Agression de Yannick Tour au stade Anjalay….La création d’une Brigade Antigang et AntiBouncers s’impose



  • Pravind Jugnauth promet que loi sera plus sévère pour contrer les règlements de comptes

 Cinq videurs dont Percy Tuyau, James Rock, Désiré Lafortune, Vimen Sabapati et Jacques Clency Jacob ont comparu en cour de Pamplemousses, le mardi 10 octobre, sous une charge provisoire de tentative de meurtre. Ces cinq gros bras âgés entre 33 et 51 ans sont soupçonnés d’avoir violemment agressé Yannick Tour, un père de famille âgé de 31 ans, alors qu’ils assuraient la sécurité lors d’un concert, au stade Anjalay, aux petites heures du dimanche 8 octobre.

Les videurs composant un groupe de huit personnes auraient infligé de violents coups de matraque sur la tête de leur cible. La victime, un habitant de Roche-Bois, conduite d’urgence à l’hôpital, a été placée sous respiration artificielle au département ù des soins intensifs d’une clinique de la capitale où il a subi une intervention chirurgicale. Les médecins lui ont décelé un enfoncement du crâne. Son état de santé est jugé critique, le trentenaire luttant entre la vie et la mort.

Percy Tuyau, James Rock, Désiré Lafortune, Vimen Sabapati et Jacques Clency Jacob ont été maintenus en cellule policière jusqu’à leur prochaine comparution. En attendant trois autres personnes impliquées dans cette affaire sont activement recherchées par la police. Ils devront eux aussi faire face à une charge provisoire de tentative de meurtre. L’enquête se poursuit.

Selon des sources policières, le trentenaire aurait été la victime d’un règlement de comptes. Yannick Tour aurait contracté des embrouilles avec un membre de cette équipe de sécurité lors d’un précédent concert au stade Anjalay, le 27 juin. L’un des gros bras l’aurait aperçu au concert de Jah Cure samedi dernier. Les videurs l’aurait conduit de force à l’extérieur et l’auraient passé à tabac.

La scène se serait produite sous les yeux impuissants de plusieurs témoins, de la famille de la victime et de son beau-frère. Ce dernier a expliqué la façon inhumaine dont les videurs se sont acharnés sur Yannick Tour. «Zot in ris li deor. Lerla zot in komans bat li. Zot tou ti p bat plis lor so latet. Mem linn tonbe zot ti pe kontinié mem», a-t-il déploré.

Le beau-frère de la victime ajoute qu’un des videurs aurait proféré des menaces de mort à l’encontre de la victime auparavant mais que cette dernière ne pensait pas qu’il les mettrait à exécution. Estimant que c’était une phrase lancée à la légère et qu’il passerait l’éponge sur cette affaire. Mais les bouncers ont montré de quoi ils étaient capables.

Ce cas n’est pas le premier dérapage, il vient s’ajouter à une liste, déjà bien remplie, de frasques commis par des videurs dans le passé. Cela remet en cause la nature de la fonction des personnes travaillant dans ce domaine. Le délit à l’encontre de Yannick Tour, le dimanche 8 octobre renforce la perception que ce métier serait, en fin de compte, un avantage pour faire du tort et non pour assurer la sécurité.

Dans de nombreux cas, le travail abattu par ces personnes se rapproche plus d’un groupe de tapeurs qu’autre chose. Etre videur serait simplement un moyen plus approprié pour faire partie d’un gang dangereux. Rappelons que dans le passé, le métier de videur a été associé à une bande organisée de criminels. Plusieurs de ces personnes qui étaient supposées agir comme gardiens de l’harmonie avaient été mêlés à des braquages, des cambriolages, des trafics de drogue, de proxénétisme, des kidnappings, des violentes agressions et des meurtres dans le cas des frères Boyroo et autres.

Il est vrai qu’on ne peut pas généraliser en parlant de gang organisé quand on parle de videurs. Nombreux sont ceux qui effectuent leur fonction correctement, imposant ordre et discipline sur leurs lieux de travail. Mais l’avantage physique, l’accessibilité aux armes et l’avantage du nombre ont poussé certains à se croire tout permis et leurs opérations dépassent parfois les limites qui leur avaient été fixées. Ils ont réalisé que l’union fait la force et qu’ensemble ils sont plus efficaces.

En effet, les videurs opèrent habituellement en équipe de cinq ou de sept. Chaque petit groupe a à sa tête un chef qui répond aux ordres d’un supérieur qui établit un plan de travail. Ils s’entraînent au maniement d’armes et doivent être préparés à n’importe quelle situation. Il va sans dire que ces agences reçoivent dans beaucoup de cas des contrats d’individus qui les payent pour se charger de certaines affaires personnelles, mettant ainsi le pouvoir dans leur camp.

Au fil des années, certains videurs ont commencé à prendre une emprise sur la société, instaurant crainte et peur aux personnes qui osent se dresser contre eux. Des opérations personnelles, voire illicites sont engagées afin d’avoir un parfait contrôle sur leurs affaires. Et beaucoup de personnes ont reçu la mauvaise surprise de voir plusieurs 4×4 noirs remplis de gros bras, armés, débarquer devant leur porte pour foutre la pagaille.

De plus, les bouncers sont partout. Ce sont eux qui contrôlent dans les concerts, les festivals, les discothèques et autres. Ils appliquent leur propre loi, qui est de corriger ceux qui font quelque chose de travers. Ces personnes arrivent à obtenir des contrats de sécurité alors que la majorité d’entre eux sont impliqués dans divers délits. «S’ils n’obtiennent pas de contrat, la tranquillité et la bonne marche d’un événement peut-être menacée», avance un organisateur d’événements.

Un policier habitué de ce type d’affaires a affirmé que plusieurs groupes de «tapeurs» se sont regroupés au sein des agences. Il ajoute que ces personnes tremperaient dans des affaires louches, voir illicites. Il cite l’arrestation de Yannick Bhoyroo dans une histoire de drogues comme exemple. «Nous avons affaire à des gangs très structurés et bien préparés. La police doit s’adapter et je pense que la création d’une Brigade Antigang s’impose», explique-t-il.

Un jeune homme de 30 ans, habitant un faubourg de la capitale, qui a dans le passé travaillé comme videur pour se faire un peu plus d’argent, affirme la dangerosité de ces agences. «Quand on travaille dans une agence de sécurité, on est considéré comme faisant partie d’une famille. Quand l’un d’entre nous a un problème avec un individu, on se doit tous d’aller corriger cette personne», a-t-il déclaré.

Il affirme que dans plusieurs cas des personnes ont été agressées pour rien. «J’ai remarqué que plusieurs fois on devait corriger des personnes qui n’avaient rien fait ou rien fait de grave. Il y a certaines situations où le dialogue aurait pu tout régler mais on a préféré se servir de la force pour démontrer qu’on est sérieux. Moi, étant un simple travailleur, je ne pouvais pas aller à l’encontre des ordres».

Un ancien policier, qui a quitté la force pour se consacrer à la protection rapprochée, affirme qu’il faut savoir parler pour être videur. «On n’a pas le droit de donner des coups. Le mot d’ordre du patron, c’est de ne jamais toucher aux clients. On est payés pour assurer uniquement leur sécurité. Il faut des self decision makers pour faire ce travail. Il faut savoir se servir de sa cervelle avant d’utiliser ses muscles. Il faut avoir une forte personnalité et une bonne maîtrise de soi car on ne devient pas videur du jour au lendemain. Le maître-mot demeure la maîtrise de soi pour mieux assurer la sécurité des clients. Et nous sommes formés à faire face à différentes situations de crise», a-t-il déclaré.

Toutefois il ajoute que beaucoup se cachent derrière ce métier pour obtenir la gloire et le pouvoir. «Ceux qui se battent pour rien et qui utilisent leur position de videurs pour causer du tort sont des bandits. Il faut savoir différencier tapeur et videur. Nous, notre travail est d’assurer la protection et non le contraire. Ceux qui commettent des délits d’agression, de chantage et autres sont des bandits», a martelé notre interlocuteur.

 Amnésie sélective de la presse

Pravind Jugnauth dénonce les bouncers de « Ramgoolam »

 Nous n’osons pas imaginer un simple instant si les bouncers impliquée plus haut était aperçu en compagnie de Pravind Jugnauth ou des membres du gouvernement. La presse se serait donnée à cœur joie pour publier les photos. Tandis que dans le cas de Navin Ramgoolam, elle pratique l’omerta car comme on l’a appris dans l’affaire Hussein Abdool Rahim, certains ont déjà contacté un dénommée NCR. Or les photos entre ces bouncers et le Dr Navin Ramgoolam, à chacune de ses sorties, y compris sur le Samadhi de son père parlent d’elles-mêmes.

Ces cinq suspects sont proches de l’ancien Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam. D’ailleurs, la plupart du temps, ils accompagnent Navin Ramgoolam lors de ses différentes sorties à travers l’île. Une situation décriée par Pravind Jugnauth après son bureau politique de mercredi. C’est inquiétant que Selon lui cela démontre « une autre facette de ce Navin Ramgoolam représente avec ses bouncers. Evidemment je tiens à dénoncer ce genre de comportement et ce genre d’individu qui marche avec lui».

A une question de Le Xournal, il s’est dit favorable à un durcissement des lois pour contrer ce type de problème. « Je condamne tous ces actes de quiconque. Personne n’a le droit de prendre la loi dans sa main. Même si une personne s’est mal comportée,  nous avons la loi qui doit être appliqué. Nous allons revoir la loi à cet effet.

Posted by on Oct 15 2017. Filed under Actualités, En Direct, Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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