers de Mauriciens.

Si les ministres étaient élus par rapport à leur formation, les compétences et leur expérience ce serait autre chose. Dans le privé, quand on choisit quelqu’un pour un poste, on va très loin dans le contenu et la définition de la fonction, ses enjeux, ses challenges, ses objectifs, et c’est à partir de là que les directeurs des ressources humaines définissent ensuite le comportement que doit avoir l’individu.

Les ministres sont par contre en charge de compétences qui n’ont parfois rien à voir avec leur diplôme. L’expérience joue un grand rôle et si on cherche un diplôme universitaire on constate toutefois souvent des différences. Par exemple, en termes de capacités analytiques.

L’essentiel est de pouvoir entrer en profondeur dans les dossiers, développer un esprit critique et analytique, suivre des objectifs, planifier.

Bien souvent un bon député ou ministre cela n’a rien à voir avec les diplômes universitaires!

Posted by on Sep 23 2017. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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