Donald Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens



La décision du président américain a déclenché une vague de critiques de la part de la communauté internationale et fait craindre une nouvelle intifada au Proche-Orient.

Dans une rupture spectaculaire avec ses prédécesseurs, Donald Trump a reconnu mercredi 6 décembre Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens et une vague de réprobation au Proche-Orient et bien au-delà.

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Avec cette décision historique qui marquera son mandat, le 45e président des Etats-Unis tient l’une de ses promesses emblématiques de campagne. Mais il s’isole sur la scène internationale et prend le risque de saboter les timides espoirs de reprise des négociations, au point mort depuis trois ans.

  • « Nouvelle approche » américaine

« L’heure est venue pour les Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Alors que les présidents précédents avaient fait cette promesse de campagne, ils ont échoué à l’honorer. Aujourd’hui, je l’honore », a-t-il déclaré lors d’une brève allocution au cours de laquelle il a revendiqué « une nouvelle approche » sur ce dossier épineux et la nécessité de « reconnaître une réalité ».

« Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties », a-t-il martelé, s’efforçant d’adopter une tonalité conciliante après cette décision extrêmement controversée.

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Donald Trump a aussi ordonné de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a d’ailleurs précisé mercredi que le département d’Etat américain allait lancer « immédiatement » les préparatifs de ce déménagement, tout en renforçant la sécurité pour protéger les Américains au Proche-Orient. Ce processus devrait toutefois prendre entre trois et quatre ans. Pour l’heure, le président américain devrait signer un texte, valable six mois, maintenant provisoirement à Tel-Aviv l’ambassade américaine, faute de bâtiment disponible pour l’accueillir à Jérusalem.

  • Les Etats-Unis « disqualifiés » pour les Palestiniens

Le président palestinien Mahmoud Abbas a vivement réagi, jugeant que les Etats-Unis sapaient « délibérément tous les efforts de paix ». « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis (…) proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a dit M. Abbas à la télévision palestinienne. Selon lui, l’annonce de M. Trump « ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l’Etat de Palestine ».

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M. Trump a « disqualifié les Etats-Unis d’Amérique de tout rôle dans un quelconque processus de paix » a renchéri le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas de son côté a jugé que cette annonce ouvrait « les portes de l’enfer » pour les intérêts américains dans la région. L’un de ses hauts responsables, Ismaïl Radouane, s’exprimant devant des journalistes, a appelé les pays arabes et musulmans à « couper les liens économiques et politiques » avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains

  • Nétanyahou salue un jour « historique »

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a lui salué un jour « historique » réaffirmant par ailleurs l’engagement israélien à maintenir le « statu quo » sur les lieux saints à Jérusalem. « Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans » a-t-il assuré.

M. Nétanyahou tâchait ainsi de dissiper les inquiétudes, notamment des musulmans, de voir Israël exercer son contrôle sur les lieux saints à la faveur de l’annonce de M. Trump.

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Le premier ministre israélien a aussi appelé les autres pays à suivre l’exemple des Etats-Unis en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en y transférant leurs ambassades. Aucun pays n’a son ambassade en Israël à Jérusalem.

  • Critiques de la communauté internationale

Les réactions internationales n’ont pas tardé. Le président français, Emmanuel Macron, a de son côté qualifié cette décision de « regrettable » : « La France n’approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du conseil de sécurité de l’ONU. » Lors d’une conférence de presse à Alger, il a rappelé « l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux Etats ».

Macron juge « regrettable » la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël

Le gouvernement allemand « ne soutient pas cette position car le statut de Jérusalem ne peut être négocié que dans le cadre d’une solution de deux Etats », a déclaré de son côté la chancelière Angela Merkel, citée dans un tweet de son porte-parole Steffen Seibert.

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Le ministère iranien des affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué une « provocation et une décision insensée de la part des Etats-Unis (…) qui va provoquer une nouvelle Intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence ». Le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Moumenié a lui estimé que « la décision du président américain (…) constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies ».

  • Drapeaux américains brûlés

Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu jeudi à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l’armée israélienne depuis 50 ans.

Reconnaissant que son annonce était loin de faire l’unanimité, M. Trump a lancé un appel « au calme et à la modération », espérant que « les voix de la tolérance l’emportent sur les pourvoyeurs de haine ».

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La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a elle aussi appelé mercredi les Palestiniens à la « retenue ». Lors d’une conversation téléphonique avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Mme Mogherini a toutefois réitéré la « position ferme » de l’UE selon laquelle « le statut final de Jérusalem comme future capitale d’Israël et d’un Etat palestinien doit être réglé à travers des négociations qui répondent aux aspirations des deux parties », selon un communiqué.

  • Réunion d’urgence du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence vendredi matin, a affirmé mercredi à l’Agence France-presse (AFP) la présidence japonaise du Conseil. Cette réunion a été demandée par huit pays sur les quinze qui forment le Conseil de sécurité. Il s’agit de quatre européens (Suède, France, Italie et Royaume-Uni), de deux sud-américains (Bolivie et Uruguay) et de deux africains (Egypte et Sénégal).

Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une « négociation directe » entre Israéliens et Palestiniens, avait martelé aussitôt après l’annonce américaine le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres en rappelant avoirtoujours été « contre toute mesure unilatérale »« Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux Etats » avec « Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine », a-t-il ajouté.

 

Posted by on Dec 7 2017. Filed under Featured, Opinion. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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