Survie politique…Navin Ramgoolam ou la descente aux enfers



Navin Ramgoolam a dû se présenter une fois de plus, cette semaine, devant les limiers de la Central CID pour les besoins de l’enquête dans l’affaire de blanchiment des Rs 220 millions retrouvés chez lui le 6 février 2015. Cette semaine également plusieurs membres de l’équipe de sécurité rapprochée du leader du Parti travailliste (PTr) ont été inculpés formellement devant le tribunal de Rivière-du-Rempart dans une affaire de coups et blessures avec préméditation.

Au train ou vont les choses, mis à part l’affaire Roche-Noires, où il pourra difficilement se tirer d’affaire, Navin Ramgoolam devrait donc se retrouver au milieu d’un autre procès pour une charge criminelle sérieuse. Il va sans dire que son avenir politique est lourdement hypothéqué et que ce n’est que quelques irréductibles rêveurs, qui croient encore qu’il pourrait sortir indemne de ce pétrin.

Notons, toutefois, que le principal concerné tente toujours de refaire surface et ne rate aucune occasion de se montrer sous son bon jour dans l’espoir de faire les yeux doux à l’électorat afin d’un retour en force sur la scène politique. Ainsi, ces dernières semaines on l’a beaucoup vu dans des cérémonies religieuses, que ce soit à Grand Bassin ou ailleurs, affichant un large sourire vêtu de son ‘kurta’ avec un ‘tikka’ sur le front.

Maîtrisant à fond l’art de séduire, le leader rouge sait s’y prendre pour amadouer son entourage. Tantôt seul, tantôt flanqué de son épouse Veena, il joue à fond sur l’émotion pour plaire. Connaissant l’attachement des Mauriciens à leur religion, surtout en ce qu’il s’agit de la communauté hindoue, Navin Ramgoolam n’hésite pas une seconde de jouer sur ce tableau pour reconquérir les cœurs de ces milliers de Mauriciens qu’il a déçu après ses neuf années de pouvoir sans partage.

La stratégie sera-t-elle payante ? L’avenir nous le dira, sans doute, assez tôt mais déjà avec la campagne électorale au No.18 qui bat son plein, nous notons que jusqu’à présent Navin Ramgoolam a refusé de se mouiller contrairement à la posture qu’il avait adopté en 2003 dans l’élection partielle au No.7 (Piton/Rivière-du-Rempart). A l’époque, rappelons-le, le PTr et son allié le PMSD s’étaient fait botter hors du gouvernement en 2000 par l’alliance MMM/MSM. Mais, malgré le fait qu’il occupait le poste de leader de l’Opposition, le leader du PTr avait trouvé du temps pour mener la manœuvre afin de sécuriser la victoire pour son camp.

Qu’est-qui a changé depuis 2003 ? Eh bien, depuis 2003, Navin Ramgoolam a passé neuf ans en tant que Premier ministre du pays entre 2005 et 2014. Neuf années très grisantes et stimulantes sur des plans autres que ceux de la politique ou dans la gestion du pays. Et aujourd’hui que peut-on dire ? Eh bien, que les dès sont jetés. Un retour de Navin Ramgoolam au devant de la scène politique est tout simplement du domaine de l’impossible.

Il ne sert rien à se voiler la face et nous savons que même au sein du Parti Travailliste, le réalisme a pris le dessus et dans les cercles restreints, il est beaucoup question ces jours-ci de l’après Ramgoolam. Tout va dépendre de la performance du Dr. Arvin Boolell à l’élection partielle au No.18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes). Il n’y a personne qui serait prêt à parier sa chemise sur un probable retour de Navin Ramgoolam au-devant de la scène politique, ni même sur les chances qui lui restent de se présenter devant l’électorat, en tant que candidat au poste de Premier ministre ou encore sur une très hypothétique victoire des rouges aux prochaines élections générales.

L’actuel gouvernement, malgré le fait qu’il doit composer avec une presse qui lui est hostile, est en train de faire extrêmement bien. Au chapitre économique, tous les indicateurs sont au vert. Les projets de développement foisonnent, alors que sur le plan social, les ministres responsables font tout leur possible pour mieux encadrer les plus démunis de notre société.

Il y a certes certaines brebis galeuses, dont les actions bloquent parfois la formidable machinerie gouvernementale en marche et qui l’a fait ralentir. Mais ce ne sont que des accidents de parcours qui ne peuvent en aucun cas freiner le train qui est déjà sur les rails.

De son coté, Navin Ramgoolam voit s’amonceler devant lui une montagne d’obstacles les uns les plus insurmontables que les autres. A entendre parler certains dans son entourage, on croirait que c’est le gouvernement qui invente des scandales contre lui. Mais non, c’est le contraire qui est vrai. Navin Ramgoolam s’est bien rendu coupable de plusieurs méfaits et le peuple serait très soulagé de pouvoir se débarrasser de lui. Ça vaut la peine !

Vous imaginez vous que cet homme a abusé de son pouvoir pour accorder des privilèges à sa maîtresse. Nous n’en dirons pas plus.  Le dernier scandale en date est l’affaire de la State Bank of Mauritius qui a, à l’époque de Navin Ramgoolam, surévalué un terrain acquis au profit de Kailash Ruhee, qui lui-même était à l’époque le principal conseiller du Premier ministre. Ce même Navin Ramgoolam avait dans ses coffres Rs220 millions qui, selon ses dires, seraient des dons reçus par le Parti travailliste.

Selon nos informations, il y aurait plus, beaucoup plus dans la demeure de Navin Ramgoolam. On raconte même qu’il aurait pu transporter une bonne partie du magot dans d’autres lieux avant que la police n’intervienne ce fameux 6 février 2015.

Malgré son ‘kurta’ et son ‘tikka’ sur le front accompagné de son « pandit » Anil Bachoo, la population fera-t-elle confiance encore à Navin Ramgoolam? La population n’est pas dupe ! Elle a déjà fait ses comptes et elle sait que celui qui s’accroche désespérément à son poste de leader du Parti Travailliste n’est plus l’homme de la situation et n’a jamais défendu les intérêts du peuple.

Tous les fléaux dont le trafic de drogue, la fraude, la corruption, les paris illégaux et tous les autres maux de notre société n’ont fait que progresser sous le règne de Navin Ramgoolam qu’il est lui-même devenu aujourd’hui un fléau dont les Mauriciens s’en passerait volontiers. Les boulets à ses pieds, les casseroles qu’il traîne et les squelettes dans son placard font qu’il n’a plus d’avenir.

Qui veut encore faire les frais de cette politique économique de Ramgoolam? Aucun Mauricien digne de ce nom n’osera, nous en sommes certains, cautionner ces égarements alors que Pravind Jugnauth a su ramener la prospérité économique tous en consolidant les acquis des plus faibles. C’est ainsi qu’on gouverne un pays et non pas dans l’intérêt ultime d’un petit groupe.

Nous sommes surpris par l’acharnement de la presse contre Pravind Jugnauth allant même jusqu’à l’impolitesse tandis qu’elle traite Navin Ramgoolam avec  des gants comme ce dirigeant d’un grand média qui se gargarise chaque jour avec « mille fois Navin Ramgoolam ».

Navin Ramgoolam devra rendre des comptes et le mieux qu’il a à faire c’est de se retirer de la scène politique sur la pointe des pieds…

Posted by on Oct 15 2017. Filed under Actualités, En Direct, Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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